29/11/2008

Matins de Décembre


transcendance,beauté,admirationL’heure a sonné de prendre le chemin du travail, de me lancer à pied, comme le dernier des mohicans, vers l'arrêt de bus, d’emprunter solitaire ce trottoir désert où martèle les bruits de mes pas. Rythme de la marche, avant la plongée dans le carrousel incessant des voitures qui se poursuivent sur la grand-route. Encore dix minutes de paix, de pépillements d’oiseaux, d’impressions fugaces, d’odeurs de vent, de scénettes d’une rue qui s’éveille.Chaque jour apporte son lot de différence, de surprises, d’impressions, d’émotions, son cortège de choses simples. Temps mouillé, temps sec, fraîcheur des matins glacés où brillent sur les facettes du revêtement routier les cristaux de glace, posés par la fraîcheur de la nuit et le ciel étoilé.

Mémoire d’hier.
Hier, ma plus jeune m’interpellait pendant le déjeuner matinal à sa manière cavalière pour sans préambule me demander
”As-tu vu, comme la lune est belle aujourd’hui”
“Non, elle n’est pas de mon coté, ce matin. Où est-elle?”
Elle ouvrit alors le rideau du living pour me la faire admirer.Rayonnante dans toute sa splendeur, dans sa plénitude argentée, elle était la reine de la nuit sur un fond exempt de nuage.
Retour au présent.
"Tiens où est-elle aujourd’hui? Derrière les maisons! "Encore quelques pas et elle surgit là au-dessus du coteau, gibbeuse, dans un voile nuageux.
Jour d’émotions profondes autour de l’image du père que je suis et qui vient d’être fêté par ses enfants. Image du père que j’ai eu qui s’y superpose et qui me rappelle son héritage d’admiration et d’attrait de la nuit, de ses astres et de ses étoiles
Image d’un père fasciné par l'inaccessible rêve d’atteindre aux étoiles. Image de l’immensité qui pose question, qui interpelle sur le sens déboussolé de ce monde où le temps de s'arrêter n’existe plus où tout éloigne de la douceur des choses.
La petite place.
Bruits de la grand-route qui se rapproche, Va et vient vrombissant de véhicules qui s'empressent vers des lieux inconnus.Entre deux maisons, Vénus s’éclate dans un ciel tournant du bleu foncé, au blanc bleu.
Mars aussi, s’élance en-dessous juste au-dessus de la crête, là à droite.
Connaissance transmise par mon père.
Poubelles nauséabondes, obstruant le minuscule trottoir, laissant si peu de place pour quelques rares piétons et qui me poussent sur la route.
La page d'apaisement se tourne, le passage pour piétons est là, avec son reflet strié de blanc. Tout s’est écroulé, l’activité reprend ses droits.C’est le bord de la jungle.

05/11/2008

Toussaint.

inscription funéraire,cimetière,généalogie

Mon regard s'était porté sur le monument funéraire, surtout pour vérifier l'état de dégradation, que pour une autre raison mais avec l’arrivée de la pluie je m'étais précipité pour me mettre à l'abri dans la voiture. En sortant du cimetière, surprise, mon petits fils qui s’était éveillé venait vers moi avec mon épouse.

avec l'intention comme la pluie s'était arrêtée, d'en profiter pour faire une petite ballade de détente.
Curieusement, nous étions retourné sur la tombe, comme si la première fois n'avait été qu'une entrée en matière, une occasion manquée et qu'il fallait y repasser. Mon attention se porta cette fois sa sur l'ensemble des noms. L'inscription de mon arrière grand-mère paternelle Catherine me posait à présent une question.


Les inscriptions

Pourquoi son inscription était-elle centrée sur la pierre de taille à gauche ?

J’imaginais le monument à son décès. Logiquement, l'inscription, qu'elle n'avait pas choisie, pour respecter l'ordre de l'écriture aurait du être à gauche, la première ou éventuellement à droite contre la partie central où le nom des familles était indiqué. Première a être enterrée, elle avait été inscrite au centre de l'espace disponible comme à la place d'honneur, comme sur un piédestal. Son fils âgé de 23 ans, devait avoir été l'auteur du choix.
A sa mort, il avait été inscrit après elle, à droite, dans l'ordre de l'écriture, contre le panneau du nom des familles.
Symbole visible, dans le temps, d'une vie fusionnelle. A part les dates dans l'ordre de lecture, ils étaient à présent, comme un couple virtuel, mère et fils. Il n'y avait pas d'ordre symbolique. Celui-ci semblait perturbé.


Questionnement.

Comme l'arrière grand père paternel n'était pas dans la tombe familiale, pour une raison inconnue, ils apparaissaient symboliquement comme mari et femme, puisque le fils portait  le même prénom que le père, seul les dates permettaient la reconstitution de l'ordre et de l'arbre généalogique. Hasard du destin, à sa gauche était inscrit son petit-fils, porteur du même nom que l'enfant qu'elle avait éduqué, demi-frère de son fils.