07/09/2014

Escapade en Mer Egée.

mer egée,admiration,transcendance,immanenceDe la terrasse de l'hôtel, la mer Égée m'apparaissait dans son bleu le plus chaleureux. Couleur que j'avais rencontrée quelques années plus tôt dans la région. Une impression profonde de beauté m'avait envahie. J'étais face à celle que l'on nommait dans les textes « la grande bleue ». Du concept, j'étais entré dans la perception d'un bleu autre, plus dense, plus beau. Cette mer du milieu faisait partie de mon expérience passée mais je ne l'avais jamais rencontré dans cette gamme qui m'ouvrait un tel registre. J'en restais bouche bée ; bleu d'azur, bleu royal . Quels qualificatifs pour décrire ce qui ne pouvait l'être. Avec le ciel bleu au-dessus, j'étais dans un univers inconnu. N'était-ce pas ce bleu profond qui avait ouvert jadis à ceux qui vivaient là, les bases de la philosophie, les fondements de notre civilisation en portant l'âme au bord de l'ineffable, de l'intraduisible ?

Appuyé sur la rambarde pendant l'excursion en mer, mes yeux se plongent dans un autre bleu. L'eau verdâtre de nos plages, la vague chargée de sable, donne une autre sensation.

Ce n'est plus l'eau transparente et blanche, c'est un nectar, une substance magique qui reflète la lumière du ciel.

En contraste à la proue du bateau l'étrave et un sillon rempli de paillettes blanches. La trace qui s'estompe au loin en se fondant dans ce bleu royal qui s'étend à l'horizon.

Une teinte nouvelle s'est ouverte dans ma palette de couleurs présente, j'en suis sûr, dans les peintures de ceux qui avaient voulu en figer l'expérience.

Un peu comme le bleu de mer du tableau de Magritte que j'avais, surpris,  découvert lors d'une journée d'excursion à la mer du Nord. C'était du déjà vu, du déjà perçu à travers la peinture d'un artiste. J'en avais vibré jusqu'au plus profond de mon être.

Ici aussi cette vibration réveillait en moi un espace, à la fois connu et mystérieux, un bleu mystère, un bleu transcendant ouvrant non pas dans l'espace un bleu d'azur mais dans un bleu royal, couleur d'encre de mon enfance.

En montant la marche du temple d'une des trois villes anciennes de l'ile, où se mêlaient les murs de la forteresse et les colonnes de l'acropole, j'avais aussi été saisi, dans ma profondeur, par ce même sentiment. Espace indéfinissable, ouverture à un autre monde, à une nouvelle dimension qui ouvre les bras, en ouverture, en accueil d'une puissance mystérieuse à l'oeuvre dans la vibration du monde.

Comment ne pas rendre cet espace ensoleillé surplombant la mer et s'ouvrant au ciel, sacré. Comment ne pas y bâtir un temple de prière d'adoration à cet auteur que l'on pressent. Créateur d'un monde qui s'ouvre comme un livre sacré. Dans le vent chaud qui souffle sur l'esplanade alors que les yeux s'emplissent de ces vibrations lumineuses une prière s'élève en moi. Des siècles me séparent de ceux qui ont par leur labeur construit ces murs et là je les rejoins dans leur quête, dans la motivation qu'ils ont eue à marquer dans la terre, dans la pierre ineffable qui suinte comme une source sèche.

Où sont les mots pour parler de cette expérience, seule l'inclination, le salut lent et solennel devant la majesté des lieux peut apaiser l'intense émotion crée par ces liens, entre ciel et mer, entre ciel et terre.

Transcendance. Immanence

Une femme habillée de rouge au bord de l'esplanade est aussi plongée dans le mystère. Son habit est comme le sang de la vie qui s'expanse  entre le ciel et la terre. Et de la vie qui nous anime entre ciel et mer, ce jour-là à Lindos, je suis entré dans le mystère.

 

Image impromptue

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