23/08/2007

L'adolescent.

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Visiblement comme l’indiquait à nouveau ce livre, la compréhension n’était pas dans l’univers du fils mais dans mon univers aussi

« 
Adolescents, parents et troubles scolaires- Pierre Mannoni. Paris ESF1984. »
"L'auteur se demande dans quelle mesure, l'échec de l'élève n'est pas aussi celui des parents et le produit d'un conflit d'ordre affectif dans la relation intrafamiliale. Il présente des cas et suggère des éléments de solutions et de conduites pratiques à tenir envers l'adolescent et sa famille".


La colère.

Déjà dans son commentaire, à mon texte écrit, il y a dix ans, J. Salomé m'avait suggéré une phrase à dire à mon fils. "Merci d'exprimer la colère qui était en moi ! " La phrase était restée dans mon classement d'archives et dans ma mémoire mais n'avait jamais été dite. Son mot revenait à présent à la surface en écho au texte parlant des adolescents et des troubles scolaires et éclairait à nouveau le vécu des derniers jours.
Oui, il y avait de la violence en moi, de la violence que je cachais sous un calme olympien sans avoir tenté, osé ou pu l'exprimer, n'étant pas en contact avec elle, à ce moment. Tout se passait dans ma tête, tout un chemin devait être parcouru, notamment la rencontre avec la couche de tristesse, en moi, avant d'accéder à ce sentiment caché qui explosait à présent dans les mots de mon fils.


La parole

Alors qu'il me dépassait dans l'escalier, j'essayai de lui dire, qu'il avait lui eu le courage d'exprimer ce qu'il vivait et que je n'avais pas pu, moi, à son âge exprimer. A mes enfants deux jours plus tard, il me semblait essentiel de leur dire, de leur exprimer la chaîne qui me liait à mon père face à mes études et mes difficultés à affronter l'intellect, à utiliser comme un outil de conquête du monde et non comme des menottes ou des barreaux d'enfermement.
Réussir au delà de mon père, était symboliquement réaliser ce que lui n'avait pu faire, empêché qu'il était par une mère impossible. Pour moi, cela avait été un défi majeur m'entraînant dans les plus grandes difficultés intellectuelles car placé comme entre un marteau et une enclume.
C'était, en même temps, affronter sans pouvoir le comprendre, sa colère cachée face à sa mère et recevoir non pas l'outil pour avancer mais le frein et l'obligation de continuer à cacher ce qui l'était toujours. C'était comme si en tant qu'automobiliste, je poussais en même temps l'accélérateur pour moi et freinait pour le non-dit du père. Mes propres désirs ne me conduisaient pas.
Consciemment, je n'avais pas voulu diriger mon fils dans un type d'étude, pour qu'il soit plus libre, je n'avais pas voulu lui faire faire le chemin que j'avais moi-même pris. Par sa perception des choses, il choisissait comme si le temps était enfin venu pour l'affrontement, les études que j'avais prise en son temps, entrant ainsi dans la voie du percement de l'abcès. Il rejouait vingt ans plus tard par son choix mon scénario implosé et le conduisait à la rupture pour causer la chaîne de l'hérédité.


Le coté maternel.

A ce cheminement dans la lignée paternelle, je devais ajouter les éléments recueillis dans l'immédiat et qui concernait cette fois ma lignée maternelle. Hasard signifiant en discutant avec ma plus jeune soeur, j'avais remis à jour un fait de l'histoire de ma mère. Contrairement à la mémorisation que j'en avais faite, cela ne concernait pas une tristesse enfouie chez elle mais bien principalement un fait de colère de sa mère face à de ses bêtises d'enfant de six ans. Colère mémorable et violente qui avait entraîné chez la grand-mère, une légère thrombose la paralysant quelques temps. Image terrible de culpabilité qui avait éteint toute sa vitalité d'enfant. Ne disait-elle pas en racontant cet événement à ma jeune soeur. J'étais une petite fille joyeuse et spontanée jusqu'à ce soir là. Après cet événement, ma vie ne fut plus la même. Je m'étais assagie comme enfermée dans une culpabilité et une crainte de remettre en mouvement un pareil événement causé par la colère.

Commentaires

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Écrit par : marc | 23/08/2007

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