18/01/2009

Le mail des abeilles.

ruches,apiculture,tradition familiale

Un mail venait, en cette période d’hiver, m’alerter sur le rôle que chacun pourrait jouer dans l’écologie des abeilles. Il venait d’une de ces chaînes qui pour des tas de causes différentes vous invite « à faire suivre » à vos amis et connaissances. Le fond de ce mail était différent, sous l’information se glissait clairement un regard réflexif, sur l’attitude que chacun pouvait prendre face à ce problème. Le point qui m’avait le plus marqué était ; laisser pousser le trèfle de la pelouse car il représente de la nourriture pour les abeilles, comme toutes les espèces mellifères d’ailleurs.
Un simple regard sur ce texte et l’essentiel m’était dit.
« Es-tu acteur dans cette matière ? » Que fais-tu pour soutenir la cause proposée ? » Elle est essentielle pour l’avenir des enfants ! La pollinisation des fleurs pour obtenir des fruits ou son absence et l’engeance d’une nature stérile. Voilà l’enjeu de l’écologie
des abeilles.



Ruche2La ruche du 178.

J’étais renvoyé à moi-même.
Avais - je été acteur? Avais-je planté un arbre. Mon arbre totem, dans le langage des chamanes, existait-il ?
En l’honneur du baptême de Henri, mon petit fils, le seul du nom, j’avais reçu de ses parents un arbuste à planter. Grâce à eux, il s’intégrait dans la nature. Lui avait déjà son espèce Totem. Je n’avais pas la mienne. En regardant sur le chemin que j’avais déjà tracé, avant qu’il ne se perde dans le temps, je constatais que dans ma plus tendre enfance, mon père avait possédé et exploité quelques ruches. La dernière, transporté en souvenir, pourrit d’ailleurs au fond du jardin. Témoignage de ces moments d’enfance, elle est vidée de son essence, l’apiculture. D’outil, elle était devenue objet.
Mon père avait quitté son rôle d’acteur, de producteur de miel, d’aidant à la pollinisation. Mon père ayant mis la clé sous le paillasson, j’avais fait de même au nom d’une rentabilité disparue, attiré par la brillance d’un monde illusoire et létal pour lui-même. J’avais mis aussi cet outil qu’est la ruche dans la classe des objets de musée et dans notre lignée, personne n’avait pris le relais.


Que faire à présent.

C’était le dernier témoignage de ma vie passée et ce mail venait subrepticement me le rappeler. J’étais entré dans le carrousel de la société qui tournait à son profit, pas pour le vaisseau sur lequel nous naviguons dans l’espace encore aujourd’hui. Comme ceux qui défrichent l’Amazone, j’avais aussi abandonné toute considération écologique, je cherchais mon profit dans un autre savoir, accessoire. J’avais coupé un des pilotis sur lequel l’univers fonctionne.
Sur ce savoir de base, j’avais d’énormes lacunes et innocemment, sans voir, je participais au carnage des espèces modestement mais efficacement. Quelques années plus tôt dérangé par un nid, que je croyais de guêpes, et sous la pression des voisins, aussi ignorant que moi, j’avais contribué à faire disparaître un nid de bourdons pacifiques. Je n’avais jamais assimilé qu’ils étaient une sorte d’abeilles inoffensives, je les classais dans les inutiles car ils ne donnaient pas de miel, j’ignorais leur rôle et leur contribution dans l’écologie. Ce n’était pas les autres qui, c’était moi aussi.
Ma pierre à l’édifice devait être à nouveau rajoutée. Il me fallait aussi être acteur et plus spectateur. Etre acteur et le partager. C’est avec chacun que le monde peut changer. Ce mail renvoyé à d’autres contribuera sans doute a éveiller les plus attentifs et à redresser la barre modestement.