30/09/2015

Une nouvelle constellation familiale.

constellation familiale,rendre un enfant,mémoire corpsLa tempête qui  avait agité la famille ne semblait pas encore prête de s'apaiser et par petites touches nous essayions de repartir cahin-caha sur le chemin de la vie. Parallèlement à une recherche de bien-être physique et de moyens d'atténuer le stress que je ressentais encore dans toutes mes fibres, j'avais planifié une participation à une constellation familiale.

L'entrée en matière, de la journée avait consisté à imaginer derrière soi la présence bienveillante de son père et sa mère, puis dans un rang plus éloigné encore ses grands-parents paternels et maternels. Une sensation forte m'avait envahi, celle de la présence de ma grand-mère paternelle. Sa place dans mon histoire d'enfance était grande et je n'en avais guère été étonné intellectuellement mais ici le champ d'influence était très physique. Elle appartenait à mon côté droit, celui par lequel passent tous mes ennuis de santé d'ailleurs, coté privilégié d'expression des mal-êtres ?

L'animatrice conduisait les différentes constellations d'une manière qui me semblait cohérente. Elle semblait digne de confiance et comme la démarche ne m'était pas inconnue, j'avais pensé prendre un rendez-vous avec elle pour une recherche personnelle. Dans une direction encore floue et que j'allais clarifier au cours des jours suivants.

La visite impromptue de ma plus jeune fille, le lendemain m'avait étonné profondément au point que le jour suivant, je l'avais appelé pour prendre de ses nouvelles, chose que je fais rarement.

Elle avait pris une distance par rapport au quotidien et n'était plus dans la réaction immédiate. Elle ne bondissait plus sur le moindre sujet, prête à s'enflammer à la moindre peccadille. J'en avais été troublé et apeuré car le spectre de la dépression pouvait poindre derrière sa nouvelle attitude. Le contenu du stage qu'elle avait fait la semaine précédente était restée mystérieux aucune information n'avait filtré et j'étais resté avec mon questionnement.

Fallait-il lui attribuer cette nouvelle manière d'être, bien inhabituelle ?

Le rendez-vous proposé par l'animatrice de la constellation familiale me fut curieusement proposé le jour de son anniversaire, comme par hasard signifiant, insistant sur une aspect de mon passé récent, ma relation à celle-ci.

Il me fallait donc réfléchir à ce que pourrait être passé au crible ce jour-là.

Quelque temps après une question m'avait traversé l'esprit ; "Pourquoi ne pas questionner le système familial à propos de la relation à ma plus jeune. Une crise avait eu lieu, deux mois plus tôt. Je l'avais confondu avec sa sœur. J'avais gommé son prénom et prononcé celui de mon aînée.

Sa frustration et sa colère l'avait poussée à changer mon prénom et depuis régulièrement elle m'appelait Charles.

Il y avait matière à évaluation, à rechercher la place qu'inconsciemment nous lui avions donnée au cours de ces années par rapport à sa sœur surtout. Qu'elle avait été mon apport dans la relation ? Qu'est-ce qui m'appartenait et qu'il me fallait considérer ?

Dans le rituel du lever de ce matin, un vieux souvenir était remonté à la surface. Lors de la dernière visite à ma grand-mère éternelle un mois après sa naissance, nous avions laissé son couffin sur le lit où elle était allongée et étions prêts à prendre la route avec les deux grands. Affolés ma marraine, sa sœur, du haut de l'escalier de la porte de la rue, nous avait rappelé en disant « Mais vous oubliez la petite ! »

Scénette à la fois amusante et affolante car notre lien parental ne semblait pas encore bien établi.

Une nouvelle lecture des événements m'apparaissait à présent. Inconsciemment, je voulais rendre à ma grand-mère désenfantées de ses deux fils, un autre enfant. Ne l'avais-je pas déjà fait avec l'aînée que j'avais nommée du diminutif du prénom de celle-ci.

La douleur familiale portée par la grand-mère, perdant son jeune frère, nommant son fils aîné du prénom de celui-ci, nommant aussi son deuxième fils du prénom du frère de son mari, décédé lui aussi avait crée des liens envers le passé.

Deuil jamais fait qui plombe les vies successives leur supprimant la légèreté et la joie de vivre.

Vies tournées vers le passé comme le montraient les deux événements concernant mes filles, le prénom de l'une, l'oubli de l'autre.

Comme une dette à payer vers ce passé bousculé dont ma grand-mère n'était pas sortie,  comme un essai pour la sauver de son destin au lieu de me tourner vers la vie, ma vie.

18/09/2015

"La corde sensible" versus notre univers.

Alors que je m’apprêtais à quitter le bain début Février 2003, l’image représentant « La corde sensible » de Magritte me traversa la tête, inattendue, surprenante. Après prise de distance, elle m’apparu comme synthèse des évènements qui venaient de se passer, comme la symbolisation du problème évoqué de féminité empêchée. La compréhension m’était imposée comme un enseignement sous-jacent à la conscience et à l’univers des mots où je navigue habituellement.

Informée de mon souhait de lui offrir dans la continuité de nos échanges et de la découverte apportée par la kinésiologue, un encadrement présentant cette image de la féminité menacée, ma plus jeune fille accepta volontiers.

 Comme ma belle sœur en était la spécialiste, par téléphone, je lui avais proposé de prendre en charge la commande de l’image et la mise sous cadre. « Mais tu sais me dit-elle, moi je ne fais ce genre de travail, que s’il y a des passe-partout, (montage en carton qui sépare l’image du cadre.)  Je ne travaille pas si cela n’en vaut pas la peine, en effet, pour moi, c’est dans le passe-partout qu’est la valeur ajoutée .Tu peux donc le faire toi-même. 

Curieuse réaction de sa part. Comme si elle se méfiait de l’image ou de mes interprétations, elle écartait brusquement la relation et la coopération autour du symbole de l’image pour des raisons qui n’étaient que sa projection. Par cette demande, j’étais sans doute en train de lui projeter des symboles qu’elle même ne voulait pas affronter, de la confronter au secret maternel et, méfiante pour continuer à se protéger du fantôme, elle rejetait la proposition de coopération.

 Avait-elle en vue le poster d’un tableau de Magritte qui trône dans mon salon et qui fût encadré, il y a dix ans, sans passe-partout. Etait-ce une raison pour supposer le même choix et ne pas suivre son conseil, son apport technique et artistique.

 La vivacité de ses propos toujours aussi constante et nécessitant presque une bataille d’argument, j’abandonnai l’idée de lui passer commande. Nous n’étions pas sur la même longueur d’onde et surtout pas sur celle qui était symbolisée.

Chez un encadreur local ou nous avions pris rendez-vous ma fille et moi, l’affaire fut conclue après son accord sur la symbolique et la dimension du cadre.

Le tableau « La corde sensible » représentait dans un paysage, un immense verre sur pied recevant un nuage. Le nuage me semblait le symbole d’une féminité, et le verre comme le symbole des attitudes qui ne transparaissent pas, et qui empêchaient la réalisation de celle-ci. Un mode de fonctionnement dans la vie coupait celle qui en était porteuse d’un contact avec sa nature profonde.

Ce tableau devenait l’expression d’une féminité empêchée dans sa complète dimension. Sa circulation normale comme celle du cycle de l’eau qui tombe pour féconder la terre, s’évapore et revient en une ronde naturelle était bloquée par cet obstacle invisible que constituait la paroi du verre..

C’était me semblait-il une métaphore, empêcher la nature profonde de la femme d’être séparée de ses racines pour y prendre le flux de la vie et plus particulièrement pour elle c’était de se relier vraiment à sa nature de femme en évitant de tomber dans le piège d’ une fidélité injustifiée à la peur et à l’angoisse vécue par la grand-mère.

C’était un rappel mural exprimant le danger de ne pas rechercher le plus souvent possible un mode de vie sain et profitable respectant ce qu’elle était profondément.

Ce thème de la féminité avait d’ailleurs déjà été abordé quelques années plus tôt dans la facette de la relation à l’homme. Son attitude de garçon manqué venait de son choix involontaire de vouloir entrer dans le monde des hommes tant par mon manque en tant que père de la confirmer dans mes regards et ma démarche en tant que fille que de la peur ressentie côté féminin d’une acceptation profonde des risques de la féminité.

 Comment être une vraie femme, si en face de la part du premier homme rencontré, le père il n’y a pas une invitation, une confirmation à être ce qu’elle est par approbation de toutes les attitudes qui y conduisent.

Comme être une vraie femme, si de la part de la mère, il n’y a pas transmission de cette profonde acceptation de la nature féminine pour servir d’identification et de modèle.

Tentative d’équilibre de la femme face à sa nature pour entrer dans la relation à l’homme entièrement relié à sa nature profonde comme l’évoque pour moi le tableau du même peintre et dont le titre est « La bataille de l’Argonne ».

 A l’aide les symboles du yin et du yang, j’essayais d’abord de faire la clarté en moi tant dans mes attitudes que dans celle du clan familial pour comprendre les choses qui nous gouvernent à notre insu.

Observation difficile car j’étais partie du problème d’une part et que tout indice relevé pouvait être vu sous un autre angle et conduire à une conclusion différente.

Qu’elle avait été ma part dans cette histoire du château. Quelque part faisait écho à mes remarques, mes peurs, mes propres fidélités a mon passé, a mon père et à ma mère, à ma grand-mère.

Si le yin et le yang, la féminité et la masculinité étaient en cause mon pilum familial n’en était pas exclu.

J’avais ma part d’implication, de responsabilité dans les évènements.