10/04/2012

Peur ancestrale.

agressivité,déni,forclusion,hérédité,image de la femmeAlors que j'étais à la recherche d'une source d'information sur le sens de « contenant - contenu », que j'essayais de faire référence à une théorie connue, j'étais tombé sur un site de sémiologie qui reprenait cette distinction. Le contenant était les lettres du mot par exemple, le contenu était le sens du mot. Je me rapprochais de ce que je cherchais ; un cadre existant. Un ami m'avait proposé à ce sujet un texte sur la théorie de la communication, mais celle-ci me semblait en dehors de propos. Cette théorie parlait surtout du médium de cette communication ce qui représentait pour moi un exercice mental, virtuel. J'étais dans l'expérience, le ressenti. Il valait mieux sans doute aller vers la proposition d'un grand psychiatre sur « le signifiant et le signifié. » C'était dans un domaine intérieur. N'avais-je pas démarré ce questionnement, à propos de mon ressenti profond.

De fil en aiguille, de lien en lien, j’étais tombé sur un cours qui décrivait ce signifiant, ce signifié. L’exemple utilisé me traversa, « la phobie du chien. » Selon cette théorie, elle était due  à la peur face au père. La personne du père, impossible à appréhender dans le registre de la peur avait été remplacée par la peur du chien. Si je faisais un parallèle entre la peur phobique du chien de mon épouse et cette théorie j'étais renvoyé à la place qu'occupait son père dans son comportement.

Enfin un sens sur sa propension à refuser ce qui était conseil ou nécessité au cours d'un voyage, de prendre la première route à droite. Dès qu'un rôle normatif était en jeu, il y avait évitement, refus rejet.

Elle ne prenait pas la première route à droite à mon injonction de lecteur de cartes, ni à celle du GPS qui répétait ce qui était la logique pure. Elle écoutait son impulsion et allait tout droit.

Encore ce contenant et ce contenu qui venait troubler le train-train du voyage. Je n'étais pas le guide attitré nez sur la carte, qui veille sur le bon déroulement du voyage, qui donne les règles d'orientation. Le contenant de l'information, le représentant momentané de l'autorité, j’étais le contenu derrière lequel se cachait la figure du père. Celui dont in fine, dans son expérience d'enfance, elle avait la plus grande peur.

Père intérieur proche, a rejeter car représentant la peur viscérale le souvenir d'une expérience impossible à intégrer et dont elle ne se souvenait plus.

Dans la théorie de Lacan n'était ce pas ce qu'il désignait par la forclusion du nom du père. Comme avec Don Quichotte, l'ennemi n'était pas le vrai mais celui qui soupe au lait gesticulait comme un moulin. Impossible de se détacher de lui car il était une image, un objet virtuel.

Mon attitude paternaliste lui convenait. J'étais le père extérieur celui qui lui apportait la sécurité et la protection. Tout ce qui était rigueur, séparation tout ce qui était de l'ordre du père qui sépare de la mère la mettait dans tous ses états. Dévoiler ce qui était forclos, impossible. Elle entrait alors dans la gesticulation dans la hausse du ton verbal, dans l’emploi de  mots agressifs et blessants.

Cette peur de l'animal, peur archaïque, elle l'avait transmise à son aînée, dans une forme moins profonde car celle-ci avait pu un jour m'exprimer lorsque j'étais immobilisé par un lumbago, donc ni homme, ni père. N’était-ce pas la peur qui se vit dans le cercle familial lorsque le père ne dit pas à ses filles, qu’elles n’ont rien à craindre de lui, que la relation, l’inceste est interdit et qu’il respecte cet interdit.

NB : Le texte ci-dessus renvoie à la note ancienne  « Confidence inattendue » émise suite à la réaction de mon aînée à son adolescence.

 

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