02/02/2013

La trêve des confiseurs.

résolutions, programme, réunions neuves,étonnement, synchronicité, attracteur étrangeLa trêve des confiseurs se terminait. Les activités en soirée allaient redémarrer en cette journée de rentrée scolaire. La vie reprenait à tous les niveaux. et la première cession des chants sacrés était prévue en fin de journée.

Le groupe réuni en cercle comme à l'habitude était maigrichon : plus d’une voix manquait à l'appel. Le choeur qui de prime abord s'annonçait faible atteignit, grâce à quelques retardataires, sa masse critique celle que je lui souhaite chaque fois pour une ambiance confortable.

L'exercice d'échauffement vocal par les voyelles me semblait facile, léger.

La toux qui avait empêché ma participation les fois précédentes avait enfin disparu ; je pouvais inspirer et expirer à l'aise. La séance suivit son cours normal.

Avant que la salutation finale ne mette fin à la réunion, chacun et chacune prenant le bâton de parole à tour de rôle, avait émis un petit commentaire sur la séance. Ce rituel terminé, le groupe avait hésité, aucun élan n'avait entraîné les membres à se lever. Pour la première fois depuis des années, une inertie clouait chacun sur place. L’envie de prolonger le groupe restait présente, juste le temps d'échanger avec ses voisines. Un niveau d'expression neuve venait de se mettre en place, une nouveauté se vivait simplement par la parole échangée en cercle.

Quel était l'élément déclencheur, le pas qui avait été fait pour que cette attitude calme et sereine du groupe se mette en place ? Un fait neuf inattendu venait de se passer. J'en fis part à ma voisine de droite, l'animatrice. Que s'est-il passé pour que ce niveau de convivialité soit atteint ? Mystère répondit-elle.

Cela se passait simplement, un seuil venait d'être atteint. Était-ce le dernier mantra qui avait ouvert cet espace de cohésion d'attachement ? Était-ce un cercle plus serré renforçant la convivialité, créant un autre magnétisme, plus attractif entre les membres du groupe ?

Le mystère était complet, l'expérience étonnante et surprenante ; décortiquer l'événement spontané ne risquait-il pas de le détruire ?

Le lendemain au cours de "gymnastique douce" au moment de la détente finale et des mouvements d'animation pour se remettre debout et terminer la cession, un événement nouveau était aussi apparu. La fin de la cession prenait là aussi une autre tournure bien différente des fois précédentes.

Un nouvel indice, un nouvel attracteur étrange, apparaissait bloquant le signal de départ. Chacun était resté sur place,  en attente, figé, écoutant le commentaire d’une participante.

Elle rapportait à l’animatrice son expérience d’une machine, d’un engin d’assouplissement et des sensations que celui-ci entrainait dans le corps.

Je portai aussi mon attention à ce qui se passait car l’engin d'assouplissement m'était inconnu. La « chimachine », me semblait être un engin digne d'intérêt qui avait rapport à un des exercices de détente fait en séance ; à savoir secouer successivement, de gauche à droite, les pieds, les jambes, le bassin, les épaules dans un effet de serpent.

Puis une participante d’origine étrangère, présenta des petits gâteaux de Noël semblable à ceux de son pays. Une convivialité neuve venait de se mettre en place rassemblant pour la première fois, le groupe de participants. Une fluidité autre s'incrustait cassant un peu l'individualisme généralement présent dans ce cours.

Mon étonnement était grand : par deux fois ces deux derniers jours, je constatais l'émergence d'une vibration autre, collective rassemblant les individualités dans une cohésion neuve et ce dans deux univers différents. Etait-elle l’émergence d'un nouveau paradigme, l’ouverture d’un espace autre en cette nouvelle année ?

Une troisième réunion remplissait le début de la semaine, la rendant presque complète et par celle-ci entrions aussi dans un autre espace.

Cette réunion mensuelle tombait au début de chaque mois et comme en décembre le chauffage était insuffisant dans la salle utilisée, l'animatrice nous avait invité chez elle pour être au chaud. La taille du groupe s'était doublée car plusieurs personnes généralement présentes le lundi nous avaient rejoints, portant le groupe à dix personnes.

L'énergie du groupe était différente, malgré sa taille. Tout en restant gérable pour l'animateur, il ne donnait pas la même intimité que celui du mois précédent. L'objet de la réunion portait sur un domaine intellectuel, sur la décortication d’un texte et de ses sens possibles. Quelques considérations nouvelles semblaient apparaître mais ne changeraient rien au comportement des participants. On restait dans la sphère mentale.

C'était bien différent de l'atmosphère des deux autres réunions.

Une participante essaya d'intégrer, les exercices intellectuels dans le quotidien, mais sa tentative échoua. Il ne fut pas question de dire, pour moi aujourd’hui, c’est cela que cela représente. Le monde évoqué n’était que virtuel. Ce n’étaient que des paroles sans consistances.

Le texte demandait de passer dans un autre monde, de quitter le sens virtuel, abstrait, intellectuel, de premier niveau, pour aller à un autre niveau plus profond, concret. Personne ne réagissait, n’entrait dans la proposition de "Voir ",  de quitter son schéma de pensées pour entrer dans un schéma nouveau. Mais comment le faire sans la présence du corporel, de la réalité, de la présence de l’autre ?

Semaine chargée, s’il en est avec la session de méditation du samedi, qui entra elle aussi dans une phase nouvelle. En m’approchant, de la salle, j’avais entendu une musique douce, sonorisation marquante car les fois précédentes, c'était le bruit des voix qui occupait l'espace. Pénétrant dans la salle, je percevais une atmosphère de recueillement, de sérieux, de majesté presque, qui rendait l’intériorité puissante et  impérative.

En fin de réunion, les animateurs avaient marqué leur surprise du sérieux qui s’était installé malgré eux.

Quelque chose de mystérieux planait ce jour-là.

Semaine de retour aux différentes activités, nouveaux étonnements.

Nouvelle année.