26/10/2006

L'alcôve du chalet.

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Cette émotion face au pic-vert et à son apparition sur la pelouse me poussa à revisiter le temps de la session. Dans ce petit coin de paradis, près de Chamonix, d’où l’on apercevait le Mont Blanc par beau temps lors des promenades du midi, l’oiseau avait déjà été présent. Sa présence bruyante résonnait dans les bois qui entouraient le chalet.

Cet endroit et surtout l’émotion d’infini, de majesté du lieu, les montagnes au loin, le premier jour, étaient comme l’ouverture d’une parenthèse.

Le temps du repas consacré à la rencontre et à la prise de contact avec le petit groupe de participants, avait aussi apporté sa part de sensations, d’appréhension, d’inconnu. Nous avions ensuite pris possession du petit appartement mis à la disposition des trois hommes. Les quatre femmes se répartissaient le studio et un autre flat comme il était convenu à l’inscription.

Je m’étais ainsi retrouvé dans une alcôve comportant un lit double entouré d’un minimum d’espace vital. Cet espace clos, m’avait dérangé tout de suite par son exiguïté, par l’absence d’ouverture vers l’extérieur et par cette enveloppe boisée au point de déclencher au cours de la première nuit, une crise d’angoisse.
Toute ma tête et ma présence d’esprit avait été nécessaire pour me raisonner, m’apaiser face à cette sensation qui montait du ventre. Les techniques de respiration abdominale, apprises plus tôt, m’avaient permis de limiter celle-ci. Pendant de nombreuses minutes, mémorables, j’avais lutté contre l’oppression et l’impression d’étouffement qui s’y mêlait. Sortir et montrer cette faiblesse aux autres ne m’était pas possible aussi j’avais poursuivi l’affrontement pour apaiser au mieux ce qui venait à moi.
La vague était passée sous mon regard de technicien lentement mais sûrement. Je m’étais détendu. Le moteur tournait, l’oxygène arrivait par la fente sous la porte et comme les lois de la physique étaient de mon coté qu’avait-je encore à craindre. Que demander de plus, sinon le sommeil. Vu mon état de fatigue, celui-ci était quand même arrivé alors que je contrôlais une fois de plus mes paramètres vitaux.

Puis le programme s’était déroulé comme une partition de musique, autour des thèmes proposés.  Les sessions de travail qui se vivaient en cave, nous avaient, tous conduit sur les traces de ce passé, si présent en nous et que chacun essayait de démêler avec comme fil rouge les photos placées par chacun sur son poster personnel. Puis chacun des participants avait repris sa route.