07/08/2014

La relation au père.

autonomie finance§ère,gérer les dépenses,faire faceLa fête de famille s'était terminée hier un peu trop rapidement à mon goût mais la rentrée de l'école demain après les vacances de printemps nécessitait un minimum de préparation. Dès dix-huit heure, j'avais pris le volant pour reconduire chez elle, mon aînée et ses enfants.

Elle avait encore le bras droit plâtré pour une semaine. Notre souhait de respecter le planning de la fête, malgré des indices négatifs, nous avait conduit dans cette impasse. J'avais manqué de lucidité et de prévoyance mais le vin étant-tiré, il fallait le boire. Pendant les derniers kilomètres j'avais relevé un élément de gestion domestique qui me semblait important, sa facture d'électricité. Avec son chauffage électrique, il était important de suivre, pas seulement la consommation mais aussi les finances. En l'absence de factures qui nécessitaient quelques mois de consommation pour créer une base de facturation, je m'inquiétais.

« As-tu fait une provision pour ton chauffage électrique ! »

«Comment veux-tu que je fasse une provision, je termine le mois avec trois Euro ! » me dit-elle. Sa réponse me coupa le souffle et une bouffée de colère m'envahit. Je la maîtrisais tant bien que mal et ne pus dire qu'une chose « Alors il ne faut plus boire des soft-drinks ! »

Manière détournée d'introduire la notion de restrictions pour arriver à nouer les deux bouts et à provisionner.

La réponse n'était pas idéale mais je n'avais rien pu dire d'autre.

L'enjeu était de taille mais comment aller plus loin pour la conseiller devant les enfants. Mes interventions un peu directives, n'auraient apporté que la réponse qu'elle m'avait déjà faite.

« Mais papa, tu me fais de la morale ! »

Définitivement, nous n'étions pas égaux dans l'échange, je restais le père et elle rejetait d'office la discussion. Il ne lui était pas possible d'aborder le problème de manière mathématique. Elle y mêlait la relation.

Plus d'une fois, ces dernier temps, je l'avais vu faire des achats inconsidérés selon moi. Loin de la sobriété qui était de mise dans la voie qu'elle avait choisie : quitter son compagnon. Elle ne voulait pas diminuer le confort de ses enfants, les activités payantes, ni se priver d'une sortie ou du plaisir d'un achat dans ses magasins préférés. La vie continuait dans sa tête, comme avant. Pour les dépenses, la dure réalité n'était pas encore là. Elle reproduisait le schéma qui m'avait tant secoué à l'époque où j'étais au chômage bien des années plus tôt. Sa mère refusait d'introduire dans le quotidien, des contraintes restrictives. Il fallait vivre comme avant l'épisode qui n'était, par principe, que passager sans doute.

Mais je l'avais compris plus tard, mon épouse ne s'était pas positionnée comme partenaire de mon problème, relevant les manches jusqu'au coude pour se battre avec moi, de son côté, par des choix plus judicieux et sobres. Dans l'épisode difficile que je traversais, elle ne tenait pas compte de mes craintes d'épuiser nos faibles réserves. Elle avait fait l'impasse sur mes préoccupations.

Vingt ans plus tard, ma fille se positionnait de la même façon, à faire comme si l'épreuve n'était pas là. Ne pas en tirer des conclusions immédiates.

Au fond comment lui reprocher de faire l'autruche. C'est ce qu'elle avait vu en en son temps quand elle était adolescente. Elle ne faisait que reproduire un schéma de crise.

Que faisait mon beau-père dans cette période ? N'avait-il pas soutenu bien malgré moi, sa fille pour qu'elle garde son standing. Ne lui avait-il pas évité le principe de la réalité des choses, des conséquences de ses choix.

Selon moi, c'était sûr, elle allait venir me demander compréhension et soutien financier pour continuer à garder le standing qu'elle estimait nécessaire pour ses enfants.

Comme si son choix de quitter le père de ses enfants ne signifiait pas sa complète autonomie, sa responsabilité mais le retour à une relation à son père, par le biais financier. Qu'avait-elle voulu dire réellement quand je l'entendais lors de sa dernière visite s'exprimer en ces termes  ;

"Je ne veux plus de père, je veux un homme !"

Mais elle retombait dans mon filet de soutien, celui d'un homme.

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