01/12/2008

Le père antérieur

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Cette mémoire du père, et le souvenir de ces nombreuses sorties nocturnes pour regarder les étoiles, rechercher les planètes aux différentes saisons, les comètes quelques fois au fond du pré, ou simplement les sorties dans le noir ,avait réveillé quelque chose. Un lièvre avait été levé. Image fugace de quelque chose qui était activé et dont le contenu reste encore mystérieux, seul le mouvement engagé avait laissé une trace.



Le livre

Deux heures plus tard, je repris le livre que j’avais redécouvert le matin dans ma bibliothèque en en cherchant un autre. Ce livre oublié, livre caché et que le hasard ressort. J’en cherchais un, j’en trouve un autre. Il me semblait étrangement neuf, non lu. J’en avais complètement oublié la présence et l’aurait racheté en librairie sans hésiter. N’appartenait-il pas de toute manière à mon champ favori de lecture.
« Comment le désir de naître vient-il au fœtus » de Nina Canault ? Et c’était justement aujourd’hui qu’il ressortait pour me parler d’un lien que je ne connaissais pas, le rapport entre les étoiles et la lignée.
Les étoiles sont le symbole dans les rêves « du passé » , elles représentent le père antérieur, le grand-père.
Autant dire que mon père vu sous cet angle, était préoccupé par un questionnement à propos de son grand-père, le premier du prénom, le prénom qui se traduit par « bien né ». Il était bien né. Se demandait-il aussi où il était passé ! 
C’était de nouveau mon arrière grand-père qui revenait sur le tapis. « Où avait-il disparu ? » Mon père ne le savait pas puisqu’il s’interrogeait par la symbolique des étoiles.


Mon frère, l’aîné

Victime d’une thrombose, il n’avait recouvert qu’une partie de mobilité. Au sortir de l’hôpital, sa femme l’avait placé dans un appartement au fond d’une impasse où il moisissait dans l’isolement et la solitude. Etait-ce de cette manière que le premier « Bien né » avait disparu des mémoires, rejeté par l’épouse légitime comme infidèle et enterré dans un trou perdu auprès de l’autre, prémices d’un oubli futur et définitif du coté de sa descendance, restée auprès de sa femme. Don Juan de première classe, mon frère, cherchait la femme comme l’arrière-grand-père pour remettre en scène le drame du passé.
N’était-il pas né, surprise extraite de l’arbre généalogique, le 12 Juin comme un questionnement, une reprise du drame alors que cet arrière grand-père était mort le 13 Juin trois génération plus tôt. L’histoire repassait les plats. Indice curieux, mon frère avait donné à sa fille le prénom de l’arrière grand-mère, celle qui était au centre du monument funéraire, me questionnant encore à la dernière Toussaint.

 

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