27/02/2014

L'esprit de l'amazone.

amazone,image de l'homme,effe miroirEn route vers le supermarché, je m'étais fixé comme objectif d'être particulièrement attentif à mon environnement. Je souhaitais être réceptif à l'imprévu et ouvrais toutes grandes mes facultés de perception pour être en phase avec ce qui pouvait arriver. Cinq minutes plus tard dans la rangée habituelle du parking, deux espaces voisins étant disponibles je choisis celui de droite.

Pendant que mon attention était fixée dans le vide-poche pour prendre la pièce consigne du caddie, une petite voiture entra en trombe sur ma gauche, dans l'autre place de parking. Suite à cette manœuvre, il  m'était impossible d'ouvrir ma portière pour sortir tant ce véhicule, conduit par une jeune dame était proche du mien. Comme elle était à peine arrivée, je m'agitais, levant les bras pour manifester la chausse-trappe qu'elle m'offrait et l'impossibilité pour moi de sortir de la voiture. La colère me montait au nez. Ce manque de respect du code de conduite m'indisposait et me gênait fortement. Une telle situation ne m'avait, après toutes ces années de conduite, jamais été imposée. La conductrice comprit mes gestes et fit une manoeuvre de sortie et de rentrée pour se placer de manière respectueuse, me laissant finalement la place nécessaire pour sortir. Être pressé c'est une chose mais agir ainsi manque de délicatesse.

Si jeune et irrespectueuse du code et de l'étiquette sociale. Quelles pourraient être ses chances de succès si elle agissait ainsi dans un environnement de travail en marchant sur les pieds des uns et des autres. Son ego n'avait pas été modelé et construit socialement! Comment imaginer une autre hypothèse. En sortant je lui adressais quelques mots précisant mon point de vue ; disposer de la place nécessaire pour sortir. Ce n'était pas son souci. Elle se précipita vers le supermarché sans chercher à répondre et je la suivis, évitant l'esclandre.

Moi qui prévoyais, par mon attention, un moment d'imprévu, de rencontre j'étais servi : je ne rencontrais pas un ange, un messager mais un diable sortant d'un bénitier.

Lors de mes achats j'essayais de deviner le sens de ce moment-surprise-.

Ma voiture représentait mon autonomie, ma manière de vivre, d'être libre et je me faisais clore le bec par une image féminine impétueuse et égocentrique. Curieux moment, invitation à décoder, Non! Mon image d'homme en prenait un coup. N'était-ce pas le retour du thème qui m'avait traversé et qui de nouveau revenait à table ? (1)  Dans mon image d'homme (2), j'étais empêché muselé presque par l'image féminine de l'Amazone, de la guerrière qui voulait en découdre.

Qu'est-ce qui à nouveau, avait constellé mon inconscient pour être mis en face de cet archétype de la guerrière ?

La faiblesse de l'homme, de l'attitude face la vie ?

Est-ce qu'encore, j'étais mené par le bout du nez ?  Était-ce un résidu de mes attitudes non viriles, non persuasives ?

J'essayais pourtant de prendre ma place d'homme de marquer mon territoire, mon espace vital.

Ces dernières semaines, j'étais confronté à un symptôme physique gênant. L'envie impérieuse d'uriner qui pouvait avoir une cause physique profonde ou pourquoi pas, une cause symbolique. Le territoire à marquer comme le font, par exemple, les chats mâles.

Cet aspect inconfortable, désagréable était entré dans mon existence au moment où j'apprenais que mon fils quittait sa compagne, qu'il quittait l'univers de la mère pour entrer dans l'univers d'une autre femme sans doute, qu'il se retrouvait en chasse sur le territoire du désir ou du besoin.

Son choix renversait les valeurs établies du clan, clan qui avait atteint sa capacité de procréation.

Il remettait en route l'esprit du conquérant après une pause pour constituer sa famille, il repartait en chasse.

L'esprit de l'Amazone reprenait sa chevauchée, rentrait en scène et secouait le clan.

(1) Féminité, année 2000

(2) L'image de l'homme.

21/02/2014

Ouverture et sensation, mémoire du clan ?

P1020475.JPGTrois mois après les vacances, au sein de ma famille qui me semblait idéale, je devais déchanter. Dans la même quinzaine de novembre, ma fille puis mon fils m'annonçaient qu'ils avaient décidé de se séparer. Le processus était en cours.

Un détail insolite me troubla: ceux qui étaient venus au château pour quelques jours se séparaient. La plus jeune qui avait refusé notre proposition de vacances restait elle, avec son mari.

Est-ce que le séjour au château y était pour quelque chose ? Comme un symbole balise, une histoire qui se déroule et dont les paramètres inconscients se mettent en place.

Était-ce le baume reçu, avant, pour soigner les blessures ?

Est-ce que vivre dans un espace non confiné où le corps n'a plus sa double carapace ( celle de ses limites personnelles et celles des bâtiments étriqués ) dans lesquelles nous vivons et qui se soutiennent les unes les autres, pouvaient avoir déclenché le processus final ? (1)

La disparition de l'enveloppe extérieure permettait au corps une respiration plus ample, entraînant une ouverture, une fêlure dans les rigidités de l'éducation, ouvrant les valises familiales, les traditions.

Tremblement de terre qui ouvre des horizons, qui fait prendre conscience des limites véhiculées depuis des générations.

Dans ma vie personnelle, quelques années plus tôt, le passage d'une ambiance de travail où j'avais à disposition un large bureau, en partage avec un collègue, vers un bureau paysager m'avait perturbé profondément. En rencontrant ces espaces ingérables me reliant à bien des collègues, sans limites précises, cassant un carcan d'habitude, me déstructurant, j'étais ouvert sur un monde béant.

Un an plus tard, je recevais mon préavis et me trouvais à la rue. J'étais mis à nu perdu dans un univers physique et relationnel. C'était comme un accouchement. Les mois qui avaient suivi cette rupture de contrat m'avaient ouverts des portes et une période faste de ma vie avait débuté. Bien des murs étaient tombés.

Cette vie au château apportait une même impression,

Le corps respirait, prenait son ampleur possible, ne se satisfaisait plus des limites longtemps acceptées.

Était-ce la goutte qui avait fait déborder le vase, chez mes enfants ? Avoir ressenti cet espace de liberté possible, ouvrait chez eux un sentier de sensations et une envie de le suivre pour quitter les limites vécues et acceptées jusque-là.

Comme sous un coup de bélier donné par cette sensation, leur rigidité venait de s'effondrer, leur choix se précisait : ne plus vivre dans un espace où l'air leur manquait. Ne plus accepter l'inacceptable du moins ce qu'ils ressentaient comme cela.

En suivant le même fil de pensée, le reflet de l'extérieur sur l'intérieur, je me revoyais actif dans ma maison avec une vigueur retrouvée à rénover la cage d'escalier, le salon,  une partie du living. Une énergie circulait en moi.  Venait-elle du clan ? Que vivaient mes enfants à cette période ? L'énergie vitale qui circulait pouvait venir du fils qui avait brisé un de ses enfermements et franchi le Rubicon. Du moins je l'imaginais à présent comme la cause de ce qui arrivait maintenant. L'inconscient familial avait ouvert une porte longtemps fermée chez les aînés. La plus jeune ne semblait pas enfermée dans ces contraintes car son dynamisme semblait peu bridé dans le domaine sexuel. Leur couple fonctionnait bien à ce niveau. Ses allusions, ses réflexions laissaient entrevoir une relation intégrant sans difficulté cette part de la vie commune qu'ils menaient, semblait-il sans nuage. Je n'en aurais pas autant dit des autres vu le peu de signaux positifs que je recevais à ce sujet. De toutes manières, l''ambiance était autre chez eux. 

(1) Le gastéropode.