10/05/2015

L'album de famille, coté mère.

L'album de jeunesse de ma mère attendait dans le hall d'entrée d'être emporté à la réunion familiale pour être parcouru et évalué. Fallait-il encore garder ses mémoires qui faisaient parti de notre vie, nous ses enfants. Mémoire enfouie, mémoire cachée qui s'exprime sans doute encore derrière nos comportements.

Puissante relation que le lien maternel.

N'était-ce pas la nature de ce lien qui était en jeu ce mois suit suite au départ de notre  fille.

Une relation fondamentale s'était brisée, relation de souffrance qui réveille celle vécue en tant qu'enfant par rapport à notre mère.

Un deuil a traverser, à dissoudre dans un sens comme dans l'autre.

C'est sans doute ce que signifie la parole de l'Évangile « Il faut quitter son père et sa mère » pour s'engager dans la vie.

Dans quelle mesure nous les enfants de Jeanne, avions-nous coupé le lien avec elle.

L'avions-nous placé dans une mémoire affectueuse et tendre sans regrets de ce qui avait été reçu, dans l'acceptation complète des moments vécus avec leurs points positifs et négatifs ?

Lien coupé qui renvoie à la cicatrisation de la plaie. Liens vécus vers une mère suffisamment bonne qui s'était sacrifiée pour que ses enfants aient la meilleure vie possible.

Album qui pouvait mettre en avant la mesure du deuil effectué.

Comment se tourner vers ses enfants si nous en tant qu'enfant, nous n'avons pas encore cautérisé le lien rompu vers notre mère.

L'image du M revient, celui de la première lettre des prénoms des nombreuses conquêtes féminines de mon frère à commencé par Mimie, puis Marie-Thèrèse et bien d'autres M. .

Toujours en quête d'une autre femme au prénom commençant par M. , car impuissant à affronter sa rupture à la mère. Ne sachant choisir entre les M, abandon du M de mère et du M de Maman, ne sachant accomplir et dépasser la perte, ne sachant emprunter le pont du deuil, vers la femme au prénom sans M.  Femme qui n'est pas mère et qu'il recherche.

Femme qu'il a peur de trouver, et qui se présente, avec encore un prénom commençant par M , femme qui  l'a conduit à l'AVC car elle représentait ce qu'il avait perdu de sa mère, l'attachement sécurisant durant la portance. Souvenir corporel insupportable.

Lien difficile à mettre à jour.

Album qui n'a pas quitté son emplacement provisoire dans le hall. Acte manqué.

 

 

04/10/2006

Photos

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Le pèle-mèle.

Pour me rendre à une session de développement personnel appelée « Se libérer des entraves du passé », j’avais du, en préparation, faire quelques recherches dans le tiroir des photos de famille. J’en avais retiré quelques unes de mes parents, de mon enfance,de mes frère et  sœurs du temps de la fratrie. Rangées avec les gouaches, le matériel de dessin, des feuilles A3, elles faisaient partie du kit demandé par l’animatrice pour nous mettre à l’œuvre le lundi suivant, premier jour de la session.

Alors qu’il en ignorait les préparatifs et probablement la date du départ, mon fils était passé, ce samedi,  en coup de vent comme à son habitude. L’idée lui était venue de nous emprunter un cadre, les photos qui lui manquait, les photos de ses sœurs,  et de nous, ses parents pour constituer le pêle-mêle qu’il voulait mettre dans son nouvel appartement.

Cela m’avait après coup surpris car je ne pouvais manquer de voir la simultanéité qui était en train de s’établir, de part et d’autre comme en symbiose. Parallèlement par les photos,il se reliait à moi, à nous, juste au moment où j’allais travailler le lien qui me reliait à mon passé et mes parents.

Cela n’avait pas l’air de lui poser problème, le problème était chez moi. En effet, je n’avais jamais mis dans les pèle-mêles familiaux,  la photo de mes parents, à coté de celle de mes beaux-parents pour indiquer à nos enfants leurs doubles  origines. Visuellement la place de mon père et de ma mère n’était pas occupée.

Je faisais de la généalogie dans les fichiers, les arbres généalogiques, les microfilms sans étaler en plein jour mes auteurs. Le lien concernant mon coté père, mon coté mère ne se voyait pas.

C’était vraiment paradoxal. Une fois de plus  le dicton, « C’est le cordonnier qui est le plus mal chaussé. » trouvait son expression.