21/02/2014

Ouverture et sensation, mémoire du clan ?

P1020475.JPGTrois mois après les vacances, au sein de ma famille qui me semblait idéale, je devais déchanter. Dans la même quinzaine de novembre, ma fille puis mon fils m'annonçaient qu'ils avaient décidé de se séparer. Le processus était en cours.

Un détail insolite me troubla: ceux qui étaient venus au château pour quelques jours se séparaient. La plus jeune qui avait refusé notre proposition de vacances restait elle, avec son mari.

Est-ce que le séjour au château y était pour quelque chose ? Comme un symbole balise, une histoire qui se déroule et dont les paramètres inconscients se mettent en place.

Était-ce le baume reçu, avant, pour soigner les blessures ?

Est-ce que vivre dans un espace non confiné où le corps n'a plus sa double carapace ( celle de ses limites personnelles et celles des bâtiments étriqués ) dans lesquelles nous vivons et qui se soutiennent les unes les autres, pouvaient avoir déclenché le processus final ? (1)

La disparition de l'enveloppe extérieure permettait au corps une respiration plus ample, entraînant une ouverture, une fêlure dans les rigidités de l'éducation, ouvrant les valises familiales, les traditions.

Tremblement de terre qui ouvre des horizons, qui fait prendre conscience des limites véhiculées depuis des générations.

Dans ma vie personnelle, quelques années plus tôt, le passage d'une ambiance de travail où j'avais à disposition un large bureau, en partage avec un collègue, vers un bureau paysager m'avait perturbé profondément. En rencontrant ces espaces ingérables me reliant à bien des collègues, sans limites précises, cassant un carcan d'habitude, me déstructurant, j'étais ouvert sur un monde béant.

Un an plus tard, je recevais mon préavis et me trouvais à la rue. J'étais mis à nu perdu dans un univers physique et relationnel. C'était comme un accouchement. Les mois qui avaient suivi cette rupture de contrat m'avaient ouverts des portes et une période faste de ma vie avait débuté. Bien des murs étaient tombés.

Cette vie au château apportait une même impression,

Le corps respirait, prenait son ampleur possible, ne se satisfaisait plus des limites longtemps acceptées.

Était-ce la goutte qui avait fait déborder le vase, chez mes enfants ? Avoir ressenti cet espace de liberté possible, ouvrait chez eux un sentier de sensations et une envie de le suivre pour quitter les limites vécues et acceptées jusque-là.

Comme sous un coup de bélier donné par cette sensation, leur rigidité venait de s'effondrer, leur choix se précisait : ne plus vivre dans un espace où l'air leur manquait. Ne plus accepter l'inacceptable du moins ce qu'ils ressentaient comme cela.

En suivant le même fil de pensée, le reflet de l'extérieur sur l'intérieur, je me revoyais actif dans ma maison avec une vigueur retrouvée à rénover la cage d'escalier, le salon,  une partie du living. Une énergie circulait en moi.  Venait-elle du clan ? Que vivaient mes enfants à cette période ? L'énergie vitale qui circulait pouvait venir du fils qui avait brisé un de ses enfermements et franchi le Rubicon. Du moins je l'imaginais à présent comme la cause de ce qui arrivait maintenant. L'inconscient familial avait ouvert une porte longtemps fermée chez les aînés. La plus jeune ne semblait pas enfermée dans ces contraintes car son dynamisme semblait peu bridé dans le domaine sexuel. Leur couple fonctionnait bien à ce niveau. Ses allusions, ses réflexions laissaient entrevoir une relation intégrant sans difficulté cette part de la vie commune qu'ils menaient, semblait-il sans nuage. Je n'en aurais pas autant dit des autres vu le peu de signaux positifs que je recevais à ce sujet. De toutes manières, l''ambiance était autre chez eux. 

(1) Le gastéropode.

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