06/12/2013

Lettre à mon fils.

séparation,divorce,maitresse,choix de vieCette nuit, je ne dormais pas, en pensant à ce que j'ai entendu dire par ta mère et ta soeur à qui tu venais de parler au téléphone, à propos de tes enfants. C'est bientôt l'anniversaire de ton fils ce mois-ci, il aura six ans.

Puis j'ai repensé à ton anniversaire à cet âge-là vers tes six ans. Les pensées se sont suivies, les unes derrière les autres et m'ont replongé dans cette période, j'ai vu le chemin parcouru depuis.

La vie qui nous anime ne cherche qu'une chose qu'homme et femme fassent des enfants. Elle veut durer cette vie. Sa force vitale est grande, nous en sommes les instruments et elle nous possède et nous anime.

Ayant atteint son but, elle nous donne à vivre, avec nos faiblesses, nos difficultés, les complexités de notre lignée, nos chimères, notre égoïsme.

Quand tu avais six ans, j'ai beaucoup travaillé pendant de nombreux mois pour préparer la maison familiale, j'étais seul dans cette maison vide où j'allais après le travail pour donner un avenir une sécurité à ma famille. Cette période de changement de lieu de vie, s'est caractérisée par une grande difficulté dans ma relation avec ta mère qui se relevait de la naissance de ta jeune soeur. J'ai surfé sur ma liberté, mon envie de vie tranquille. Vous étiez là et aviez besoin d'un nid.

Ta mère ne vivait pas bien cette période, notre relation n'était pas facile. Nous avons été en consultation, chez un psy pour essayer de comprendre, de voir ce qui nous agitait. Plus d'une fois, j'ai été sur la carpette, je dirais même de nombreuses fois. Il me fallait choisir dans cette période là entre être père ou être mâle. J'en étais mal.

Qu'avez-vous perçu de ces mal-être qui nous traversaient sans que nous puissions mettre des mots, mettre des phrases sur ces émotions puissantes ?

Nous avons eu l'occasion d'ouvrir des portes dans des activités variées. Nous avons cheminés en nous soignant vaille que vaille pour trouver un équilibre satisfaisant. Bien sûr il a fallu viser des objectifs moins performants, varier les activités mais surtout apprendre à voir où est l'essentiel. Nous avons fait de notre mieux avec les courants néfastes hérités de nos parents, leurs manques, leurs déceptions ou leurs projets à notre égard. Nous avons essayé de faire les nôtres et pour l'essentiel, assurer à notre progéniture, une stabilité fondamentale.

Notre vie s'est enracinée, nous avions quelques repères et nous les avons considérés pour guider notre  barque, surtout pour vous apporter le meilleur. Nos valeurs familiales nous soutenaient;  la cause de nos enfants, leur stabilité. Notre amour pour vous était notre leitmotiv.

Curieusement, je vois que tu es arrivé à faire le même chemin que moi, tu fais des travaux dans ta maison familiale, ton fils a le même âge que toi quand je vivais ces difficultés. Il y a un parallélisme. On dirait que tu vis la même chose que moi à cet âge et ta réponse est bien différente.

La société n'est pas là pour donner l'exemple ; au contraire, elle est plus amorale encore que lorsque j'avais un fils de six ans.

Voilà : dans ces courants qui t'agitent et qui font trembler ta famille, je te souhaite de faire le choix dont tu pourras à terme, mesurer la bonne valeur. Où que tu sois, la vie ne voudra qu'une chose se poursuivre et tu devras gérer tes propres problèmes non pas en changeant l'extérieur mais en te changeant.

Une phrase me suit : « Ce que l'on ne veut pas savoir de soi-même, arrive de l'extérieur comme un destin.»

Je te souhaite d'en prendre connaissance. Travaille en toi ce qui t'agite et clarifie le. Ce n'est pas à l'extérieur que la réponse est mais en toi.

Parle avec qui tu veux mais parles. Et si ton souhait est de le faire avec moi, ma porte est ouverte

 

 Papa.

NB.

A propos du fils.   (Paroles autour d'un secret.)

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