30/05/2014

Retour au livre de la Jungle.

animal de compagnie,chat,caressesComme mon chat avait été tué par une voiture avant l'été, ma cadette m' avait proposé, en novembre, l'un des siens. Elle ne le supportait plus car il avait pissé dans son lit. Attitude conflictuelle qui rendait son séjour chez elle, impossible. J'avais accepté de l'accueillir presque comme un réfugié d'une part, mais de l'autre, j'avais aussi une envie de retrouver comme depuis toujours un animal de compagnie. Dès l'instant où je l'avais laissé entrer chez moi, il s'était comporté comme un névrosé refusant de se laisser approcher. Il était toujours dans l'évitement et s'éloignait au fur et à mesure de mon avancement. Baghera était son nom et je l'avais maintenu pour ne pas le traumatiser encore plus. Dans la maison, il maintenait toujours un espace de sécurité d'au moins un mètre entre lui et moi. Avec peine en journée, je ne pouvais l'approcher tant il s'esquivait, derrière la table, sous une chaise et dans les moindres recoins. Il me regardait avec ses grands yeux verts, ses pupilles dilatées et le moindre de mes gestes, un peu brusque, le faisait détaler. Il refusait de sortir par la porte fenêtre du jardin et n'acceptait que la sortie du living par le hall, vers le garage et la cave. Toute la journée,il était prostré et dès que je m'avançais vers lui, il allait se cacher dans les endroits couverts. C'était un chat mal sevré et certainement battu, traumatisé depuis sa naissance. Vu ma constance à le nourrir uniquement de croquettes car il refusait tout autre nourriture, il s'apprivoisait lentement mais craignait toujours mon épouse. C'était la première fois que j'étais confronté à un tel chat domestique.

La seule période de sociabilité était le soir. Quand j'étais installé devant la télévision, il sautait sur mon plexus pour s'appuyer sur ma poitrine. Avec régularité, il poussait sa tête sous mon menton, en demande de mon attention et des caresses que je lui accordais volontiers.

Ses yeux semblaient écarquillés d'effroi, il avait peur et le moindre bruit ou mouvement brusque le faisait sursauter, même le froissement léger d'un journal le faisait bondir.Tant bien que mal, j'essayais de faire tomber cette peur qu'il exprimait, par ma patience et ma douceur. J'essayais de le faire sortir vers le garage via le hall. Les deux portes devaient être  ouvertes sinon il refusait de s'y engager.

Agé environ d'un an, il avait passé de nombreux mois avec mes petits-enfants et je m'étonnais de son peu de sociabilité mais une fois sur les bras, il se laissait transporter comme un bébé. Tout doucement j'essayais de lui ouvrir des horizons. Je le déposai à l'extérieur où il paniquait au moindre bruit. Je lui poussai la tête dans la chatière du soupirail pour qu'il sorte de la cave mais 5 minutes après il était de retour effrayé par le passage des voitures. Cette peur m'énervait, me semblaient incompréhensible et je veillais à lui faire lentement changer d'attitude.

Nous étions début mars et les choses allaient mieux.

Il faisait des progrès, se laissait approcher. Début de semaine à mon invitation, il était sorti par la porte fenêtre vers le jardin. Sa distance de protection diminuait lentement.

Une idée curieusement m'avait traversé l'esprit ces moments-ci. Et s'il était un messager,venu pour m'apprendre à prendre ma place, à traiter les peurs en moi qui y étaient enfermées depuis mon enfance?  Et si c'était un chat thérapeute ?

La demi-heure de caresses, qu'il se procurait le soir en sautant sur mes genoux quand j'étais devant l'écran de TV, était le point d'inflexion de son travail d'ouverture et du mien entraîné par la réflexologie plantaire.

Alors que j'avais cherché en vain hier l'apparition dans la visualisation de mon animal totem n'était-il pas lui, le porteur de cette forme animale en moi qui n'apparaissait pas puisqu'il était déjà à l'oeuvre dans ma réalité. Le cours des événements emporterait probablement de nouvelles informations ou réflexions à ce sujet.

Commentaires

Très joli texte évocateur !

Écrit par : Klaxon | 21/07/2014

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