25/05/2013

Épicondylite, tu la tiens.



épicondylite,dépannage,douleurs articulaires,relation bloquéeLe premier résultat qui venait d'apparaître sur l'écran après la recherche du sens symbolique que pouvait constituer une épicondylite, énonçait un point de vue assez radical. Cette inflammation était " en lien avec de la colère que l'on ressent face une personne ou à une situation qu'on ne réussit pas à quitter et cela très souvent en rapport avec nos activités; emploi, activités créatives etc."

Est-ce possible d'envisager un tel point de vue ! Était-il à rejeter immédiatement pour ne regarder que le côté face de la pièce de monnaie ? Il n'y avait qu'un pas à franchir, un petit mouvement de retournement pour voir le côté pile. Est-ce que toute maladie ou toute douleur pouvait, derrière les symptômes qui apparaissent depuis des mois et que rien apaisait, prendre un autre sens ?

Le débat était sociétal ! Y avait-il  psycho-somatisation d'un état relationnel ?

La douleur handicapait ma fille aînée depuis si longtemps qu'elle avait décidé de passer dans les mains d'un chirurgien. L'opération était planifiée demain. Aucune raison ne la détournerait de son choix. N'était-ce pas logique d'être soignée par les compétences de ses pairs ? En tant qu'infirmière pouvait-elle sortir de la logique du système où un problème est traité par des opérations adaptées à la problématique.

La planification de l'opération me renvoyait à celle d'une connaissance proche, opérée au dos, pour soigner une sciatique qui longtemps larvée, la handicapait sérieusement. Au fur et à mesure des rencontres, elle avait laissé entrevoir ces difficultés relationnelles avec son mari. Elle en avait plein le dos et se faisait opérer car, disait-elle, « avait que le mâl(e) que j'ai », l'intervention chirurgicale était nécessaire. Deux ans plus tard, ils se séparaient. Aurait-elle fait l'économie de l'opération si elle avait affronté ses difficultés relationnelles adéquatement par la parole et l'analyse de sa vie quotidienne.

Pour ma fille, la pathologie était dans une articulation fondamentale et fonctionnelle. Il y avait sans doute une faiblesse physique mais n'y avait-il  pas aussi une faiblesse relationnelle  dans son couple ou dans son travail.

Leur relation n'apparaissait pas sereine et le refus de son compagnon de la marier restait toujours un  l'abcès qui venait en surface régulièrement. La colère apparaissait régulièrement et plus spécialement maintenant par son désir de passer des vacances d'été selon son choix, mais c'était un lieu où il ne trouvait pas les conditions idéales pour son sport favori. Aucun consensus n'avait été trouvé et l'échange entre eux semblait plus appartenir à l'affrontement qu'à la négociation. Ses réflexions, au cours du temps, laissaient entrevoir un raidissement de position de chacun plus qu'un échange et à un dialogue à la recherche d'un choix satisfaisant pour les deux parties.

Sa dépression devait aussi jouer un rôle. Elle était hyperactive, dans une phase d'agitation qu'il devrait tenter de maîtriser pour la garder dans les limites de l'acceptable, pour la stabilité de la famille. Je percevais son manque de modération, une volonté d'aller contre ses arguments qui ne pouvaient plus être classés dans le domaine de l'acceptable, de la logique, d'une gestion saine mais qui tombe trop souvent dans "il m'empêche de faire ce que j'ai envie de faire".

Reste familial d'un féminisme outrancier qui agitait encore et toujours mon épouse.

La dernière fois qu'elle avait fait appel à notre soutien, j'avais moi aussi tiqué devant sa désinvolture : elle avait prolongé son absence jusqu'en soirée pour une raison inconnue alors qu'elle était libre toute la journée. Nous, ses parents, étions mobilisés pour ses responsabilités de mère de famille débordée, pour qu'elle vive ses caprices d'enfant gâtée. Elle avait dépassé la limite du raisonnable entraînant mon épouse à se dévouer plus qu'il n'aurait fallu. Celle-ci ne l'avait pas renvoyé à sa responsabilité mais était entrée dans son jeu. Un militantisme féminin mal placé servait de combustible à son énervement et se mêlaient à sa colère rentrée et à sa faiblesse structurelle. Nous allions vers des lendemains qui présageaient des difficultés sérieuses.

Et que deviendrait son bras qui allait subir un choc biologique, suite à l'intervention ? L'opération lui apporterait-elle un apaisement ou révélerait-elle encore plus les tensions apportées par un quotidien qui ne semblait plus appartenir au consensus et à la coopération pour l'éducation la plus adéquate de leur petite famille.

19/05/2013

Quitter, c'est mourir un peu.

En chemin 47.JPGL'idée me trottait dans la tête depuis des mois et je la reportais de semaine en semaine. J'avais décidé de quitter l'association dans laquelle j'étais actif depuis des années, pour des raisons bien précises que j'avais identifiées. Je ne pouvais plus me dépenser là selon le mode de fonctionnement et les objectifs de celle-ci. Je devais quitter mais je ne pouvais rédiger les quelques mots nécessaires pour y mettre un terme. J'étais englué dans un ensemble que je ne parvenais pas à quitter sereinement en tranchant le lien nettement, rapidement.

La liste de mes récriminations était longue, justifiée et malgré cela, je n'y arrivais pas. Ce qui m'avait séduit au départ, c'était l'esprit d'équipe, efficace, méthodique, joyeux qui en faisait le moteur et cela pour une bonne cause. J'étais doublement gagnant. Mon idéal d'action était rencontré et l'ambiance était bonne.

Pour l'organisation interne, nous étions partis sur un mode de fonctionnement particulier, basé sur le consensus, sur la vue commune des membres et sur leur implication dans les actions nécessaires à lever des fonds pour assurer la survie de l'association.

Le président avait rompu le bon fonctionnement de l'équipe en se retirant régulièrement, sous prétexte d'occupation, des missions qui étaient assumées en équipe. Deux années de suite, il s'était absenté pendant des mois pour passer un séjour à l'étranger.(Yakoutie) Il avait ensuite pris une autre fonction qu'il empêchait régulièrement d'être actif avec nous.

Nous avions vu aussi son implication passer de membre de l'équipe à un chef d'équipe qui donne son avis et le fait exécuter. Subrepticement il en venait à nous mettre à l'oeuvre tout en prétextant que des impératifs extérieurs l'empêchaient d'être un soutien à l'équipe.

Du paradigme de la communion, nous passions petit à petit au paradigme de la domination.

Par rapport à nos étonnements il n'était pas possible de lui faire reconnaître le moindre manquement, acculé à se dire, à s'expliquer, il prenait la tangente et noyait le poisson. Des tensions sous-jacentes s'étaient alors introduites dans l'équipe.

Dans un groupe de personnes des divergences de points de vue apparaissent, des tensions s'expriment en réunion mais le consensus entraîne la remise des compteurs à zéro, le départ sur des bases  neuves, l'obstacle levé.

L'année dernière, un simple mot d'excuse à un membre aurait apaisé la situation, remis chacun sur la ligne de départ. Mais faire amende honorable n'était pas inscrit à son programme. Le président avait bloqué la situation, mis de l'huile sur le feu et provoqué la démission de deux membres les plus actifs et les plus renommés de l'équipe.(Autour d'un café). Quelques mois plus tard, choqué par l'attitude rigide face à ce premier départ et le manque de respect témoigné à ces deux personnes, un autre membre avait démissionné. L'équipe était de nouveau amputée d'une cheville ouvrière qui nous ouvrait les portes d'un soutien paroissial fondamental. Cela au prix d'un manque de souplesse et d'indulgence.

Avoir raison était son choix, s'incliner pour laisser passer l'orage et repartir sur un bon pied était accessoire. Entre-temps, il avait repris des cours de philosophie qui l'occupaient à plein temps, laissant les tâches principales à une équipe affaiblie sommée de relever les manches pour assumer les départs malheureux. La situation n'était plus acceptable. Je n'avais pas eu de conflit avec lui mais était-ce nécessaire. J'avais perdu confiance et le consensus vital pour tenir le coup n'était plus habité, nous étions sous sa domination pour les objectifs qu'il imposait et multipliait pour assurer une notoriété qui convenait à son ambition. Vraiment être membre d'une équipe dont le président n'est plus un membre actif mais un dominateur ne me convenait pas. L'ambiance interne n'était plus, il me fallait changer recourir à une autre association où chacun oeuvrerait dans le respect des autres et dans le consensus.