11/10/2011

Mon papa.

Le sms répondant à mon souhait d'une journée fructueuse venait d'arriver après quelques minutes. Court et bref comme le mien. Immense et touchant .« Merci, mon papa ! ». De la part de mon fils, je ne l'aurais jamais cru possible, ce mot supplémentaire. Ce possessif n'avait fait fondre de joie, de tendresse. La journée d'hier passé ensemble y était sans doute pour quelque chose, mais il y avait dans ce possessif un univers nouveau inconnu, un terrain non encore parcouru et découvert.

Deux jours plus tôt chez ma fille, j'avais aussi eu droit à un qualificatif supplémentaire. Je n'étais plus Patou, le grand-père de ses enfants, mais j'étais devenu par la magie des mots, mon papounet ou mon patounet. Peu importe, là encore ce possessif m’était offert comme une cerise sur le gâteau.

Les durs moments passés ensemble pour sortir du trou noir avaient changé la relation en un lien plus chaleureux qui me faisait vibrer dans toutes les fibres de mon coeur.

Merveilleux petits mots exprimés par mes enfants valant tous les cadeaux du monde, dépassant toutes les valeurs financières, les valeurs en euros. Mots impayables, moments magiques m’appartenant , apportant un baume bienvenu sur les déchirements du moment dont ils ignoraient tout. Comme des anges qu'ils étaient de l'extérieur, il m'apportait réconfort et tendresse simplement, tendrement.

Dans la tourmente des jours qui me laissaient au tapis, comme une éclaircie, un cadeau, une médication bienvenue qui m'empêchait de douter de la providence.

Aussi loin que je remontais dans ma mémoire dans notre relation familiale il n'y avait jamais eu cette profondeur cette qualité de relations. Cette atmosphère neuve apaisante pesait sur le fléau de la balance pour me sortir de la profondeur des ténèbres où un psychodrame local m'avait conduit.

Épreuve neuve, bousculante, signe d'une rupture incompréhensible qui chaque jour revenait à ma conscience me questionnant m'interpolant.

« La confiance disait mon père, c’est comme les allumettes, cela ne brûle qu'une fois ». Tout était là. 4 ans d'investissement, d'enthousiasme sans mesure, l'impression de participer à la reconstruction d'une communauté venait d'être balayée en une fois. Comment accompagner celui dont la main droite ignore ce que fait sa main gauche. Comment entendre ce discours qui appel à l'amour de l'autre, si entre quatre yeux il n’est question que d'écraser le vis-à-vis pour avoir le pouvoir. Comment être dans le paradigme de la communion si l'on a pas quitté celui de la domination. Comment être serviteur comme dans la scène du lavement des pieds si l'on veut avoir le pouvoir et servir le pouvoir.