12/01/2013

Bilan de l'année 2013.

Fête de famille, bilan, résolutions,

Une nouvelle page blanche s'ouvrait devant moi non pas parce que je voulais ce choix pour commencer avec dignité ce basculement dans un nouveau millésime mais plus prosaïquement, parce que la page précédente était remplie. La citerne des fêtes, pleine au ras bord, débordait non pas de joie mais de fatigue, de morosité. Trop, c'était trop. La famille s'était réunie trois fois ces deux dernières semaines, chez l'un, chez l'autre parce que c'était les fêtes et que c'était ainsi.

Mais je n'étais pas rentré comblé, quelque chose manquait. Manque de préparation, manque d'imagination. Il n'y avait pas eu de bilan, nous n'avions partagé que la proximité, l'être ensemble, les plaisirs de la table.

J'avais tenté de proposer de faire un tour d'horizon pour partager un moment joyeux, une surprise, une découverte de l'année mais l'idée était tombée à l'eau comme une incongruité. Je ne l'avais pas formatée, il est vrai sur demi feuille de papier comme support.

Je n'avais pas proposé un temps de réflexion, en montant au créneau, pour animer l'assemblée. Faire sortir du train-train quotidien tout le monde n'est pas évident. Traditionnellement, on cause de tout et de rien.

Trois cent soixante-cinq jours environ se sont écoulés. Furent-ils si mornes et si fades qu'il ne fut pas possible d'en tirer une anecdote personnelle, un petit moment différent surprenant. Il aurait être possible de rire à propos d'un lapsus, d'une démarche qui tournant court, d'une réponse inattendue. Bref un piment de vie à partager. On aurait pu ainsi introduire le rire dans la fête familiale.

Si j'avais exposé ma demande un mois plus tôt afin que chacun se prépare, aurais-je obtenu plus d'enthousiasme, plus de participation ? La solution était-elle là ? J'en doute. Qui aurait lu la demande, qui aurait pris le temps d'arrêter la course à « toujours plus » pour calmement faire le point.

On aurait pu aussi, comme dans un groupe où je participe, prendre la parole à tour de rôle pour que chacun soit écouté dans ce qu'il voulait partager à l'assemblée de bon, de joyeux : j'aurais aimé que chacun prenne la parole, pour dire sa découverte, son étonnement, pour exprimer un saut de perception, une découverte étonnante, l'ouverture d'un autre domaine de connaissance.

Au fond, si j'en reviens à l'image du post précédent, que chacun puisse se rendre compte dans sa vie, d'un moment lumineux, d'un moment exprimant le passage d'un état d'indifférence à un état de surprise, de joie, de tendresse.

Un moment de sa création "d'être qui va marchant, devenant" comme le dit F. Dolto. Dans le respect de chacun, dans la lecture sur le visage du changement créé en lui, on aurait vécu des temps de grâce. Peu importe si la découverte n'était pas à la mode, du dernier cri : ce qui me semblait important, c'était de partager le passage d'un état donné, à un état plus riche, plus vrai, plus heureux.

Mon rêve est venu un peu tard, je n'étais pas dans l'état de veilleur, dans l'anticipation. Voilà une bonne résolution mais qu'en adviendra-t-il dans trois cents jours ? Serais-je attentif pour me dire : " Comment être plus ensemble, en étant vraiment chacun, le jour de la fête de famille ? Quel chemin prendre ? Comment procéder ?