17/12/2011

Contenu-Contenant.

méditation,fusion,contenant ou contenuPour terminer la session de méditation, l'animateur nous lisait un petit texte à propos de la sagesse d'un gourou. La source de celle-ci était décrite précisait-il dans son testament. Quand il mourut, ses disciples voulurent connaître son secret. Dans son testament, ils lurent la phrase suivante. « Comprenez la différence entre le contenant et le contenu et la source de la sagesse s'offrira à vous.( *) » À trois dans notre petit groupe, nos réflexions se mirent en route et soudain l'évidence s'imposa. Elle était la clé de la réflexion de cette période de temps. Faire la différence !

La conversation du jour précédent avec ma soeur revenait en surface dans mes pensées, illustrant ce thème. Au bureau, dans sa tâche au service du contentieux, elle devait distinguer si l'imposition était faite selon la loi et rejeter ce qui n'était pas basé sur le code des impôts. De distinguer le juste, de l'interprétation l'avait rendue « bouc émissaire » des services de taxation et conduit à la longue au burn out. Elle devait trancher à propos de la validité de l'impôt en s'appuyant sur la loi et non sur l'envie, la jalousie, l'indifférence, l'approximation, l'irrespect de ses collègues taxateurs envers les contribuables. L'impôt était justifié si la loi en définissait le champ. Les apparences de richesse, de moyens disponibles n'étaient pas des arguments. Le contenu de la déclaration, devait être considéré via les articles du contenant, la loi. Celle-ci ne permettait pas les dérives, les exagérations. Chaque mot avait une valeur d'usage à respecter. Et plus d'un contribuable, en justice, faisait valoir ses droits bafoués car la loi était interprétée. Elle devait taxer non pas la richesse imaginaire mais s'appuyer sur les faits accessibles. De son point d'observation, elle se devait d'écarter ses propres sentiments, ses impulsions personnelles et être le bras neutre de la loi pour distinguer, confirmer la différence entre le contenant et le contenu.

Puis l'image d'un morceau de tapis d'Orient du salon du grand-père découpé par ma belle-mère apparu. Ce bout de tapis était brusquement sorti d'une vieille caisse et j'avais placé l'objet près de la porte de la cave pour l'éliminer vu sa vétusté. Ce vieux bout de tapis usé et délavé avait été récupéré par mon épouse comme carpette souvenirs de la lignée maternelle. Cette étoffe servait de contenant non de trames, de fils, de nœuds, mais était devenu chair, rempli de souvenirs, d'une atmosphère familiale disparue. C'était à la fois un bout du grand-père et de sa mère. La valeur affective de la relation n'était pas portée par le coeur, la mémoire, le souvenir amer et doux de cette époque, mais elle s'était fusionnée avec l'objet. Que d'objets d'ailleurs étaient investis dans notre habitation de cette manière. Rien ne pouvait être éliminé. Si la valeur d'usage était réduite à zéro, il restait toujours attachée à celui-ci la présence de la main qui l’avait manipulé. Il n'y avait pas de différence entre le contenant et le contenu. D'une certaine manière je le percevais, mais ce matin, j'avais pris de la hauteur. Ce que je savais intuitivement, avec la distance prise de matin là, j'étais à même de le comprendre, de l'expliquer. Je voyais clairement la différence grâce à ce moment de réflexion au sein de notre petit groupe de trois. Ce n'était pas seulement chez les autres que je le voyais mais j'étais impliqué personnellement dans un fait qui revenait ensuite à ma mémoire.

C'était à la vitrine d'un antiquaire. Mon attention avait été attirée par des objets divers en céramique de Longwy ( taches bleues, rouges, vertes, blanches accolées).(**)    Une crispation avait envahi mon ventre et m’avait renvoyée à la boîte à bijoux de ma mère posée sur sa commode. Cet objet me rappelait sa disparition 5 ans plutôt. Ma peine était réveillée par la vision d’un bibelot semblable à celui-ci. Il n'y avait pas le contenant en soi, mais un contenu affectif dans cette petite boîte triangulaire colorée qui me témoignait de mon l'enfance, boite où je prenais plaisir à y fouiller.

Aujourd'hui, j'étais passé par l'expérience de ma soeur, puis au quotidien des objets hérités de ma belle-mère et enfin à ce souvenir. D'un point de vue personnel j'avais agrandi ma perception à ma famille et à présent j'extrapolai et trouver la clé. Je pouvais être observateur conscient. Un paradigme venait d'être franchi.

Un contenant quelconque, vêtements, objets immeubles pouvaient être investis d'un contenu idéologique, sentimental, affectif sous-jacents et partant invisibles. Un mot pouvait contenir tout un éventail de nuances, de sens, de révolte d'émotions. Une phrase agressive entendue pendant l'enfance pouvait avoir une charge émotionnelle capable d'engendrer l’agressivité, la révolte, une colère. Contenant et contenu, couple associé ou dissocié. N'était-ce pas de ça qu'il fallait faire son chantier de vie pour être conscient et libre.

(*)Anthony de Mello- Dieu est là,dehors -Desclée De Brouwer

(**)      (*BW80-Les sous-plats)

28/01/2007

Héritage symbolique

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Une branche proche.


L'échange de données avec un généalogiste me ramenait à une branche familiale en 1800. L'analyse des dates n'était pas complète car celle-ci s'était en quelques années éloignée du village, berceau de la famille et de nombreux microfilms devaient être consultés pour retrouver la trace de chacun. Dans cette branche, le nom s'était perdu car le seul homme marié n'avait, d’après mes informations, engendré qu’une fille. Cette branche morte réveillait un sentiment d'échec du flux vital mâle et une interrogation. 


La cousine de l’arrière grand-père.

Plus proche encore le mariage de l’arrière grand-père avec sa cousine, et l’année suivante sa mort en couches, puis la mort de ce premier fils ,vingt ans plus tard. Quelque chose de fondamental s'était passé dans l'inconscient collectif du clan. Les ingrédients de la vie n'étaient pas présents, celle-ci s'étouffait, les fruits étaient affaiblis. Papa n'avait à un certain moment montré que les livres exprimaient des secrets de famille comme le fait que dans le passé, une mère et sa fille accouchaient à la même période, la plus jeune hors mariage.


Fusion.

N'y avait-il pas indices pour montrer que l'image du père était collectivement affaiblie, qu'il y avait comme une rémanence, comme une contamination fusionnelle par un état d’esprit proche de l'inceste. Un fantôme se baladait dans l'inconscient familial proche et contaminant la tribu. L’idée de ce mélange, au niveau symbolique, faisait son chemin dans mon esprit et cette résurgence du passé me renvoyait au présent proche.


Les prénoms.

Pourquoi le prénom de notre mère coupé en deux donnait-il le prénom du premier et le prénom du troisième de la fratrie. Comme s’il était difficile d'assumer la séparation d’avec ses enfants et que les prénoms ainsi choisis, voulaient symboliquement rétablir un lien perdu. Mon frère aîné avait pris en mariage une femme dont le prénom lui faisait reconstituer avec le sien, celui de notre mère. Par la même occasion, il renforçait la fusion car sa femme portait aussi le prénom de sa grande sœur. Que penser du constat que ma jeune soeur me nommait à ses trois ans comme son petit mari. Prénom me marquant au point de prendre une épouse en portant celui-ci. Constatation que ma sœur aînée donnait à sa plus jeune, un prénom double qui commençait par le sien et qui se reliait à la deuxième partie par un tiret. Elle  ajoutait comme deuxième et troisième prénoms, le prénom du père féminisé puis celui de sa mère. Autre constatation, ma fille prenait un compagnon avec le prénom porté par son frère. Plus tard ma jeune soeur reprenait un compagnon portant un prénom racine du sien.


Apparition.


Fantôme subtil exprimé par une absence de la règle, de l'esprit de séparation et que l'on retrouvait sous des aspects très proche dans l'ensemble de la fratrie. Récurrence des prénoms masculins qui s'associent aux mêmes prénoms féminins, comme si les nouveaux intégrés dans la famille devaient d'une manière ou d'une autre être proche. Symbolisation d’un état fusionnel mettant en exergue l'absence d'une parole circulant librement dans l’espace. Attirance limitant l'espace de la vie intellectuelle et spirituelle.