02/06/2013

Au bord de la mer, avec mon aînée.

confidences,mémoire du passé,derrière le rideauAlors que mon esprit vagabondait en ce début de célébration, une idée surgit nette forte comme pour faire une synthèse des nombreux questionnements que la rencontre d'un jour, à la mer,  avec mon aînée avait mis en place. Elle et son compagnon, dans leur génosociogramme, n'avaient pas d'arrière grand-père paternel. Des deux côtés, une béance qui n'était pas sans laisser de traces. Une absence de racines qui semblaient encore jouer un rôle dans leur quotidien qui devenaient de plus en plus conflictuel. À la fête de famille, autour d'une communion solennelle d'un cousin, son compagnon s'était retiré de l'ambiance familiale qui lui pesait, semblait-il au grand étonnement de tous. Il marquait ainsi à nouveau son incapacité à faire la fête, rappel douloureux de son incapacité à convoler en justes noces avec elle.

Comme si tout engagement sociétal était banni, abhorré. Le rôle des pères encore une fois, était trop faible, vague marqué par un traumatisme ancien.

Du côté du compagnon, j'entends encore son père se reprendre sur la tournure d'une de ses phrases qui éliminait son père alors qu'il était bien présent auprès de sa mère. Le père n'avait pas associé ses parents, comme si la chose n'était pas possible alors qu'il s'agissait de la charge affective de sa grand-mère qui était fille mère.

Vu d'une autre manière, c'était leur absence au niveau du village. Ni ce compagnon, ni son père n'en étaient partie prenante, à la fête collective qui se marque dans le village par les marches. Mon petit-fils n'était pas intégré à l'école car il prenait de haut ses compagnons. Il n'était pas attiré par l'ambiance populaire autour de tous les uniformes de la Grande armée. Ma petite fille allait en faire partie en recevant le costume d'époque et s'initier aux rites des "Grenadiers."

Leur génération semblait marquée par ces faits anciens, explicités par le refus du mariage de ma fille pour cacher l'ancêtre. Je n'avais pas encore pu approcher les dates majeures de sa vie car il était l'objet d'un tabou généalogique.

L'image des hommes gouvernait toujours alors qu'idéalement parlant, il aurait fallu quitter cette image pour la remplacer par celle de l'adulte qui endosse ses choix et ses responsabilités. Il aurait fallu une conviction et des valeurs propres non pas en référence à d'autres mais par rapport à celle qu'on a faites siennes.

Une insécurité fondamentale avait été introduite dans la lignée et construit la trame de sa personnalité. Ma fille l'avait adoptée les yeux fermés car dans son apparence il semble fort, sûr de lui mais il cachait sous sa manière d'être cette béance. N'était-ce pas ce qu'elle aussi ne pouvait voir en elle et malgré elle ? Par sa dépression, elle venait de le découvrir. Lui comme elle avaient une insécurité fondamentale;  elle par une rupture d'attachement coté femme développée dans les posts précédents;  lui aussi par une rupture douloureuse qu'il portait en lui et que lui avait transmis son arrière grand-père.

La semaine dernière, il s'était offert un télescope pour étudier le ciel avec son fils, reproduisant à sa manière un questionnement fondamental par rapport à la lignée des hommes et dont j'abordais le thème pour ma lignée paternelle dans "Le père antérieur." 

05/01/2012

Hommages posthumes.

Bouleau-Nicky 6839.JPGCe 18 Décembre, une tension interne me poussait à repasser les événements de la journée d’hier, à revoir les interactions, les confidences qui auraient pu marquer la visite de nos 2 filles lors du repas de midi, pris en famille. Le sommeil m'avait quitté pour cet exercice et j'essayais d'apaiser par une respiration lente et profonde mon agitation mentale. Sans cet épisode nocturne je crois que je serais passé aux activités habituelles de la journée en manquant ce travail de mémoire.

Ma plus jeune fille était arrivée la 1ere avec ses 2 fils. Elle s'était couchée rapidement sur le divan. Elle souffrait d'une indigestion et  contrairement à son habitude, n'avait guère, la pleine forme. Le repas trop gras de la veille précisait -elle l'avait mise dans cet état. Une bonne heure plus tard à l'arrivée de l'aînée et de ses enfants, nous étions passés à table. Au repas  les convives n'avait pas fait grand cas des plats présentés. Les enfants n'appréciaient apparemment que le potage sans légumes apparents. Ils  faisaient la fine bouche devant les morceaux qui nageaient. Pourtant nos filles selon ma mémoire n'avaient jamais fait d'histoire avec les morceaux de légumes. La nourriture n'avait pas été le champ de bataille que je constatais à présent, avec toutes sortes d'intransigeance vis-à-vis des formes et des goûts qui touchaient leurs papilles. À me dégoûter de  faire des efforts dans ce domaine. Manifestement mon clan n'appréciait plus les menus de leur enfance. La nourriture était-elle devenue un langage d'affirmation, de rejet. Même la bûche de Noël ne trouva qu'un intérêt distant. Et pour une fois que j'avais fait le pas d'en acheter une. 

Y avait-il autre chose qui plombait l'ambiance?

Après le départ des enfants en fin de repas, pour le dessin animé digestif, nous avions eu l'occasion d'échanger. Qui avait lancé le sujet, L'aînée sans doute pour rapporter à la plus jeune, ce qui s'était passé chez la praticienne de bio énergie. La communication établie, j'avais lancé le sujet autour du deuil de la grand-mère de ma femme et mentionné que la mère de celle-ci était morte un 19 décembre. La consultation de bio énergie et sa révélation avait ouvert un courant d'émotion qui résonnait chez leur mère par sa bronchite asthmatique. Le faire-part de décès de l' arrière grand-mère de ma femme dissimulé dans l'agenda familial par mon épouse, fut mis à table. Elles pouvaient ainsi faire virtuellement le lien avec Philomène la mère de Germaine qui avait disparu à 30 ans et que ma plus jeune représentait car elle était née à la même date que sa mort, en mars.

Qu'avait dû être le poids du deuil de cette grand-mère qui devait prendre en charge moralement ces 3 petites filles. Qu'avait-elle vécu? exprimé? À mon avis il ne fallait pas l'oublier car elle avait aussi porté le flambeau du deuil déchirant à ses petites filles.

Interrogé, mon aînée confirmait qu'elle avait à peine commencé la lettre de condoléances à son aïeule Germaine comme la dame de la bioénergie lui avait recommandé. Elle semblait hésiter devant la proposition courante en psychodrame d'utiliser un courrier pour extérioriser la détresse qui  l'avait envahie, pour créer la catharsis, et évacuer  les émotions du deuil non fait par la parole. La somatisation où la tentative d’éliminer par les voies digestives les émotions qui accumulaient à ce sujet était une impasse.

Il me semblait qu'on parlait à la fois de Philomène et Germaine, mère et fille, sans pouvoir distinguer de qui il s'agissait. Dans la  pile du temps, nous étions autour de la date du décès de Philomène(*). Je penchais plus pour celle-ci. Il fallait quand même noter que le 1e marasme de l'aînée avait été oublié et espérons le, dissous à partir du 17 mars  date du décès de Germaine et que le 2e marasme de ma fille s'était développé dans 1 période de temps qui précédait le 19 décembre date du décès de Philomène. Par contagion, mon épouse avait résonné au niveau des bronches et confirmé ainsi qu'il s'agissait bien d'elle. Une tâche importante restait à faire. Notre fille et ma femme devaient extérioriser la souffrance enfouie en s'inclinant sur leurs tombes pour y déposer une fleur, une lettre. Circonstances aggravantes, elles négligeaient le lieu de leur sépulture. (**) Cette  double tâche pouvait être faite à leur niveau. Elles pouvaient s'incliner ensemble sur les tombes. Probablement qu'aucuns mots n'avaient été, dans l'histoire placés sur ces événements et à l'image d'un secret de famille, le deuil non-fait s'était transmis dans la lignée des mères pour les toucher l'une et l'autre. Hasard de la vie. Mon épouse venait le matin même de ce petit dîner via un groupe d'animation des funérailles en constitution de faire sa 1e intervention concrète au funérarium. Et quoi que l'on puisse objecter, je considérais cette circonstance comme fondamentale. Dans sa démarche extérieure, mon épouse prenait ses références, son expérience. Il  était plus que souhaitable pour la lignée qu'elle se l'applique aussi à elle-même et qu'ensemble elles honorent les aïeules.

(*) http://ale-gensyn.skynetblogs.be/archive/2009/11/03/philo...

(**)http://ale-gensyn.skynetblogs.be/archive/2011/08/05/promenade-d-avril.html