09/03/2015

Mlc et nouveau réveil.

mlc,réveil,sensations corporellesDe plus en plus, une douleur s’installe dans mon pied droit, localisée sous le gros orteil. C’est de là que part, parfois, la crampe qui vient au plexus quand je me redresse pour sortir du bain.

Depuis deux jours mon estomac semble douloureux à cet endroit.

J’imagine la présence d'un ulcère car je suis ulcéré par l’agressivité de mon épouse qui vit mal et souffre du départ de notre fille. Elle court devant sa tristesse.

Est-ce aussi de mon coté de la tristesse enfermée qui me ronge ? Accepter cet inacceptable, ce choix affreux à l’encontre de toutes les règles de vie et de philosophie.

Mon coeur sentiment est blessé tout autant que mon coeur physique.

Souffre-t-il d’un blocage conduisant à l’infarctus ?

Stress ultime du coeur, violence et bouleversement de cette décision qui s’exprime dans la constriction des muscles.

Résultat de la gymnastique Mlc.

Coeur, cuirasse.

Transmission de souffrances généalogiques ?

La séance de Mlc du Jeudi 27 Novembre est particulière. Des vibrations d’un genre nouveau animent mon ventre quand couché sur le dos et appuyé sur une balle de tennis, je bascule un peu le bassin vers les pieds. Puis quand l'animatrice propose un exercice sur le ventre, avec les deux mains dans l'aine pour réchauffer, je ne sais plus quel muscle, le tremblement repart mais cette fois au niveau des épaules, doucement légèrement, profondément. 

Lors d’une proposition de détente, de laisser une image venir, j’ai un souvenir de vacances qui remonte. Dans le village voisin, où avec mon frère, nous allions en vélo pour aider le meunier, ami de nos parents.

Nous avions fabriqué un radeau avec deux tonneaux et des planches, pour naviguer sur le bief du moulin sur la rivière. L’idée que je ne savais pas nager, que c’était dangereux, supprime le souvenir.

Cette époque est constellée, y a-t-il un sens sous-jacent,un moment heureux, de créativité, d'aventure ? 

Au lever, le jour suivant, j'ai l'impression que je m'éveille sans mon corps, sans la conscience immédiate de l'image de celui-ci. Là réside sous ma conscience comme un espace mystérieux, lourd surtout, sans forme, sac de sable informe. Ma tête seule émerge de la nuit, comme les yeux d'un crocodile qui nage sous la surface de l'eau.

D'un œil, je contrôle le réveil, il est six heures du matin.

C'est étonnant, apparemment presque une nuit complète. Ce n'est plus arrivé depuis des semaines. Ma tête émerge d'un ensemble qu'à présent j'explore.

Impression étrange, neuve, par rapport aux autres jours où la plupart du temps, je suis dans l'image de mon corps. Réveil progressif.

La position de mon corps est différente, je suis à moitié sur le ventre, le genou droit légèrement relevé en torsion par rapport à ma poitrine, qui reste perpendiculaire au matelas. Je me sens lourd, reposé. Je suis le matelas, je n'ai plus de peau, je suis dans un corps plus large, plus volumineux, un corps subtil, un corps mou. Un corps éthérique ?

Ce temps de présence, cet allumage lent d'un éveil, fait long feu, se concrétise.

Je retrouve le corps habituel trop rapidement à mon gout, j'aurais voulu protéger ce nouvel espace, cette sensation, mais éphémère, elle s'estompe.

Déjà mes pensées se pressent pour analyser la situation, Je suis dans le haut du corps pour observer la pose, voir ce qu'elle a de spécial, de différent.

J'ai retrouvé mon corps. Cet état modifié de conscience s'efface. Mes sensations se réveillent, le chaud, le froid, la présence du matelas.

Impossible de rester couché, je suis reparti dans mon quotidien, dans le rite du lever.

Ce moment de bien-être, surprenant, avait été vécu.

 Gymnastique douce.

23/01/2015

Traverser son deuil.

deuil à faire,appel à l'aide,parler,être écoutéL’asbl venait de s'installer au bas de la rue depuis deux mois maximum remplaçant l’affiche " A louer ” . L'histoire du quartier simplement. Plus d'une fois, j'étais passé devant en allant au centre à pied et cette affiche était entrée dans le décor, le paysage. Bouleversé profondément par le départ de ma fille, l'image de l'affiche, m'était revenue en tête. Dans la profonde douleur de ce détachement, dans le tohu-bohu des rituels, des appels téléphoniques, des mails enregistrés, des va-et-vient divers, elle flottait dans mes pensées.

Comment résister dans cet ouragan mental où les mots ne tiennent même plus en place, tournent en rond des heures durant réduisant les nuits à un minimum inacceptable. Idées qui tournent, tournent, tournent sans fin.

"Faire son deuil", mon deuil, une bouée de survie, un chemin d'apaisement.

Autour de nous, quelques amis proches qui passent, poussent la porte de notre solitude, de notre détresse, traversant le barrage des conventions, des habitudes,des peurs. Douleurs réservées à la famille. Laissons les dans leur intimité, ils sont si bouleversés. Ils sont en deuil.

Les absents ont toujours tort, ils ne sont pas dans la compassion.

Les sentiments se bousculent, le sol n'a plus la même fermeté.

Sentiments, émotions à fleur de peau. Notre couple vacille. Les émotions des fratries respectives remontent, s'agitent, nous cognent.

Les vieux chagrins occultés s'agitent derrière des gestes brusques, des sauts d'humeur, des claquements de portes, des comportements émotifs et inadéquats.

Je me fais violence, j'accepte l'idée de passer à « Traverser son deuil » pour avoir de l'aide, pour lancer une décompression, pour ne plus être face aux émotions colériques de ma moitié en détresse, en révolte.

Gérer ma part car je ne changerai guère sa part.

En face de moi, la porte composée de quatre vitres superposées. Sur la deuxième en commençant par le bas, une affiche annonçant la raison de l'asbl " Traverser son deuil," sur la troisième, deux affichettes. Parents désenfantés. Nouveaux mots qui entrent dans mon vocabulaire. Puis sur un autre feuille, l'ensemble des informations pour entrer en contact mais, le tout visuellement inaccessible.

Affiche lisible au bout du nez seulement. J'hésite puis de la main gauche, je prends la clenche pour assurer ma stabilité car le seuil est mince. Je m'appuie du bout des pieds sur celui-ci.

Mes verres progressifs ne servent à rien. C'est pour la vue lointaine ou la lecture basse d'un livre.

Je bascule la tête pour placer la partie lecture face aux petits caractères, puis soulève mes lunettes pour adapter la focale.

Je me sens comme un marticot, un singe à lunettes. Dans ma tête impossible de mémoriser les chiffres du téléphone, impossibilité handicapante depuis des dizaines d'années. J'en mémorise la moitié.

Je descends de mon perchoir, puis note sur un bout de papier sorti de mon portefeuille la moitié du numéro. Je repars à l'escalade pour la deuxième partie, redescend et note.

Les sentiments m'agitent, la colère, la déception.

 Qu'est-ce que c'est pour une ASBL, qu'est ce pour un accueil?

 Quel genre d'appui peuvent-ils apporter s'ils n'ont même pas pensé à la visibilité de leur affiche, à une lecture, à l'accueil d'un passant.

Je poursuis ma route. Ma marche reprend, m'apaise légèrement. Le rythme de mon pas agi lentement. Mes émotions se calment. Au carrefour suivant, un parfum de fleurs m'envahit. Ce n'est pas un tilleul, je l'aurais reconnu. Il est fort, puissant, apaisant. Je cherche l'origine de ce nuage d'apaisement mielleux qui m'encense.

Je remonte de quelque pas, l'allée du château et m'arrête, l'arbre est là devant moi, j'en voie les fleurs qui se dressent blanches au-dessus de larges feuilles vert clair.

Je ne prendrai pas contact avec ce service inhumain. J'interrogerai la nature lui confierai ma peine. Je reprendrai racine dans ce don du ciel, dans le petit cercle d'amitié qui m'entoure, auprès de ceux qui ont franchi ma porte pour m'apporter leur compassion leur chaleur humaine d'une accolade ferme et sincère.

Sans doute, une recherche dans un navigateur m'apporterai-t-elle l'information souhaitée mais aurait-elle du cœur.

Derrière la façade, qu'y a-t-il comme âmes compatissantes, comme écoute attentionnée. Sans doute des bonnes volontés. Mais ce deuil à faire, n'est-il pas dans mon chemin quotidien, dans les petits pas, dans le quotidien de ceux qui m'entourent.

À nouveau le paradigme de Béatrice Brutaux est devant moi. J'évalue la situation.

Ils sont loin de moi, dans leur tour d'ivoire, dans leur charité bien intentionnée. Je les mets loin de moi, le genou à terre devant leur savoir qui me domine.

Non, non, je suis dans l'autre partie du paradigme, dans la communion et comme cette senteur, ce baume sur ma douleur, elle sera dans la communion avec la nature,avec la présence  de ceux qui ne manquent pas leurs rendez-vous d'amitiés.