04/09/2011

Séparation.

récit de vie,gén"alogie,mariage,séparationElle revenait au pays pour se loger chez les parents de sa meilleure amie où un flat était disponible. Il n’était plus question d’en parler, elle était passée à l’acte. Le drame s’installait dans sa famille définitivement. Après sa dépression, sa découverte de la féminité . Pour être femme, si je la comprenais, il lui fallait quitter son compagnon, celui qui ne voulait pas la marier.

Une première prise de distance, avant leur mise en ménage, il y a 10 ans  n’avait fait qu’ouvrir une faille qui à présent devenait béante. Une distance sécurisante devait s’installer entre eux, apparemment. Leurs mondes étaient devenu trop différents. Notre univers familial basculait, les enfants allaient en souffrir perdre leur sécurité et être brusquement tirés de leur enfance. La tension nerveuse de leur présence, pendant trois jours, nous avait épuisé. Les difficultés commençaient. C’était sûr personne,  n’en sortirait indemne.

Mais pourquoi ! Qu’est ce qui l’ avait conduite dans les bras de cet homme-là.

Sa force tranquille, sa fermeté la sécurité qui lui manquait pour fonder une famille. Les problèmes pratiques s’accumulaient, il lui fallait créer son nouvel espace de vie, préparer sa double vie, mais surtout maintenir les enfants dans la maison familiale. Équation combien tortueuse, difficile à résoudre, pleine d’embûches.

Nous étions en tant que parents des supports techniques sans plus, ses confidences allaient vers des amis dans la même situation. Allait-elle vraiment tout quitter, ou était-ce comme elle le disait la prise d’une certaine distance pour voir ce qu’elle n’avait pas vu au départ : sa place de compagne et non selon son projet fondamental sa place de femme mariée. Sa fille montrait par son activité de peinture qu’elle venait de quitter le monde de son enfance. Alors que le sujet de l’école la passionnait, elle dessinait sur un petit carton, un pont occupant à moitié  l’espace disponible de la feuille. Pont des soupirs, pont au-dessus de la crevasse, pont entre père et mère. C’était trop tôt pour y mettre des mots pour qu’elle exprime ses soucis, cette peine, la rupture de son univers familial. Un pont entre père et mère, un pont entre papa et maman. De son côté,  son fils parlait un peu trop de contrôler sa nourriture de passer un repas, de se laisser avoir faim. Manifestation du drame qu’il était en train de vivre. La nourriture représentait la relation à la mère, la relation primordiale et celle-ci était blessée. Il semblait perdre sa mère. Ne prenait-t-il pas ainsi le parti du père. C’était peut-être seulement un symptôme juste le temps d’assimiler l’incompréhensible. Il lui faudrait du temps, ils leur faudrait du temps pour reprendre leurs marques. Que pouvaient-ils comprendre du lien entre l’homme et la femme. Ce n’était pas leur problème, ils avaient besoin d’un père et d’une mère sur place.

Depuis quelques semaines, la famille maternelle s’apprêtait à célébrer le mariage d’une cousine comme pour marquer l’événement au niveau du clan comme pour rappeler que la chose était possible, lui rappeler qu’elle n’avait pas eu la sienne, qu’elle n’avait pas été au centre de la fête, la fête du couple dont elle rêvait.Dès les premiers préparatifs, son compagnon  avait déjà annoncé q’il n’y participerait pas. Avait-il précipiter la décision, était-ce une conséquence de l’état d’esprit qui régnait entre eux. Mystère, d’ailleurs avaient-ils à présent que les événements se précipitaient suffisamment de présence d’esprit que pour voir ou le bât de couple blessait. La crise était sans doute trop avancée que pour qu’une réconciliation ait lieu.