24/04/2009

Mariadans (*)

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L’ouverture du lien me renvoyant vers le site n’avait pas fonctionné du premier coup, ni après et comme je l’avais imaginé faisant partie de ceux qui sont illisibles par mon PC, il était passé à la poubelle. Le week-end de Pâques, il était revenu via un autre ami et je m’apprêtais à lui faire d’office subir le même sort, quand un doute me retint. Etait-ce lui ou moi dans mon impatience qui était le responsable de la situation ? Il me fallait faire un nouvel essai, explorer les différentes possibilités, vérifier l’état de celui-ci. L’ouverture se fit cette fois sans difficulté.


Le clip Video.

Les premières images étaient particulières. L’événement débutait dans le hall d’une gare. Ma curiosité, mon ouverture était entière, le décor bien planté et intéressant. La réverbération des notes de musique dans le hall immense de la salle des pas perdus, donnait une atmosphère particulière à la séquence, l’approche du sujet était neuve, inhabituelle. Les voyageurs se pressaient vers les quais ou patientaient occupés à mille choses diverses. C’était un jour de semaine, vibrant d’activité.
Au moment où la caméra prit au centre l’image d’un passant, celui-ci lança les bras en l’air et avec une souplesse étonnante, entra dans un pas de danse au rythme de la musique, entraînant une petite fille par la main. Une troisième personne s’engagea vivement dans leurs pas, se mit à leur rythme et les unes après les autres, des personnes du voisinage se joignirent à la danse. Les mouvements divers, inattendus, ce happening qui se passait sous mes yeux accompagné d’une musique connue mais que je n’identifiais pas, fut la clé d’ouverture de ma blessure sous la cote gauche.


Croissance et guérison.

Comme 15 ans plus tôt à une session charismatique, l’abcès situé, à cet endroit s’ouvrit à nouveau et laissa immédiatement remonter l’émotion qui avait été coupée, et refoulée par la peur et l’angoisse du phénomène. Les larmes m’envahirent. De ma position d’observateur, je constatais l’émotion forte, les sanglots qui montaient de sous la côte, dite d’Adam, à un rythme lent et apaisant comme une vague venant mourir sur la grève. Au fur et a mesure de l’avancement du happening, un processus de décompression, animé par la musique, s'établit. Le vieux chagrin sortait de son logement où il avait été emprisonné dans le passé. C’était une tristesse sans déchirement, simplement en débordement. Elle s’écoulait sans retenue quelconque selon la plus grande pente. Je la voyais comme ne m’appartenant plus. J’étais témoin, elle était la source, elle s’exprimait, j’acceptais son expression. Par deux fois, je remis en route le clip et chaque fois, dès que l’association des premières notes Do, Ré, Mi se superposait au pas de danse du leader de la danse, comme un signal déclencheur, l’émotion se remettait en route, débridée. Elle s’exprimait non plus comme un torrent dévastateur mais dans l’épuisement de son énergie sous-jacente. La pression diminuait à chaque fois. elle exprimait le solde de sa présence et dans l’acceptation s’épuisait faute d ‘ énergie rémanente.
Mon esprit cherchait à comprendre, à classer, à définir mais il n’y avait aucun repère, aucune association. Cette énergie occluse du passé, s’évacuait simplement par le trop plein qui venait de s’ouvrir. L’affect, tapis sous la dernière cote en-dessous à gauche, venait de percer les dernières résistances de son enfermement et se vidait.


Do, Ré, Mi.

Notes magiques, qui par leur résonance ont ouvert la prison, pas de danse joyeux, souple, associé qui crée en moi un mouvement salvateur. Clé de Do, clé musicale, clé d’enfermement qui se retourne dans son logement, peine, penne de serrure qui se rétracte libérant la porte du blocage émotionnel. La porte s’est ouverte comme celle du tombeau de la résurrection à Pâques. La vie a refleuri. Une partie de moi est ressuscitée en ce Lundi de Pâques. La grande parenthèse d’enfermement semblait terminée. La vie était là dans le mouvement, dans la chanson, dans le rythme de la musique. Do, Ré, Mi. Un fois encore, le son guérissait, apaisait.
La musique m’a frappé, non plus couché comme dans les méditations de la Sadhana mais cette fois assis, yeux ouverts devant cette vidéo diffusée d’amis en amis. Un musicien, un artiste par sa création a touché, m’a touché. Alors qu’ils voulaient faire une publicité, un clip pour attirer des spectateurs sur leur chaîne de télévision, ils m’ouvraient un chemin nouveau, ils cassaient en moi un des maillons me retenant fixé dans un événement passé et douloureux. Lundi de Pâques étonnant.


Op zoekt naar Maria.

Dans la relecture de l’événement, dans les associations qui se font autour de ce clip, le titre de l'événement me touche a nouveau, un prénom se met en exergue. Maria, il commence par M, le M qui nous questionne. Etrange lettre qui semble là aussi apporter son sens, cette fois musical, comme en complément des autres M des prénoms de nos histoires, de celle de mon grand frère d'abord, puis ensuite de la mienne par contagion, par observation, de la recherche, des M de mon histoire.

Au cours de la nuit, le nom de notre terreur d’enfance revint, la mère supérieure de notre école gardienne revient en force
 ; Sœur Maria-Cécile
.

A-t-elle un rôle à jouer dans l’histoire des M. ? Fait-elle aussi partie du M de Mystère.

 

(*)http://www.youtube.com/watch?v=0UE3CNu_rtY&feature=related

19/04/2009

L'aîné.

fratrie,lien familial

La conversation avait quitté le domaine technique de son raccordement à l’Internet et s’était déplacée vers sa vie quotidienne. L’isolement lui pesait. Lui, le joli cœur qui volait de conquête en conquête, était à présent dans sa chaise roulante, dans un appartement au rez de chaussée d’une impasse. La gent féminine l’attirait toujours autant, et à l’entendre ses succès se poursuivaient car il savait disait-il parler aux femmes.
Sans trop de précaution, je lui avais émis l’hypothèse qu’il était habité, squatté par l’esprit d’une femme qu’il laissait oeuvrer à la mise en confiance de sa proie avant de lui faire « craque, craque, biscotte » comme dit ma plus jeune fille.
Il semblait dans le récit de ses conquêtes, posséder une stratégie sans doute, mais plus un radar qui lui laissait percevoir et évaluer les chances de succès auprès de celles qu’il rencontraient.
De l’imaginer ainsi habité, ne l’avait guère surpris au contraire, il avait embrayé et donné deux détails vestimentaires appropriés à l’hypothèse ; la sacoche et la cape.


 

L’élément féminin.

 

L’idée qu’une personnalité l’occupait ainsi, comme hôte, venait d’une lecture faite l’année dernière dans un livre d’un psychologue anglais et d’une certaine manière, je m’y étais retrouvé moi aussi mais dans une moindre mesure. A présent, de percevoir que nous partagions ce même type de personnalité, me renvoyait à notre mère qui nous avait porté l’un après l’autre pendant 9 mois. Nous étions issus du même moule, du même héritage psychologique. 
Lui comme moi avions dans des mesures différentes, perçu un impensé chez notre mère, porté celui-ci et tenté d’y apporter notre réponse. Nous étions tous deux dans une dualité, une entité mystérieuse nous habitait. 
L’hypothèse des prénoms commençant par M. à peine émise, je m’étais retrouvé dans un groupe d’évolution personnel, à droite d’une femme d’abord, puis séparé d’elle par la dernière arrivée vu l’espace disponible entre nous.
A la fin de la session de méditation, je constatais avec ébahissement que la première portait le même prénom que sa maîtresse et que celle qui nous avait séparé portait aussi un prénom commençant par M et dérivé de Marie. Moi aussi après avoir ouvert la question du M, j’étais plongé dans les prénoms commençant par cette lettre.
 Un destin commun nous liait dans le présent comme pour mettre en évidence que nous étions de la même matrice. Tous les deux, nous étions en quête d’une autre, lui d’une manière maladive moi d’une manière plus subtile et récente.
Neuf mois de présence dans le giron d’une mère, nous avait donné le temps d’être imprégné d’un élément essentiel d’une quête et lui d’une manière plus forte car il en avait été le premier habitant.
Ces successions d’idées, me rendaient mal à l’aise car elles étaient en dehors des schémas habituels de pensée et de la tradition. On était supposé naître comme une feuille de papier blanc simplement parce qu’un jour, on avait débarqué dans le monde aérien. On était supposé innocent, démarrant dans la vie affective et intellectuelle, imprégné au fur et à mesure des expériences rencontrées simplement.


 

Le passé.

 


Il y avait pourtant des indices nombreux que ce n’était pas seulement la couleur des yeux ou la longueur du nez qui étaient transmises, au delà de la génétique, il y avait un monde de sensations, un ensemble de mémoires passées qui nous habitaient.
Pour le dire en terme informatique, le cd-rom avait déjà une partie de sa capacité d’enregistrement occupée par d’anciennes données, le cd-rom n’avait pour situer l’idée qu’une capacité libre de 60%,et donc que 40% étaient déjà occupés. L’application pour les lire n’appartenait pas aux domaines fréquentés habituellement, le code en était bien plus subtil, plus complexe et le contenu pesait sur la partie vierge.
Une séance de psychogénéalogie était d’ailleurs le moyen idéal pour en décoder une partie, pour entrer dans l’acceptation qu’au fond, nous étions imprégnés de problèmes de nos parents, de la quête irrésolue qu’ils portaient en eux. A cette constatation, on pouvait fermer les yeux et faire table rase ou dire « Tiens à y regarder de plus près, quels seraient mes découvertes, mes bénéfices ?»



 

Par ce blog, j’avais choisi d’ouvrir les yeux, de porter mon attention et de voir le film qui se déroulait sous mes yeux.