14/02/2008

L'attachement.

hérédité,abandon,rupture d'attachementLa rencontre

Moments de grâces. Ce Lundi matin, les coïncidences se succèdent pour finalement me conduire à la machine à café au fond du bureau pour un moment de pose avec une collègue. Une autre collègue que je ne rencontre jamais, dans cet endroit, est devant la machine et attend son café.


L’autre collègue

Mère de trois enfants, elle attend la livraison de son café.  « Alors, dis-je tu as survécu à la semaine de congé ? ». Avec ses trois enfants et son boulot, cela ne dut pas être facile.
« Je n’en reviens pas me dit-elle, mon fils (2 ans) ne m’a pas regardé quand je l’ai repris après la semaine de vacances chez ma sœur. Il ne voulait pas m’accueillir, m’embrasser. Alors que tout s’est bien passé, Il m’a fait la tête. J’en suis toute retournée. »

Retour en arrière,30 ans plus tôt.

Alors que nous revenions d’une semaine de vacances pour reprendre notre fille d’un an et demi, qui avait passé la semaine avec ses grands-parents, celle-ci nous avait tourné la tête, sans le moindre geste d’accueil, comme si nous étions sa mère et moi des étrangers.
La scène est là devant mes yeux, toujours vivante remise à la surface de ma conscience par le récit de cette collègue, une fois encore. Scène douloureuse, marquée au fer rouge, indélébile dans ma mémoire.


 

Lignée des mères

Décembre, l’année dernière.

Ma femme s’était faite constellée (*) à une soirée à propos de son rejet professionnel de la place qu’elle occupait depuis 20 ans et de sa difficulté à assumer au quotidien la décision de son chef qui la renvoyait brutalement, après un préavis de prépension à la maison.
Selon la technique de fonctionnement de ces constellations, sa remplaçante et celle de sa mère miment la rupture du lien maternel. Elles sont à distance, ne peuvent pas aborder la rencontre normale entre mère et fille. L’accolade est impossible, le lien est rompu. Il y avait eu dans le passé de ma femme rupture de l’élan vers la mère. Il y avait eu séparation. La scène d’il y a 60 ans se rejouait.

L’animateur, les représentants ne la connaissent pas. Ils rejouent son drame, le drame vécu quand elle avait deux ans, lors d’un abandon de vacances. Cela, je le savais, je l’avais compris à partir d’un album de photos de vacances de ma belle-mère, passé entre mes mains. Les photos l’attestaient, celle-ci avait placé sa fille, 60 ans plus tôt chez sa sœur, pour s’offrir enfin après la guerre, le voyage de noce différé dont elle rêvait.


L’histoire repasse les plats

Ma belle-mère a placé sa première fille, ma femme. Celle-ci la sienne quand elle avait l’âge qu’elle avait à son placement de vacances, Rupture impossible à assimiler, reproduite par symétrie, héritage comportemental. Retour du temps, le sentiment d’abandon de rejet, vient de réapparaître à la constellation familiale. L’événement vit toujours en elle, chez ma fille. L’attachement a été rompu, il l’est toujours.
Le temps n’existe pas, le temps n’existe plus, la blessure couve. Elle est recouverte de stress, de peurs, d’angoisse sourde. L’abcès 60 ans après est toujours là, vivant, impossible à regarder malgré le temps passé.

 

(*) Développement personnel- Constellations familiales selon Bert Hellinger.

Lignée des mères