29/12/2013

Retour aux chants sacrés.

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Les dates pour la nouvelle saison de chants sacrés sont dans mon courrier depuis trois mois. Je ne les avais pas transcrites dans l'agenda car je ne pensais pas me réinscrire. Une certaine lassitude, un léger ennui m'avait envahi. Il me fallait autre chose, me semble-t-il. La première session était ce lundi 9. Vu mon indécision, j'avais annoncé par mail à l'organisatrice, ma position d'attente pour cette rentrée.

Deux jours plus tard un mail de Régis, l'autre homme du groupe de chants sacrés  "Tu m'as manqué à cette soirée, toutes ces femmes ! Pas simple, ni facile à porter, ta présence allégerait cette sorte de solitude. J'espère que tu seras là dans quinze jours."

 Solitude ?  À deux pour affronter le groupe ! Pendant plusieurs années, la plupart du temps, j'étais le seul homme. Solitude sans doute mais aussi la mascotte par la voix plus grave qui atténue et transforme ce choeur de femmes. Je n'y étais pas sensible. Suis-je solitaire ? Certainement .

 Un deuxième mail de l'organisatrice me rapporte sa déception, son manque d'écho face à ces dames  Que faire? J'attends, j'imagine une balance pour peser les plus, les moins.

 Vais-je me réinscrire ? Je phosphore, m'interroge. Y aller, ne plus y aller ?

 Un élément neuf m'apparaît, cette soirée est une sortie vers le monde extérieur, la seule de toutes mes activités qui se passe en soirée, celle qui pourrait m'ouvrir à l' imprévu, à la nouveauté, celle où je suis une voix d'homme. La nature de ma voix, elles l'apprécient discrètement. J'ai encore en mémoire la réflexion d'une nouvelle à propos de l'intérêt d'une voix d'homme, qui fait contraste.

C'est une soirée de liberté que je perdrais. Argument en faveur du retour, élément positif supplémentaire sur le fléau de la balance.

 Un ami me donne entre-temps un texte « Dans la grotte du coeur » écrit par un suisse. Celui-ci présente l'œuvre de Bede Griffiths, intéressé par la mystique hindoue. (1) C'est un moine qui met en balance le côté Yin de l'hindouisme, du bouddhisme par opposition au coté Yang de notre culture rationnelle. Le groupe de chant ouvre à ce côté irrationnel, informel des traditions religieuses non européennes.

 Je me prépare à quitter cet espace qui compense l'aspect intellectuel de notre répertoire de chants à la paroisse. Alors que je m'intéresse à cette culture, je vais quitter son aspect singulier, ses matras. Ce texte me touche devient un argument positif supplémentaire que je dépose sur le fléau. Voilà un rappel du sens de cette démarche, un jour entreprise, et que je conserve aveuglément depuis des années.

 Cette hésitation à repartir dans le groupe s'est effacée, les deux mails, ces arguments ont pesé définitivement. Je m'inscrirai pour un trimestre.

 À la séance suivante, je suis accueilli chaleureusement : « Une des voix mâles, revient ! »

La représentation du Yang est assurée mais à cette soirée, je serai seul mon alter ego s'est excusé. Une dernière hésitation, je m'inscris pour le trimestre et puis pourquoi pas? Pour l'année tant …que j'y suis! La session s'ouvre par quelques mouvements, des voyelles sont chantées accompagnées de gestes. Les mains s'ouvrent vers l'avant partent du cœur, nous sommes en route. Mon coeur se met à battre la chamade, je constate étonné l'énergie qui tourne dans ma poitrine, autour du cœur, comme un vortex, de droite à gauche, vers l'avant. Un moment unique, magique s'inscrit en moi. Toutes ces voix me portent m'accompagnent. Je vibre par elles grâce à leur accueil sonore, à un niveau inconnu. Mon chakra du coeur s'ouvre pour la première fois. L'énergie, précédemment bloquée au diaphragme, monte d'un cran, s'expanse au niveau du cœur.

 Moment de grâce où je suis porté par elles, par un son tout simple, primordial, la voyelle "Aaaaaa" simple, pure, profonde qui s'expanse en mélodie. Joie de retrouver cet univers sonore, pas en avant.

 Alors que j'hésitais que je m'apprêtais à baisser les bras, je reçois ce cadeau au coeur. Un caillou blanc s'est déposé, confirmant le chemin, montrant mon avancement lent, très lent, dans ce qui un jour, m'a touché, L'énergie est montée, un peu plus haut que la première fois.

 Quelque chose a bougé, un pas s'est fait, un seuil a été dépassé, un échelon est gravi, mais je n'en suit pas maître, acteur, c'est un cadeau sur ce mystérieux chemin qui m'obsède. C'est un signe pour que je m'accroche, que je poursuive à l'aveugle, en confiance dans ce mystère.

 Toute l'énergie du groupe m'était accessible et je suis entré en phase avec elle, innocemment car je ne cherchais rien, j'étais là, ouvert. Un deuxième homme aurait peut-être modifié la donne, détournant l'énergie disponible à ce moment. 

 Après les voyelles, nous sommes entrés dans le rituel qui s'est établi, nous pouvons partager une demande de soutien au groupe. Pour la deuxième fois seulement, j'entre dans la parole pour que l'énergie du chant, diffusée touche ma belle-fille, mon fils, mes petits-enfants.

 Le premier chant sacré, curieusement, est un mantra double qui s'enracine d'abord dans la lignée familiale, dans la suite des générations dans ce canal d'humains faibles et limités dans sa force, puis ensuite dans celle de la divinité qui vient purifier, clarifier les lignées.

 Ce mantra correspond à mon état d'âme, ma lignée souffre, est à purifier pour retrouver sa force, son énergie positive.

 Trois jours plus tard, à la session de gymnastique douce, un nouvel exercice arrive comme un présage, un signe du chemin. Le groupe travaille la colonne vertébrale, à quatre pattes, l'aide enfonce ses doigts, à coté de chaque vertèbre, dans un mouvement de résistance, le corps s'y oppose pour rendre une plus grande mobilité à la vertèbre. Rendre à la colonne sa souplesse, faire sauter les blocages pour permettre à la vibration partant des sacrées de monter sur un chemin libéré de toutes ses contraintes existentielles.

 Semaine de progrès, d'avancement.

(1) trilogie.com

 

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