29/08/2014

Week-end de méditation.

mlc,gymnastique douce,cervicales,méditationL'exercice de méditation me replongeait dans la conscience du corps, dans le laisser aller de la respiration. Un grand creux dans la pratique m'avait laissé sans rigueur et j'étais envahi par toutes les pensées possibles et imaginables. J'étais loin de la quiétude, elle se situait là en avant bien loin.

L'information à propos de la cession m'était parvenue via par une amie de mon épouse qui s'y rendait. Ma difficulté principale d'affronter un nouveau groupe était levée, je m'étais inscrit et je l'accompagnais avec deux autres femmes.

Devant moi un nouvel univers, un autre mode de vie, une nouvelle porte ouverte. J'étais reparti vers une aventure intérieure.

Le cycle précédent de méditation, dans un autre lieu, s'était terminé au décès de son animateur. Lui qui prônait le détachement m'avait trouvé attaché à sa personne. Sa force m'impressionnait et semblait même me toucher à distance. Dans l'espace de formation à la méditation où je l'avais rencontré la première fois, j'avais été secoué profondément.

Les découvertes que j'y avais faite n'avaient pas été transmises à mes enfants préoccupés par leur quotidien. Seule ma plus jeune avait ouvert un peu l'oreille à ce que je disais et j'en avais vu une suite l'année dernière. Elle avait décidé de faire un pas d'audace et j'avais eu le plaisir d'assister à son départ, pour 4 jours de développement personnel auprès d'une femme exceptionnelle qui m'avait mis en route, qui avait balisé mon chemin depuis le début du siècle. J'en étais heureux. A son retour, je l'avais ressentie touchée et impressionnée par cette personne.

Était-ce pour cela qu'elles avaient renoncé à garder son travail épuisant et solitaire dans une des entreprises où plus d'un rêvait d'entrer. Rechercher une qualité de vie et apparemment plus de profondeur. Trouverait-elle  enfin cette sécurité intérieure, dans son nouveau travail qui la voyait à présent, comme secrétaire à l'accueil d'un cabinet médical ?

À cette deuxième aventure de méditation, comment réagirait-elle ?

Elle avait écouté avec attention le résumé que je lui en avais fait au téléphone et la connaissant, je savais que  bien plus tard, elle en tiendrait compte à sa manière et que cette conversation ne serait pas perdue. Elle avait été la seule d'ailleurs à entendre et à écouter la tempête qui m'avait agité lors de la première session de méditation fortement teintée d'hindouisme.

La méditation à laquelle je participais cette fois, était d'un autre registre s'appuyait sur l'enseignement de C.G. Durkheim et sa pratique du Hara.

Mon corps n'avait pas encore la souplesse nécessaire pour la pratique de l'assise en lotus mais avec la gymnastique douce et la MLC, j'avais fait de sérieux progrès sans toutefois être capable de tenir plus de vingt minutes la posture de méditation la plus courante. Cette session de méditation, je l'avais faite sur un tabouret, dans le fond ,derrière les premières lignes de participants.

 L'assise juste consiste au maintien droit de la colonne vertébrale, essentiellement en 2 endroits, dans le bassin et les épaules. Tout l'exercice est dans le silence des pensées et l'attention à une respiration la plus naturelle possible.

J'en étais loin mais cette piqûre de rappel, par un professeur rempli d'humour, allait réorganiser  ma pratique et mon attention, plus spécialement à la jointure de l'axe des vertèbres dorsales et cervicales.

Le "Tiens-toi droit" de mon éducation était ressorti de l'oubli, m'avait été transmis comme une exigence de vie et maintenant j'y travaillais avec un autre point de vue, celle d'un moteur de vie et d'épanouissement.(*)

Fameux  basculement que je voulais leur transmettre et à défaut de les y conduire.

Un point de repère m'était apparu dans le souk de l'endroit. Un ensemble de petits objets artisanaux des pays en développement était présentée avec notamment trois statuettes de jeunes africaines portant une cruche d'eau sur la tête.

Le seul moyen de porter cette cruche est justement d'être dans son axe. Il fallait que le bassin et les cervicales s'alignent comme dans la méditation. Surpris par le coté naïve des sculptures, sans doute mais au message essentiel, je les achetais toutes les trois. Une pour chacun de mes enfants. C'était le message que je comptais leur offrir, un souvenir de mon passage là-bas. J'espérais ainsi attirer et concrétiser leurs intentions. Leur montrer la lune comme le sage, en espérant qu'ils regardent celle-ci et non pas le doigt avec lequel je la montre.

Une fois de plus, je pouvais seulement leur proposer. Mais c'était à eux d'en prendre de la graine. La balle était dans leur camp.

 ( *) Gymnastique douce.

 

 

14/07/2013

Couché sur un bâton à la gymnastique douce.


qi,gymnastique douce,réflexologie énergie,mlc,chi,assouplissement,relaxationCela me semblait un peu incongru en cette période d'activité intense, de prendre une heure de temps à faire de la gymnastique. Depuis dix jours, j'avais manipulé des meubles et leur contenu pour vider le salon qu'on allait repeindre. J'avais monté à l'étage ce qui était transportable et encombrant, pour faire de la place dans le living afin d'en faire repeindre le plafond. J'avais détapissé la cage d'escalier et je prenais encore le temps d'aller à la gymnastique ?

Étrange surréaliste. Au fond, j'y allais pour être tranquille, pour ne pas subir les débordements verbaux de mon épouse, qui me mettait à l'ouvrage plus qu'elle ne s'y mettait elle-même. Le peintre était une véritable locomotive : par son dynamisme, il m'entraînait à faire plus que j'en avais envie. Vraiment j'avais besoin de lâcher le pied d'être en roue libre.

Le petit groupe auquel je commençais à m'habituer suivait avec application les exercices relaxants proposés. C'était de la gymnastique douce, largement inspirée de la méthode de libération des cuirasses. Après une station debout de cinq minutes pour assouplir les pieds sur des balles de tennis, chacun s'allongeait sur son tapis, tranquillement. Pas de chamade, ni de gouttes de transpiration. Tout en douceur pour réveiller les muscles et leurs chaînes musculaires dont je découvrais toujours avec étonnement les noms. Chaque mouvement était fait alternativement côté gauche puis droite ou vice-versa, permettant l'allongement et la détente de la colonne vertébrale.

Le genre de travail effectué était bien différent de la peinture et du détapissage. Plus d'une fois, j'avais ressenti l'état corporel du côté travaillé et perçu, par rapport à l'autre, une grande différence. Le côté travaillé s'étalait plus sur le tapis, existait différemment. S'opposaient la détente et la tension, chacun régnant silencieusement sur une moitié du corps. Deux semaines plus tôt, j'avais ressentis en relevant les genoux pliés, talons contre les fesses, ouverts au maximum, une agitation inconnue dans le bassin. Une petite et légère fermeture entraînant un mouvement curieux, incontrôlable, spontané. Théoriquement, la kiné définissait cette vibration comme la circulation de l'énergie. Énergie vibratoire musculaire qui se mettait en route certainement après les exercices de détente qui la précédait. Vibrations qui n'existaient guère dans le quotidien sinon lorsqu'on avait froid et que le corps se mettait à trembler pour se réchauffer. La sensation était similaire mais le froid n'en était pas la cause. Seul le mouvement lent de rapprochement des genoux la déclenchait dans le ventre.

La fatigue causée par les travaux entrainés par la peinture à la maison, avait eu raison de ma disponibilité à ressentir la vibration ; cette fois, seuls des frémissements parcouraient le bassin. Au départ du cours, j'avais demandé un exercice particulier où, avec les ouvertures des genoux fléchis, le bassin était posé sur deux balles de tennis pour en assurer le massage léger et lent. Deux semaines plus tôt, le tremblement avait eu lieu dans le bassin, plus fort que celui causé par la fermeture des genoux. Là aussi le tremblement avait perdu de son efficacité. Y avait-il encore quelque chose à décharger, une énergie à faire circuler ?

Rien ne s'était passé comme attendu. La fatigue sans doute. Résigné j'étais entré dans l'exercice suivant qui demandait de se poser sur un bâton couvert de mousse. Colonne vertébrale et bâton alignés, voisins mettaient légèrement le corps en équilibre sur un axe qui permettait à gauche et à droite un léger basculement, nous entraînant dans un univers artificiel. Cette position et cet exercice, faits pour détendre les cotés, les muscles étaient supposés assouplir le dos. Dès mon dos posé sur le bâton pour entrer dans l'exercice, mon corps se mit à trembler comme il n'avait jamais fait. Mes viscères étaient parcourus par un tremblement fort, puissant qui m'embarquait dans une sensation étrange, agréable même.

J'étais dans une pesanteur bien différente de la station debout, j'étais secoué comme un prunier pour reprendre une expression consacrée. Il me suffisait consciemment de pencher un peu sur la gauche le bassin, pour comme par magie, relancer le processus. J'étais un paquet vibrant que j'observais avec prudence. C'était étonnant, curieux. La seule explication au déclenchement physique incontrôlé était "Laissez circuler l'énergie, laissez faire". Si je rentrais dans le mental, le raisonnement, ne serait-elle pas bloquée?

J'étais entré me semble-t-il par cet exercice dans un autre monde, dans le monde des sensations où j'avais, par le hasard de mes activités passées, pénétré quelquefois. Une source existait à ce niveau, puissante, forte sur laquelle je n'avais aucun pouvoir sinon de modifier les éléments périphériques pour la mettre en route. Était-ce le "Qi "?

L'année d'exercice hebdomadaire m'avait conduit à vivre cet événement. J'étais le porteur innocent d'une énergie potentielle extraordinaire qui donnait des ailes, des forces. Etait ce une nouvelle drogue qui s'ouvrait en moi et me donnait des ailes ?

Après quelques temps de réflexion, je ne pouvais trouver dans mon expérience qu'un point de comparaison avec une énergie aussi forte venant de cette zone, de ces vertèbres sacrés. Sacrées vertèbres

Vertèbres sacrées plutôt, lieu d'une énergie vitale totalement indépendante de la volonté. Je revivais la première session de méditation avec Anand, l'indou. Là aussi nous étions régulièrement couchés sur le dos sur notre tapis à écouter sa voix nous guider, "à porter notre attention" sur un morceau de musique, à écouter les bruits environnants, à laisser aller le corps à la pesanteur sans intention sinon celle d'observer et le résultat était surprenant. Un éclair nerveux était parti de l'endroit douloureux où loge mon lumbago, pour traverser mon corps. La vibration, l'éclair était, monté vers ma gorge, ouvrant ainsi une porte mystérieuse. Ici, c'était du même genre : couché, guidé par une voix, m'attachant à exercer le mouvement demandé sans plus, sans intention, lentement mon corps s'exprimait, ouvrant un dialogue, écrivant une histoire nouvelle. J'avais vibré dans cette salle comme jamais avant, rayonnant d'une force particulière.

La séance de MLC terminée, comme souvent, l'on échange sur les événements. Je demandai à l'animatrice si elle m'avait vu vibré. Elle en confirma le mouvement et la force. Nous étions dans un échange à propos de l'énergie. Ma voisine, curieusement, parla de l'échange qu'elle avait avec son mari, en lui tenant la main. Échange de paix et de sensations agréables qu'elle partageait aussi avec un amie. Voulant étendre son champ de connaissances, elle me prit par la main pour voir si, à travers celle-ci, elle aurait la même sensation qu'avec son mari.

Qu'avait-elle perçu? C'était curieux, cette démarche spontanée.

Elle me renvoyait à une collègue de bureau qui après une session de méditation avait eu un réflexe de ce genre. Elle m'avait associé à son mari ,à un homme avec qui elle était en phase à la maison, et qu'elle retrouvait en phase au bureau.

Simplement par rayonnement de cette vibration, nous étions alignés en harmonie avec la vibration universelle qui nous traverse.

 

( Gymnastique douce. )