09/07/2012

Le potage maison.

cadeau empoisonné,conflit mère-fils,rejet mère,cordon ombilicalMon fils était au bout du fil à propos de la visite de sa mère le lendemain. Il apportait quelques précisions sur la déviation mise en place au début du village et sur la nécessité de prendre à droite pour passer devant l'église et ne pas aller se perdre de l'autre côté du village. Il ajouta alors « Dis-lui que je ne veux pas sa soupe et que si elle vient avec celle-ci, elle la reprendra. Je ne veux pas non plus de poulet. Samedi nous ne sommes  pas là ? ». Le message avait l'air d'être bien clair. S'il ne m’étonnait pas pour le fond, par sa forme il m'avait questionné. La violence de son propos m’avait heurté sérieusement. Depuis l'arrêt de son activité professionnelle qui épuisait toute son énergie, elle avait à disposition un potentiel d'activité qu'elle avait détourné au profit des produits « maison »,  le potage, et la mayonnaise surtout. Ces produits étaient devenus son étendard, son fanion et chaque fois que c'était possible elle en usait et en abusait. Avec le fils, elle utilisait ce support pour se lier, se relier a lui.  

Elle manquait son objectif car lui n'en voulait pas. Une animosité existait entre eux depuis quelque temps. Elle ne comprenait pas que pour l'atténuer, elle devrait répondre à ses demandes et non lui imposer son besoin d'offrir ses produits « Maison ». Le lien ombilical ne semblait pas coupé côté mère car elle lui déversait régulièrement ses envies. Il les rejetait sèchement, agressivement même. 

L'histoire des chemises me revenait en mémoire. Régulièrement elle lui offrait ce qu'elle pensait à son goût, sans avis, sans demande de sa part jusqu'au jour où il était revenu avec 1 pile de 5 à 6 chemises en lui disant « Je ne veux plus que tu m'en offres, ce n'est pas mon style. »

Depuis, pour les chemises, elle semblait avoir compris qu'il était indépendant et que son choix primait par rapport au sien. Cela l'avait peiné. Elle ne voulait pas voir qu'il était autonome, que cette autonomie souhaitée était fondamentalement à respecter.

N'était-ce pas pour cela qu'il s'était installé à plus de 100 km de la maison pour être sûr de ne pas supporter « ses bonnes intentions ! » C'était son fils, elle en était fière. Elle voulait le mettre en valeur faire de la publicité pour lui trouver de la clientèle pour tout, même ce qui n'était pas dans la palette de ses services. Pas étonnant alors que lorsqu'il avait fait un chantier dans la rue voisine, il ne fût pas même venu nous dire bonjour. Nous l'avions appris par des amis quelques mois plus tard.

Leur histoire avait mal débuté. Ce n'était que plus tard que j'avais fait le lien et constaté qu'à la base quelque chose avait manqué. Il n'appartenait pas à la lignée des femmes, c’était un mâle. 

Baigné dans l'atmosphère de suffragettes alimentée par sa mère, elle rejetait l'aspect mâle de l'homme. Porter un mâle n'était-ce pas l'impossible épreuve ? Après quelques mois de grossesse, déprimé dans son isolement, loin de ses parents, elle avait vécu une période difficile et rejeté plus d'une fois verbalement la grossesse qu'elle ne voulait  pas, qu'elle n'acceptait pas. Il lui restait quelque chose de cette atmosphère indicible qu'il avait vécue, de cette morosité dans laquelle il avait été porté. La trop grande proximité avec elle lui rappelait qu'à ce moment, il n'était pas fondamentalement accepté.

L'atmosphère avait bien changé pourtant, à sa naissance, elle l’avait cajolé soigné de toute son âme et de tout son coeur l'avait dorloté avec tendresse et fierté car depuis 2 générations du côté de la ligne des mères il n'y avait pas de fils. Le lien fondamental était bancal. Son
expression de rejet s'était marquée lapremière fois par une allergie au lait de
vache imposant le passage au lait de châtaignes. N'aurait-il pas aussi été dégoûté de ses purées à la carotte qui lui avaient donné un teint basané pendant des mois. 

Qu'y faire ? Elle refusait de se remettre en cause, n’acceptait pas de regarder sa propension à donner ce qui lui convenait, exprimait ses idées envers et contre tout. Elle refusait de prendre la distance nécessaire, de s'observer, de voir l'enchaînement entre causes et effets. Elle ne voyait que son élan d’amour et d’attention, le labeur de nourricière qu’elle offrait à son seul fils. Elle se sacrifiait envers cet ingrat qui n'applaudissait pas à son offre généreuse et à ses initiatives. 

Plus elle donnait, plus violemment il refusait.



03/05/2009

Le rêve utérin.


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Tout était parti d’une constatation bien réelle, d’un fait qui venait de s’imposer dans la vie quotidienne.« la coupure du lien virtuel à mon opérateur GSM ».
L’âge m’avait conduit à la fin de mon activité professionnelle et je me trouvais en ce premier mois de mes activités nouvelles en train de m’organiser pour survivre à cette situation quand mon GSM afficha le lien de survie. « Urgence seulement ». Mon lien au monde extérieur ne fonctionnait plus.
Seul l’accès aux services d’urgence demeurait possible. C’était une situation de crise.
Le GSM de mon épouse était dans la même situation. On venait de couper le lien virtuel, mon cordon ombilical au réseau et à mes contacts. Je venais de naître une fois de plus. Il me fallait réévaluer mon état d’abonné.


De membre du personnel, j’étais passé dans la catégorie « pensionné. » J’étais devenu client. Les règles n’étaient pas les mêmes. Et c’est là que le bât blessait, je m’imaginais relié à ma manière à l’opérateur et non pas selon les faits actés dans les procédures. D’un ensemble de règles qui se superposent comme un jeu de Lego, j’avais exploité les avantages posé sur l’élément de base et imaginé que ceux-ci étaient valables pour l’ensemble des pièces de la construction. J’avais pris une partie pour le tout et m’étais réconforté dans une situation qui ne pouvait tenir la route car du coté de l’ancien employeur la limite était définie clairement, nettement. La brique de base et elle seule.

Une fois de plus, j’étais revenu à l’exercice de clarification de la limite comme plus d’une fois, j’avais du le faire les dernières années,  notamment à propos de la mitoyenneté de ma propriété avec celle du voisin du bas. En parcourant chaque état de limite rencontré, vers le passé et vers l’enfance, j’arrivais par association à ce fait qui se clarifiait de plus en plus. Quelque part, je n’étais pas né psychiquement.  Je rêvais encore du grand tout, j’étais quelque part dans le rêve utérin.


La société.

Chez mon dernier employeur, un concept s’était clarifié au cours des mois. Un concept important à mes yeux, la similitude entre la société qui paie et donne l’occasion de consommer et de vivre et la mère qui permet à l’enfant de se nourrir et d’évoluer. De part et d’autre, une entité sur laquelle on s’appuie pour survivre, une entité dont il faut s’assurer les grâces pour bénéficier du flux nourricier indispensable. La culture familiale revenait ici en force. Quels outils avais-je reçus, pour cette survie ? Etaient-ils actifs ou passifs ? De quelles manières les avais-je fait mien et d’ailleurs les avais-je reçus correctement, balisés par mon père et ma mère ?
Comment mes branches maternelles et paternelles, avaient-elles fondés ceux-ci au cours de mes années d’éducation et qu’avais-je fait de ce que j’avais reçu ? 
La situation était complexe. 


Les croyances.

La période était elle idéale pour ce message qui me parvenait de l’extérieur. Il symbolisait le cordon non téléphonique mais ombilical et tout le rapport au milieu utérin. Etait-ce le moment propice pour aborder ce point délicat ? En tout cas, c’était un point d ‘appui pour une discussion au sein de mon couple ou je ressentais fortement du coté de mon épouse la nécessité de bénéficier de l’avantage que représentait ce lien, sans y apporter le moindre apport. Cela faisait partie de ses bénéfices gracieux,  permanents et sans limites donc, ses droits. Il était bien entendu qu’aucun devoir de gestion ne devait y être associé, tout était bénéfice. Son travail, dans un atelier extérieur, sur les croyances, arrivait juste à point pour aborder le sujet de la croyance plus particulière qu’elle avait, celle qui me semblait être d’un autre âge de développement de bénéficier vu son état d’épouse de tout, tout le temps et sans compter ou mesurer.

Un autre lien venait d’être mis a jour, ancien. Il représentait la première partie de la comparaison ci-dessus. Le rapport à travers son bénéfice perdu, à la mère nourricière dont la séparation n’avait pas été digérée.