24/08/2013

Une semaine en famille.

séjour de vacances,en famille,isèreLe mono-volume était rempli au ras bord. Ma fille aînée et sa famille nous quittaient ce matin pour rentrer au pays. Juste avant, nous avions fait la photo souvenir de ces bons et longs moments en famille.

Elle appréhendait de reprendre le train-train quotidien après ce temps de liberté et de vie dans ce bel espace. Qu'est-ce qui l' avait poussée,  l'avait aidée à vaincre l'inertie implacable qui l'empêchait de vivre sereinement ?

Nous avions partagé de nombreuses activités -tant ménagères que récréatives- avec son compagnon et ses enfants et à aucun moment, elle ne s'était assise, terrassée par la fatigue ou son état psychologique. Elle surnageait avec  énergie malgré les nuits, qu'elle déclarait, mauvaises. Elle luttait pour sortir d'un monde noir intérieur.

Celui-ci avait momentanément montré son nez quelquefois dans son timbre de voix qui, quelques secondes durant, s'était dévoyé dans une lamentation, dans ses petites phases de découragement qui venaient parfois en écho à ses angoisses. Elle avait assumé son état intérieur pour la survie de ses enfants, pour leur bien-être comme si de rien n'était et n'avait pas relâché son attention et sa vivacité à leur faire plaisir au-delà du  nécessaire. Il fallait qu'elle s'occupe concrètement pour ne pas que ses démons intérieurs ne s'agitent, ne la terrassent.

À la réflexion, il me semblait qu'elle ne trouvait pas une limite à son activité de manière naturelle. Elle n'avait pas de frontières négociables et elle pouvait à peine dire « Non cela me dépasse, je n'assume plus « 

Elle avait pris les commandes ménagères pour les courses et les repas, habituées aux quantités et à leurs goûts. Elle nous avait inclus dans sa marmaille, poussant mon épouse, dépassée, dans l'inactivité alimentaire. Ce n'était pas nous qui les recevions mais le contraire.

Sa mère était plus préoccupée par sa lutte contre les fourmis, la poussière et les nombreuses bestioles qui occupaient en même temps que nous ces lieux immenses. Il y avait pourtant de la place pour tous.

La présence de sa famille nous avait sortis de la torpeur et du silence où nous étions plongés depuis quinze jours. Les cris des enfants, leurs va-et-vient incessant meublaient l'espace sonore pour ma plus grande satisfaction.

Nous avions aussi fait quelques dénivelés avec eux. Pleins d'énergie  les enfants marchaient devant nous, nous entraînant. Chacun s'amusait dans ces escalades. Ma fille suivait avec apparemment, courage et ténacité.

Plus d'une fois j'avais été surpris par son attitude d'attention aux faits et gestes de ses enfants non pas pour les rendre responsables et autonomes, mais au contraire, elle était trop à leur service par défaut de pouvoir les mettre à une tâche, à leur mesure.

À la voir de l'extérieur tout semblait normal, mais le ver était dans la pomme. J'étais attentif, prêt à l’encourager la soutenir ; elle résistait.

Elle avait aussi renoncé à la réservation faite en mars pour un séjour d'une semaine en Drôme avec une amie dans une villa avec piscine. Elle craignait la solitude du lieu également au pied d'une montagne.

Le bilan du séjour était positif, j'avais, pour la première fois,  vu vivre mes petits-enfants dans leur quotidien pendant huit jours pour la première fois, et je restais sur cette impression de vie de famille tranquille, espérant intérieurement qu’elle avait colmaté les brèches menant à son trou noir.

 

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