05/02/2015

Vivre malgré la situation, malgré cette déchirure.

somatisation,arbre racines,indicible,sanglotsPour alléger la tension entre nous et quitter le jugement qu'elle m'appliquait « Tu ne fait rien, moi je consulte, j'avais pris de mon côté un rendez-vous dans une association s'occupant du deuil.

Après ces semaines de tempête, de ressenti qui comme les vagues venaient frapper la jetée, ébranlé mon quotidien, il était sans doute temps d'apaiser un peu, de changer la force de ces sensations toujours prêtes à resurgir.

J'étais sorti de l'entretien nerveux et sous pression. D'avoir remué toutes ces émotions passées avaient accentué un stress bien présent, dévorant peut-être envahissant sans doute. Le commentaire de la personne rencontrée mettait le doigt sur le sac de nœuds qui lui apparaissait et qu'il fallait démêler au fur et à mesure pour retrouver un peu de plaisir de vivre, d'aisance dans le quotidien en dehors de ce poids qui semblait m'accabler.

L'heure de gymnastique qui suivait m'était donnée par ma sœur, empêchée et je roulais rapidement vers le lieu de la séance.

Un stress particulier avait envahi mon cœur une arythmie assez marquée s'agitait dans ma poitrine et l'image de l'infarctus en route me traversait l'esprit. Était-ce le début d'une crise? Peut-être, toutes ces nuits de mauvais sommeil, ces émotions réanimées par l'entretien, se conjuguaient sans doute pour me mettre dans un malaise cardiaque prononcé.

Fallait-il faire demi-tour ? Était-ce une situation de crise peut-être, le cœur gros d'un chagrin enfoui. Cœur blessé d'une rupture d'affection, sentiments somatisés dans un organe, l'empêchant de faire son office correctement.

Le rendez-vous était marqué, il n'y avait personne. J'en profitais pour rentrer, me mettre à l'aise, pour laisser passer l'orage sous forme de  tensions cardiaques pour détendre ce corps qui avait somatisé.

Immobilité depuis des jours, sans effort physique majeur, dans l'enfermement d'un univers clos et rempli de son absence, à cran. Là était la base de ce stress.

Mal être proche de mon épouse qui souffre de la rupture brutale d'un lien fort et qui passe ses énervements dans ses mouvements brusques, ses éclats de voix pour rien, son agressivité et sa pression constante sur mes libertés.

Une séance de réflexologie deux jours avant avait libéré un espace au niveau des clavicules ouvrant un peu plus le chemin vers la gorge.

 

Puis cette promenade dans le bois pour respirer pour retrouver un rythme de pas apaisant, déstressant. L'idée de m'appuyer sur un arbre m'envahit, me coller le dos autour de celui-ci pour m'ancrer dans le sol pour retrouver mon énergie, mes sources. Plante des pieds qui me fait mal, espace sous le gros orteil tendu et douloureux. Zone des sources bouillonnantes mise à mal et apparemment bloquée.

Continuer sur le chemin, sans elle. Mes pas sont douloureux, j'ai envie de me coucher, de me mettre en boule.

J'imagine mes pieds puisant l'énergie dans le sol au pied de cet être, géant de la forêt. M'appuyer les bras légèrement en arrière en ouverture. Une vague d'émotions s'élance du plexus vers mes yeux, des larmes coulent. Un sanglot me traverse la gorge.

Je suis là dans la forêt en face de moi d'autres êtres géants au tronc effilé compagnon de celui-ci sur lequel je m'appuie.

Un sanglot qui vient de trouver son chemin vers l'expression ? Est-ce cette araignée sous-cutanée qui dans le passé monté sous ma peau vers la gorge, sensation repoussée vers sa tanière au plexus.

Est-ce le départ de ma fille qui s'exprime enfin à partir de ce tréfonds.

Le mystère est complet, je ne suis pas dans la pensée mais dans la sensation qui s'exprime dans ma peau, vers ma gorge et mes yeux.

L'orage est passé et je poursuis ma promenade.

24/10/2012

S'ouvrir ou souffrir.

deuils non fait,larmes contenues, blocage,tremblements de tête,indicibleOnomatopée presque, jeux de mots peut-être, syllabes proches qui sonnent « même » à une oreille inattentive. Univers différents, incompatibles et pourtant liés. Univers identifiés, univers identifiables. Alternance qui me parle et qui fut mienne. Equation à deux inconnues profondément liées que je découvre, pas plus tard que la semaine dernière. Pour récupérer ma souplesse et soigner les attaches du bras droit (Sus-épineux) qui me font régulièrement souffrir, pour repartir du bon pied pour une nouvelle année, je bouge. Sur les conseils de ma plus jeune sœur, je me suis inscrit à dix séances de gymnastique douce. Mais alors douce la plupart du temps l'on est couché sur un tapis de sol et l'on étire les muscles selon la théorie des chaînes musculaires et la méthode Mézières. Mon bras droit douloureux, soigné l'année dernière vient au cours de ces heures d'exercice de retrouver une mobilité vers l'arrière qu'il avait perdue. Je suis à même de toucher mon omoplate gauche. Une liberté plus grande s'est mise en place. L'angle, de mes dorsales et de mes cervicales, a lui aussi pris de l'aisance. J'ai une allure plus fière, un port de tête plus droit et j’en suis joyeux. Je me suis ouvert un peu plus dans le torse. Histoire banale que d'aucuns n'imaginent même pas mais « Ceux qui ne bougent pas ne sentent pas leurs chaînes. » Mon histoire passée m'a figé dans le dos comme un porteur du poids du monde, du poids de deuil non fait, d'humiliations peut-être. Je me redresse et fais face. Je reprends des forces. Pour préserver cette nouvelle forme, je me suis inscrit à un cours d’une heure semaine jusqu'à la fin de l’année et entraîné mon épouse. Elle devrait s'ouvrir, se libérer de ses maux perpétuels qu’entretien un médecin complaisant aveugle à la présence d'un deuil caché non fait qui se transmet dans la lignée des mères. Malgré toutes ses tentatives de mieux-être, soutenues par de nombreuses séances de kiné et d'ostéopathie, elle ne progresse pas, se cabre devant la peine intérieure qui force à une reconnaissance. Si elle laisse passer une souffrance indicible, elle sera submergée croit -elle d'où son raidissement, ses tremblements de tête qui dise « Non, non » de gauche à droite. La vague noire qui avait submergé l'aîné l'année dernière s'est réveillée. Des signaux négatifs lui sont parvenus et comme mère, elle en souffre et se met à son diapason. Par sa résistance, par le raidissement à ce qui est en elle, ne retarde-t-elle pas la guérison de sa fille. Cette souffrance ne leur appartient pas. C’est une valise du passé remplie par un arrière-grand-mère, enfant de remplacement, qui a vu mourir sa fille sa grand-mère. De mon côté il y a un scénario de ce genre. Ma grand-mère paternelle a vu mourir son homme et ses fils sans larmes. Intérieurement pour encastrer ses deuils, elle avait fermé le haut de son dos et était devenue la petite Laure. Quel caractère ne fallait-il pas avoir pour retenir ses larmes, bien naturelles et compréhensibles. Et moi qui choisis pour ma fille, un prénom semblable à cette grand-mère comme pour rejouer ce drame à résoudre. Comme exutoire à cette souffrance innomée, à ce deuil non exprimé inconsciemment, mon épouse avait pris un bénévolat pour accompagner des familles, qui le demandaient, dans leur deuil. Depuis un mois elle est démissionnaire, elle s’est dédite. L'énergie canalisée dans cette activité, les larmes versées avec les autres, pour les autres ne sont plus accessibles et les siennes font de plus en plus pression sur elle. Elle devient irritable s'emballe pour un rien fait feu de tout bois pour atténuer la tension qu'elle sent monter en elle et chez sa fille. il n'y a plus l'exutoire des deuils extérieurs comme elle ne peut s'ouvrir, elle souffre, sa fille aussi. La mutuelle vient de rejeter sa demande de poursuivre encore des séances de kiné pourra assouplir sa nuque raide, serrure qui garde le flot inconscient de souffrance portée. Osera-t-elle aller au-delà ouvrir ce blocage et laisser aller ses larmes pour ne plus souffrir. Dilemme ; s'ouvrir ou souffrir.