17/06/2012

Le gastéropode.

rscargot, gastéropode

Le travail de correction qu'elle m'avait apporté,  grâce aux remarques, me permettait d’améliorer la lisibilité des textes et de corriger les fautes d’orthographes qui m’avaient échappées. Relire les textes, un par un avec le recul du temps, me faisait entrevoir la dispersion de ceux-ci et le bienfondé de la nouvelle catégorie « Pages » qui les grouperaient autour de plusieurs thèmes. La lecture en serait facilitée. Si le quotidien ouvre des sujets bien différents, les regrouper améliore la transmission de l’ambiance familiale, de ses questionnements. Une atmosphère, une vision s’établirait plus aisément.

Les corrections avançaient à petits pas, vu les nombreuses manipulations à faire pour récupérer le texte original, le mettre à jour à travers la nouvelle version du traitement de texte, le corriger et le poster à nouveau sur le blog. Je progressais lentement à la manière d'un escargot laissant derrière moi une trace que j'espérais meilleure et plus attrayante.

Symboliquement la métaphore de l'escargot avait fait partie  de l'entretien que j'avais provoqué en remerciement du travail de correction. Ce mollusque aérien s'était introduit dans la conversation subrepticement comme pour apporter un message subliminal.

Était-ce un animal totem, un témoignage passé qui voulait attirer l'attention sur un point sensible du moment ?  Lors d'une balade précédente, j'en avais photographié un, évoluant sur la branche d'un arbuste, à la croisée d'une fourche, hésitant entre la branche de gauche ou de droite.

Était-ce une invitation à une prise de conscience ; de l'aspect fermé structuré et rigide, de l'aspect mou, informe et souple qu'il y avait en moi ; de la nécessité de passer de l'un à l'autre en fonction des circonstances ? N’était-il pas une métaphore de la vie ou de l'environnement changeant que constitue la société.

L’escargot semblait avoir résolu, un dilemme. Un minimum de confort permanent sur son dos et un brin de retrait, une rétraction et bonjour la protection, la sieste, le repos.

N'était-il pas plus l'image d'une attitude de replis, de fermeture, d'immobilité.  Mes omoplates tendues, faisant le gros dos pouvaient être lues comme un sac carapace, une coquille. Comme l'impossibilité de se laisser aller dans le courant de la vie. Pressentant que celle-ci, inéluctablement, nous conduit dans un univers réduit limité à la fin de notre parenthèse de présence dans le monde.

N’était-il pas aussi le symbole du voyageur emporté dans une quête quotidienne droit devant par monts et par vaux. Par sa souplesse s'adaptant au terrain, grâce à sa rigidité prenant le repos mérité après l'angoisse de l'espace inconnu toujours devant.

Intimité entre le squelette extérieur et la chair, jeu de balancier entre l'un et l'autre, dans un mouvement lent et sobre, dans un déroulement progressif sans tension, en souplesse.

Au fond ce symbole me plaisait comme l'eau qui se met à la forme du vase sans vouloir changer celui-ci. Comme le vase qui malgré sa forme particulière accueille l’eau simplement.

Être contenu ou contenant être l'un ou l'autre alternativement.