29/01/2011

Le temps qui passe

 

 

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Logé, derrière la vitre qu'à grande peine je surveille, le pendule doré de la comtoise balance, infatigablement. Il va et vient régulier. Sa courte course reflète la lumière du soir qui  scintille d'un feu qui décroît lentement, chassé par la pénombre.

J'écoute le temps qui court sur le mur du salon.

Pour marquer son effort, à chaque balancement, d'une voix nette et sèche, elle tic et tac en rythmant la lourde torpeur de ma tête.

Tic, tac, gauche droite, une fois deux fois, dix fois, cent fois, je l'écoute hacher le bruit de fond en tranches, tranche de vie, sommeil, frissons.

Temps passé, temps présent, lentement, sûrement passe mon temps.

Battements de mon cœur qui chassent dans ma tête, flux puissant de mon sang. Pulse, pulse mon cœur lentement, régulièrement, sûrement.

Battement du temps, de mon cœur, de mon temps.

Dure, dure ce temps.

Je rêve à ces tiges captives, aiguilles besogneuses qui se poursuivent inlassablement. Grande aiguille qui monte, qui descend, marquant son pas, chaque pas, d'un petit bruit discret, satisfait.

Petite aiguille discrète immobile qui bouge, lentement sournoise.

Elles montent puis descendent dessinant le temps. Ballet lent, très lent, aussi lent que ce temps qui me fixait jadis au divan.

D'un œil à peine conscient, présent, je suis, je vis dans la course du temps.

Tic, tac, claque le tic, cogne le tac, le temps chemine en tournant lentement mes pensées endormies du passé.

Comtoise de l'ancien temps. Analogie du temps.

 Accablé par la fièvre tièdement dans ce fauteuil, maintenant, je regarde défiler sur l'horloge murale, les chiffres du temps, froidement. Sans bruit, sans foi, sans moi.

Défilé de chiffres froids qui tombent sans mouvement,sans bruits, sans joies.

Adieu, poursuite, escalade, glissade d'aiguilles amies, froideur d'un défilé de chiffres, froideur de ce temps.

Silence. Je te vois digitale et je n'aime pas ton temps.

Déc84