26/03/2008

Le fils de son père.

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Dans la grisaille des jours, des messages de plus en plus précis, apparaissaient autour d'une relation difficile à aborder, celle que j'entretenais avec mon fils. Terrain trop sensible, je l' avais esquivé en consacrant une attention plus particulière et une autre réflexion sur l'autre relation qui se vivait sous mes yeux, celle à ma fille.


Ma fille.

Le comportement de mon aînée, m'interpellait très fort et me semblait incompréhensible. En l'affrontant du même coup, j'aurais certainement le loisir d'aborder et de comprendre un peu mieux, celle de sa mère face à son père. N'était-ce pas une histoire côté "femmes" ? Les hasards de la vie professionnelle m'avaient donné le temps d'aborder avec une collègue un livre qui lui semblait intéressant et qui s'appelait en version anglaise "Wounded women". L'invitation a le lire était claire et tentante même. Je décidai de la concrétiser par l'achat du livre. A la librairie, je fus tenu d'en expliquer la teneur comme le titre m'était inconnu. 
" C'est un livre qui parle de la relation entre la fille et le père."
Subtile la vendeuse m'entraîna, en imaginant le lien, dans la proximité d'une pile de livres dont le titre "Père manquant, fils manqué" était vu le nombre d'exemplaire relativement demandé. Le contenu de celui-ci avait d'ailleurs été commenté quelques fois dans la presse et son auteur canadien avait déjà fait plusieurs conférences dans notre entourage. A plusieurs reprises, j'avais eu sous le nez l'information, placée par une main bien intentionnée qui aurait voulu me faire assister à une conférence de l'auteur pour mieux comprendre, j'imaginais, ma déconfiture de père. Information que j'avais viscéralement rejetée et mise à la poubelle.


Ma fille et le livre.

Une fois de plus, c'est auteur, m'interpellait. C'était une invitation de retour à la case départ. Qu'elle était la nature de la relation à mon père?
Non.! Mon chemin était la relation à ma fille. La porte s'était ouverte vers elle. J'étais interpellé dans le fin fond de mon être vers cette relation difficile et par sa liaison incompréhensible à mes yeux, avec son ami.
Le livre voisin, proposé par la vendeuse, était "La fille de son père". Le texte sur la couverture de dos, précisait les éléments essentiels du livre, l'auteure s'interrogeait sur la relation à son père et mettait en évidence par les mythes et contes de fées différents types de comportements des filles, face à la relation parfois douloureuse avec leur père. Ces relations père-fille, ses explications, son éducation selon l'expérience de Jung, me relançait dans les lectures approchant le symbolisme.
Le résumé décrivait clairement cette ambiance et confirmait ce qu'en avait dit ma collègue. C'était le bon livre. Il ne portait pas un titre traduit comme" La femme blessée" mais un titre sans doute influencé par le succès de l'autre versant de la relation du père à ses enfants.

En petit à l'intérieur de la couverture, l'éditeur confirmait le titre original. "Wounded women". Il n'y avait pas d'erreur possible, c'était le livre recherché, j'étais acheteur.
Les pages se succédaient sous mes yeux, les unes après les autres, je renouais avec les images des rêves, les mythes, je retournais aux sources de l'émotion, aux grands courants positifs des archétypes, des symboles, des hasards signifiants. Ma vie se réanimait, à nouveau une synergie me relayait a mon entourage, aux signes qui autour de moi me voulaient du bien.


L’appel vers le père.

Mon voisin et moi avions depuis beaucoup échangé de manière profonde. Ce week-end là, malgré la proximité, et contrairement à ses habitudes, il m'appela par téléphone. N'était-ce même pas la première fois ? "Est-ce-que je peux te poser une petite question? me dit-il d'une voix prudente! "Bien sûr, pourquoi pas." "Ton père, était-il autoritaire."!!!!??? "Non, il ne l'était pas...Pourquoi" "Simplement pour savoir" J'étais interpellé par cette question. Pourquoi tant d'histoires successives autour de mon père. "Est-ce-que je peux passer 5 minutes chez toi ? » dis-je. " D'accord !"
Surpris, tenté, désarçonné, je me laissais aller à la curiosité. La fille de son père, c'était bien, mais qu'en était-il de son père, de moi, de papa.

Nous avons échangé de tout de rien, un peu de mon père, de son ouverture et de la liberté qu'il nous donnait, de l'autorité de son père, de ses souvenirs face à lui. En feuilletant, comme par hasard, sur sa table pendant la conversation les revues que je ne connaissais pas, je tombai sur un article présentant un reportage sur "Père manquant, fils manqué" Trop, c'était trop de coïncidences que pour ne pas aller voir et enfin affronter. Je ne pouvais plus être aveugle, vu les signes, je décidai d'en savoir plus sur ce fameux livre.


Le rôle du père.

Les mots étaient là, clairs, nets, incisifs sur la fonction du père, sur son rôle de séparer fermement son enfant, ses enfants de la mère, de mettre des limites, ses limites. Je l'acceptais enfin. Tout était une question de limite, y compris chez moi et cela je le tenais de mon père. Le fonctionnement familial avait cette composante fusionnelle, non séparée qu'il me fallait à présent clarifier à mon niveau de responsabilité.

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