11/05/2013

Autour d'un bouchon de liège.

arnoldite,bouchon de lège,somatisationL'image du système de fermeture d'une bouteille de mousseux flottait dans mon champ visuel:le bouchon, soumis à la pression interne du liquide en champagnisation, était tenu en place par l'armature en fil métallique et assurait le maintien de l'étanchéité.

Image incongrue qui flotte dans mon esprit, l'image définissant on ne peut plus clairement l'état de mon épouse luttant contre le sentiment d'insécurité qui affleure en elle, prêt à se répandre dans son quotidien.

Elle bloque ses épaules et ses clavicules, maintient sa tête vers le bas pour empêcher ses émotions de sortir de sa gorge. Tous ses nerfs sont tendus, à la limite de leur élasticité pour empêcher celles-ci de sortir.

Une fois de plus, elle vient de changer de kiné, pour alléger ses tensions musculaires qui ont à présent un nom. Elle est victime d'une Arnoldite, compression d'un nerf particulier qui part des cervicales, par le milieu de l'occiput, vers le haut de la tête. Soupape ultime qu'il faut bloquer pour empêcher l'éjection de l'insécurité latente qui l'habite.

Sensation du passé qui cherche à s'exprimer et qu'un oui d'acceptation à ce flot à travers sa gorge, pourrait apaiser.

Elle se cramponne, bloque ces clavicules, son système supérieur à la manière du fil métallique torsadé qui empêche la pression de sortir de la bouteille de mousseux.

La kiné qui la soigne actuellement est également kinésiologue. C'est par elle que mon épouse a accepté l'idée qu'une insécurité profonde la travaille. Elle nous l'a annoncé quelques jours plus tôt.

Insécurité qu'elle partage avec notre fille aînée.

Un nom a été mis sur le symptôme qui l'assaille et qu'elle tente de soigner non pas par l'expression, dans le cri de l'enfant blessé, mais par les emplâtres de la faculté.(Médications et Infiltration). Il n'y a pas déficience, matière à médicaments, trouble fondamental. C'est un vieux sentiment qui cherche son expression et qui empêché, mobilise des maux, par des tensions pour crier sa peine.

Poursuivra-t-elle cette notion exprimée en mots, par une acceptation corporelle et une purge des tensions ? Ses insécurités fondamentales cachées occupent toute sa vigilance et l'empêchent d'être légère et joyeuse. Tombera-t-elle toujours dans l'agressivité et l'irascibilité qui lui permettent de renforcer encore et toujours ses blocages, enfermant ce sentiment qu'elle fuit depuis si longtemps par son activisme ?

Elle aurait besoin d'accoucher des peurs, des angoisses, des insécurités. Elle aurait besoin d'une main qui la sécurise et dont elle ne veut pas.

Scénario du no man's Land, où elle ne peut ni avancer car ce serait l'ouverture du sentiment tant craints, ni reculer car la pression est trop forte et elle risque en y mettant sa perception de ressentir l'indicible qu'elle fuit.

Toujours plus de blocage, contre plus de pression jusqu'au moment où une catharsis interviendra dans l'ouverture d'une valve, d'une fissure. Souffle imprévisible ou fixation dans une maladie invalidante.

Acceptera, n'acceptera pas. Elle en parle semble y voir un sens. Mais osera-t-elle enfin libérer la pression causée par ses douleurs d'enfance ?