24/10/2012

S'ouvrir ou souffrir.

deuils non fait,larmes contenues, blocage,tremblements de tête,indicibleOnomatopée presque, jeux de mots peut-être, syllabes proches qui sonnent « même » à une oreille inattentive. Univers différents, incompatibles et pourtant liés. Univers identifiés, univers identifiables. Alternance qui me parle et qui fut mienne. Equation à deux inconnues profondément liées que je découvre, pas plus tard que la semaine dernière. Pour récupérer ma souplesse et soigner les attaches du bras droit (Sus-épineux) qui me font régulièrement souffrir, pour repartir du bon pied pour une nouvelle année, je bouge. Sur les conseils de ma plus jeune sœur, je me suis inscrit à dix séances de gymnastique douce. Mais alors douce la plupart du temps l'on est couché sur un tapis de sol et l'on étire les muscles selon la théorie des chaînes musculaires et la méthode Mézières. Mon bras droit douloureux, soigné l'année dernière vient au cours de ces heures d'exercice de retrouver une mobilité vers l'arrière qu'il avait perdue. Je suis à même de toucher mon omoplate gauche. Une liberté plus grande s'est mise en place. L'angle, de mes dorsales et de mes cervicales, a lui aussi pris de l'aisance. J'ai une allure plus fière, un port de tête plus droit et j’en suis joyeux. Je me suis ouvert un peu plus dans le torse. Histoire banale que d'aucuns n'imaginent même pas mais « Ceux qui ne bougent pas ne sentent pas leurs chaînes. » Mon histoire passée m'a figé dans le dos comme un porteur du poids du monde, du poids de deuil non fait, d'humiliations peut-être. Je me redresse et fais face. Je reprends des forces. Pour préserver cette nouvelle forme, je me suis inscrit à un cours d’une heure semaine jusqu'à la fin de l’année et entraîné mon épouse. Elle devrait s'ouvrir, se libérer de ses maux perpétuels qu’entretien un médecin complaisant aveugle à la présence d'un deuil caché non fait qui se transmet dans la lignée des mères. Malgré toutes ses tentatives de mieux-être, soutenues par de nombreuses séances de kiné et d'ostéopathie, elle ne progresse pas, se cabre devant la peine intérieure qui force à une reconnaissance. Si elle laisse passer une souffrance indicible, elle sera submergée croit -elle d'où son raidissement, ses tremblements de tête qui dise « Non, non » de gauche à droite. La vague noire qui avait submergé l'aîné l'année dernière s'est réveillée. Des signaux négatifs lui sont parvenus et comme mère, elle en souffre et se met à son diapason. Par sa résistance, par le raidissement à ce qui est en elle, ne retarde-t-elle pas la guérison de sa fille. Cette souffrance ne leur appartient pas. C’est une valise du passé remplie par un arrière-grand-mère, enfant de remplacement, qui a vu mourir sa fille sa grand-mère. De mon côté il y a un scénario de ce genre. Ma grand-mère paternelle a vu mourir son homme et ses fils sans larmes. Intérieurement pour encastrer ses deuils, elle avait fermé le haut de son dos et était devenue la petite Laure. Quel caractère ne fallait-il pas avoir pour retenir ses larmes, bien naturelles et compréhensibles. Et moi qui choisis pour ma fille, un prénom semblable à cette grand-mère comme pour rejouer ce drame à résoudre. Comme exutoire à cette souffrance innomée, à ce deuil non exprimé inconsciemment, mon épouse avait pris un bénévolat pour accompagner des familles, qui le demandaient, dans leur deuil. Depuis un mois elle est démissionnaire, elle s’est dédite. L'énergie canalisée dans cette activité, les larmes versées avec les autres, pour les autres ne sont plus accessibles et les siennes font de plus en plus pression sur elle. Elle devient irritable s'emballe pour un rien fait feu de tout bois pour atténuer la tension qu'elle sent monter en elle et chez sa fille. il n'y a plus l'exutoire des deuils extérieurs comme elle ne peut s'ouvrir, elle souffre, sa fille aussi. La mutuelle vient de rejeter sa demande de poursuivre encore des séances de kiné pourra assouplir sa nuque raide, serrure qui garde le flot inconscient de souffrance portée. Osera-t-elle aller au-delà ouvrir ce blocage et laisser aller ses larmes pour ne plus souffrir. Dilemme ; s'ouvrir ou souffrir.

13/10/2012

Exercice d'haptonomie de Septembre.

Haptonomie, Méière, image du corps, sensations

Le début de la séance d'haptonomie m'avait mis en colère. Son commentaire à propos de mon absence dans le ventre m'avait déplu. Tout autant que sa réflexion sur le fait que je l'avais rencontrée à hauteur des bras par mon prolongement mais que je l'avais quittée. J'étais apparemment rentré dans ma tête développant plus les pensées que les sensations. En effet toutes action  ou réaction faisait chez moi l'objet d'un développement mental. Sorte  de refuge pour ne pas être dans la sensation. J'avais l'air d'être un mauvais élève alors que je m'appliquais.

L'obstacle devant était de taille, avoir si peur d'occuper mon ventre.

Elle ne me percevait pas entre ses deux mains, l’une soutenant mon sacrum, l’autre s’appuyant sur l’os saillant de la hanche ? Dans cet espace, j’étais absent. Mon affectivité était en panne, je ne pouvais me prolonger.Se rejouait à nouveau la ensation douloureuse au niveau de la fente sacro-iliaque, point faible d'où partait régulièrement mes lumbagos.

Après avoir retrouvé mes apaisements et être retourné dans la sensation, les vertèbres sacrées se matérialisaient entourées par une sensation de fourreau. Cette fois elle insistait pour que cette sensation descende dans les jambes vers le sol. En effet après quelques instants d'attention, une matérialisation de mon corps se mettait en route, c’était comme unY inversé me traversant dans le bassin avec 2 branches vers le bas dans les jamtes cherchant la force de la terre, les racines dans le sol pour faire de moi, par le prolongement de la 3e branche, vers le haut un être debout.

Rester dans cette sensation présentait un difficulté particulière,ne pas laisser le mental reprendre sa place. Je respirais profondément dans le bassin rendant cette présence dans cette zone bien plus constante. Le temps du rendez-vous se terminait déjà. La nuit, les sensations lors d’une période de veille, avaient repris et je m'appliquais à les faire durer avec un certain succès. Elles semblaient reproductibles Il me faudrait tester le fait d'autres fois encore ?

Puis la réflexion à propos de mon retrait vers ma tête revint à l'esprit. La faculté de toucher, de me prolonger semblait sujette à caution, hors éducation.

Le développement de l'affectivité qui permet un proximité corporelle semblait en jeu. J'étais à ce niveau un piètre acteur.  Elle avait senti mon retrait involontaire d'ailleurs.

Est-ce que je ne devais pas tenir compte de cette perception, lui donner un sens, une histoire ?

Lors de vacances en Normandie, après une méditation, j'avais été ouvert à ce type de contact, chaleureux. Là vraiment, j’étais dans la prolongation de l'affectivité, j'avais comme rompu un barrage, dépassé une limite. Je n'étais pas à côté de ma femme. Je pouvais la toucher, me prolonger, l'a prendre par la taille, les épaules. Elle aussi avait découvert un sensation nouvelle. Deux mois plus tard j'étais retombé dans l'univers habituel, dans ma cage affective, derrière ma cuirasse sans que j'en connaisse la raison. J'étais dans l'impossibilité, de revenir à cs sensations bienfaisantes et appaisantes. L’enveloppe mystérieuse était revenue. Mon image du corps s'était réduite, ne savait plus rencontrer l'image du corps de l'autre.

Un seul fait dans cette catégorie de contact s'était marqué quand je faisais la bise à l’occasion, je prenais maintenant l'habitude de poser ma main sur le coude, puis longtemps après, ces derniers mois, je posais ma main sur l’épaule légèrement.

 Comme si j'essayais de mobiliser l'affectivité de cette manière dans les limites de la courtoisie. Seule dans mon entourage, la plus agée de mes belle-sœurs, avait cette capacité d'empathie que je ressentais quand elle posait sa main sur mon épaule. Aucune autre personne n’avait cette capacité d'entrer de cette manière en contact, preuve sans doute que cette capacité d'entrée dans un symbiose avec l'autre était causée par la peur, peur aussi commune avec la mienne celle de ma femme. Elle connaissait la valeur de ces moments. Elle s'attendait toujours après un méditation que je revienne dans cet état.

Avec ma fille aînée dans dans sa période de déprime, j'avais sans problème réussi à vivre cette affectivité avec elle sous le couvert des soins. Avec la kiné, il ne m'était pas possible d'y entrer car l'éducation n'acceptait pas cette manière de faire ou c’était une expérience qui avait été chargée de douleurs et de sinistres mémoires. C’était aisé de le faire avec des personnes qui sont dans un moment de demande, d'aide, de soutien, d'humanité.

Récemment, j’étais touché de cette manière par une voisine. Elle était présente d’une manière étrangère. Etait-ce pour cela que j’étais mal à l’aise.

Mon univers n’était accueillant qu’à ce type de relation distante, froide. Sécurisante car ainsi, ni l’un, ni l’autre n’irait voir chez dans ce domaine insécurisant.

Réflexions à poursuivre, sensations à affiner.