14/02/2007

Psychogénéalogie

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A la lumière de la théorie de psychogénéalogie, j’avais relevé l’ensemble des dates des principaux évènements, dans les différents documents disponibles. Un fait marquant était apparu, le décès de l’arrière grand père et trois mois après celui de son premier fils. Mon grand-père, son demi-frère avait alors 15 ans. L’histoire familiale ne parlait pas de cela, Etait-ce trop vieux, trop loin dans les mémoires. Fait étonnant, on venait de le voir, il n’occupait pas la tombe familiale ?


Le grand père paternel.


Mon grand-père, né d’un deuxième mariage, avait du ainsi vivre des événements majeurs alors qu’il était adolescent. Son père et son frère étaient  disparu presqu’en même temps. Son portrait occupait chez la grand-mère, sur le mur du living, une place de choix. Vu sa taille, il était impossible de ne pas le manquer. C’était une photo le représentant à mi-corps. De son mur, il avait un rôle d’observateur, distant, imposant, muet. Une maladie impossible à soigner avant la deuxième guerre, l’avait emporté en 1927. Elle avait rapport à la thyroïde et portait un nom étrange, la maladie de Basedow. A son sujet, ma mère ne rapportait que le fait qu’elle s’était opposée au projet de sa belle-mère de me faire porté le prénom de son mari.


La grand-mère paternelle.


Par fidélité, elle ne s’était pas remariée et avait géré sa vie modestement imposant à mon père de quitter la vie d’étudiant. Après sa rhétorique, il avait repris le porte feuille d’assurances que son homme avait constitué pendant ses années de comptable à la sucrerie voisine. Mon père n’avait pas fait le deuil de ses études manquées et quelque part, il devait avoir accumulé de la colère contre elle, de l’avoir ainsi coupé dans son élan d’éducation.


Souvent la nuit, sa sœur occupant l’autre moitié de la maison l’entendait appelé son homme , « Eugène ! Eugène ! ». Ce cri faisait partie de l’histoire familiale. L’attachement qu’elle avait pour lui, ne s‘était pas transformé avec le temps en douce affection, en souvenir. Il hantait encore ses nuits pendant notre enfance trente ans après l’événement. Une prise de distance n’avait pas été possible, le deuil ne s’était pas fait. Elle ne pouvait d’ailleurs pas pleurer. A la mort de ses fils, elle n’avait pas pu verser les larmes trop longtemps retenues par un barrage de douleur.


La lignée des pères.


Dans les étapes d’évolution de mon fils, vers ses 19 ans, j’avais du affronter un élément majeur, justement à la Toussaint, jour de deuil, sa volonté d’abandonner ses études. Remettait-il en scène, le fait que mon père, orphelin avait du, humanité terminée, arrêter ses études et se mettre au travail pour assurer la survie de sa mère et son frère.

M’apparut alors, consciemment que sur trois générations, à l’adolescence, trois fils successivement se trouvaient orphelins de père. Trois pères n’avaient connus leur fils que comme adolescents. Trois fois la chaîne des générations s’était rompue douloureusement.


Date de naissance.
 Comme dans la théorie psychogénéalogique, ma date de naissance correspondait, à quelques jours près, à la date de décès du grand-père, d’une certaine manière, l’inconscient des pères se remémorait de l’événement, et après la disparition d’un membre du clan, remettait en route la vie, en compensation, à la génération suivante. En plus, la date de mon mariage correspondait à la date de mariage de mes grands-parents paternels