28/01/2007

Héritage symbolique

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Une branche proche.


L'échange de données avec un généalogiste me ramenait à une branche familiale en 1800. L'analyse des dates n'était pas complète car celle-ci s'était en quelques années éloignée du village, berceau de la famille et de nombreux microfilms devaient être consultés pour retrouver la trace de chacun. Dans cette branche, le nom s'était perdu car le seul homme marié n'avait, d’après mes informations, engendré qu’une fille. Cette branche morte réveillait un sentiment d'échec du flux vital mâle et une interrogation. 


La cousine de l’arrière grand-père.

Plus proche encore le mariage de l’arrière grand-père avec sa cousine, et l’année suivante sa mort en couches, puis la mort de ce premier fils ,vingt ans plus tard. Quelque chose de fondamental s'était passé dans l'inconscient collectif du clan. Les ingrédients de la vie n'étaient pas présents, celle-ci s'étouffait, les fruits étaient affaiblis. Papa n'avait à un certain moment montré que les livres exprimaient des secrets de famille comme le fait que dans le passé, une mère et sa fille accouchaient à la même période, la plus jeune hors mariage.


Fusion.

N'y avait-il pas indices pour montrer que l'image du père était collectivement affaiblie, qu'il y avait comme une rémanence, comme une contamination fusionnelle par un état d’esprit proche de l'inceste. Un fantôme se baladait dans l'inconscient familial proche et contaminant la tribu. L’idée de ce mélange, au niveau symbolique, faisait son chemin dans mon esprit et cette résurgence du passé me renvoyait au présent proche.


Les prénoms.

Pourquoi le prénom de notre mère coupé en deux donnait-il le prénom du premier et le prénom du troisième de la fratrie. Comme s’il était difficile d'assumer la séparation d’avec ses enfants et que les prénoms ainsi choisis, voulaient symboliquement rétablir un lien perdu. Mon frère aîné avait pris en mariage une femme dont le prénom lui faisait reconstituer avec le sien, celui de notre mère. Par la même occasion, il renforçait la fusion car sa femme portait aussi le prénom de sa grande sœur. Que penser du constat que ma jeune soeur me nommait à ses trois ans comme son petit mari. Prénom me marquant au point de prendre une épouse en portant celui-ci. Constatation que ma sœur aînée donnait à sa plus jeune, un prénom double qui commençait par le sien et qui se reliait à la deuxième partie par un tiret. Elle  ajoutait comme deuxième et troisième prénoms, le prénom du père féminisé puis celui de sa mère. Autre constatation, ma fille prenait un compagnon avec le prénom porté par son frère. Plus tard ma jeune soeur reprenait un compagnon portant un prénom racine du sien.


Apparition.


Fantôme subtil exprimé par une absence de la règle, de l'esprit de séparation et que l'on retrouvait sous des aspects très proche dans l'ensemble de la fratrie. Récurrence des prénoms masculins qui s'associent aux mêmes prénoms féminins, comme si les nouveaux intégrés dans la famille devaient d'une manière ou d'une autre être proche. Symbolisation d’un état fusionnel mettant en exergue l'absence d'une parole circulant librement dans l’espace. Attirance limitant l'espace de la vie intellectuelle et spirituelle.

11/01/2007

La branche française


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Bingo, mon message envoyé comme une bouteille à la mer, venait de toucher une rive inconnue et du fin fond de la France, un message m’était retourné.

Des détails trop peu nombreux l’accompagnaient, mais l’essentiel était là, un contact s’établissait. Une branche complète s’ajoutait à l’arbre généalogique, une branche inconnue, une branche française. .
Le hasard d’une recherche sur Internet, via un nouveau service accessible m’avait permis de découvrir une nouvelle adresse et surtout un nouveau prénom inconnu sur ma liste. Jacqueline. La piste avait été bonne car un timbre avait suffi et fait la différence En retour la réponse marquait un minimum d’intérêt.

Je volais d’étonnement en étonnement, envahi d’une émotion intense et inconnue. Je découvrais un lien vieux de plus de 100 ans et en plus avec Emile, le frère puîné de mon arrière grand-père Eugène-Joseph. A des générations de distance des descendants reprenaient un premier contact, allaient reprendre peut-être un dialogue.


L’arrière-arrière cousin.


Ce fait n’était pas banal, il me remplissait d’émotion. Comme un gain au lotto.

Il y avait de cela, trouver, découvrir sans doute mais vu l’émotion, il y avait plus. Quelque chose du passé se constellait. Fallait-il relier à cet évènement, ces battements de coeur, cette chamade à la première consultation des micros films lors d’une recherche, à la bibliothèque réservée ? La fin d’une dispute de famille, d’une mise à l’écart d’un membre de la fratrie. Une parole a nouveau circule entre frères de sang. Parabole d’un enfant prodigue, qui après avoir parcouru la France par monts et par vaux se manifeste. Via Internet, les descendants d’Emile revenaient au bercail familial dans sa dimension symbolique. Un échange d’une nature nouvelle allait, peut-être se mettre en place.


Le manuscrit du père.


Dans les manuscrits de mon père, le troisième fils de cette génération, Emile était seulement cité avec l’année de son décès et le nom de son épouse.
Manifestement quelque chose de non conforme s’était passé, un lien familial avait été brisé pour une raison qui apparaîtrait sans doute un jour ou l’autre. D’où vient pour les autres tous ces détails et pour lui rien ou alors si peu ! A mon tour, l’aveuglement m’avait contaminé car je n’avais accordé aucune attention à cette absence d’information à son sujet. Cela  n’était même pas dans ma mémoire. Je retrouvais l’information dans les notes prises au vol lors d’une visite à la maison communale de Villers en 1995. Pourquoi aussi cette confusion de date de mariage avec celle du mariage d’Emile-Joseph son neveu.
Une résistance de plus montrait l’endroit où il ne fallait pas aller.


La recherche.


Il est vrai que dans mon travail erratique, je n’avais levé ou recherché un minimum d’informations sur cette branche la plus proche de la nôtre. Quelque part un souvenir encore présent m’empêchait de mettre des mots et de concevoir ce qui à un moment avait été inconcevable ou inacceptable dans le passé. Un secret de famille s’était constitué sans doute si l’on prenait l’hypothèse de la psychogénéalogie. Le hasard m’y ramenait. Pourquoi cette idée fixe de chercher et de plus, de chercher au mauvais endroit, c’est à dire loin du problème. Trois générations s’étaient passées, trois générations s’étaient tues.


La sensation.

Une seconde fois les racines de mon arbre me faisait vibrer profondément comme si un écho, une rémanence d’un évènement persistait à l’heure où je mettais les mots sur le papier. Emile s’était perdu dans l’anonymat du temps, aucune descendance dans le pays n’avait été découverte après la campagne de recherche que j’avais menée, Sa branche était morte. L’idée qu’il avait sans doute quitté le pays ne m’était pas venue à l’esprit. Aucune hypothèse n’avait germé dans mon esprit. Faisait-il partie d’un noyau irréductible qu’il n’avait pas été possible de localiser. La liberté de chacun permettait des zones d’ombre, cette zone d’ombre.


La mémoire.

Dans les histoires de famille racontées par Papa, il n’y avait pas de référence à Emile. Avec les frères et les sœurs de celui-ci en plus des noms affichés sur le document écrit des détails me revenaient en mémoire, des choses étaient sues des lieux, des relations s’étaient poursuivies au point de pouvoir les situer dans le temps, de mentionner un nom et des lieux. Pour Emile ce n’était pas le cas, c’était le black-out. Un secret de famille s’était mis en place à son propos sans nul doute. Il y avait trop de détails pour les autres, c’était comme une injustice face à lui.

En recherchant dans les dernières notes faites lors de la visite à la maison communale, je retrouvais un détail qui pouvait avoir dans l’air de ce temps une importance fondamentale.
Émile avait épousé une femme avec un enfant. Son enfant, l’enfant d’un autre ? L’histoire ne le dirait pas mais comment ne pas mettre ce fait en relation son départ avec pour la France au début du siècle.

Ou était-ce simplement la recherche d’un travail, la survie devant l’écroulement d’un domaine qui ne nourrit plus le clan ?