16/04/2011

Retour de la toux.

La quinte de toux avait commencé sans que je n’y prenne garde alors que j’étais debout dans la salle de bain, sortant d’un sommeil interrompu. Son contrôle m’échappait. J’étais presque possédé par elle au point de ne plus pouvoir l’arrêter.  Elle s’arrêta, brusquement et je restais, devant le miroir, dans l’impossibilité de respirer sinon par un mince filet d’air qui faisait un bruit atroce et caverneux en entrant.

« Est-ce que j’allais manquer d’air et m’écrouler ?. »

Ma conscience portée sur la poitrine, tentait d’apporter une solution au blocage. Par réflexe j’essayais de faire bouger mes omoplates d’avant en arrière, comme pour m’envoler et quitter cet endroit dangereux. En même temps j’approfondissais le mouvement vers le bas pour faire plus de place à l’air qu’enfin je sentais entrer en moi de manière plus fluide.

Après quelques mouvements de respiration de ce type, la panique qui m’avait envahit, s’éloigna un peu. Ma respiration se libéra. Après quelques minutes de respiration profonde, calmé, je regagnais la chambre et me recouchais lentement, sans mouvement brusque, craignant de repartir dans une nouvelle quinte et un blocage fatal. J’étais attentif, prêt à bondir debout.

Le calme m’envahit lentement ramené par mon attention à la respiration qui se fit de plus en plus ample et je retombais dans le sommeil.

La séance d’haptonomie de la semaine dernière faisait suite au premier épisode de toux et d’infection des voies respiratoires, m’avait ramené à la prise de conscience de mes tensions et grâce à elle, par les outils qu’elle m’offrait j’avais été à même de traverser la crise de la nuit. 

 

Le lendemain matin, après le lever, debout devant l’évier, je ressentis une matérialisation, un double mouvement d’avancement, dans le bassin, comme un vers se déplaçant latéralement de 5-6 cm, à hauteur du sacrum.  Une tension s’exprimait, se  développait malgré moi.

 

Un peu plus tard une douleur aiguë au niveau de l’iléon où d’un disque vertébral  me laissa supposer que le mouvement initié plutôt venait de reprendre légèrement cette fois. J’étais finalement passé à côté d’une crise aiguë de lumbago, située non pas à sa place habituelle à droite mais plus de l’autre côté. Un réalignement des tensions historiques du bassin cédait, c’était ma conviction. Je me devrais toute la journée d’être attentif, bien droit, à éviter les mouvements brusques pour ne pas recevoir le coup d’aiguillon confirmant l’arrêt immédiat de l’activité et l’allongement sur le dos pendant et pour des heures. En l’espace de deux semaines, pour la deuxième fois j’avais été repris par ces maux, la toux et le lumbago.

Heureusement en fin de matinée, j’aurai l’occasion de refaire une séance d’haptonomie pour soigner ces tensions, mise au jour par la session précédente et j’espérais ainsi les dissoudre, les apaiser définitivement.

D’une autre coté, vu la situation critique de la nuit, j’avais appelé le médecin généraliste pour une visite de réconfort et pour me faire prescrire quelques médicaments susceptibles de mettre fin à cette toux, et éviter qu’une telle crise ne revienne. Mon affection des voies respiratoires ne couvait plus sournoisement mais s’exprimait de plus en plus.

A mon grand étonnement la séance d’haptonomie n’eut pas lieu car une confusion s’était introduite entre la kiné et moi pour la réservation. Je m’étais présenté une semaine trop tôt. Heureusement, l’échéance immédiate du rendez-vous m’avait donné suffisamment de confiance pour traverser la nuit et ainsi je ne m’étais pas précipité aux urgences pour recevoir des soins apaisants face à ce manque d’oxygène que je pressentais et à mes angoisses par rapport à la respiration.

Avec ce stress physique, cette toux épuisante dont je voulais venir à bout, j’avais aussi pris la décision de suivre une séance de sophrologie propre, j’imaginais à me maintenir dans un état de relaxation bénéfique et surtout d’aller enfin toucher ce point douloureux d’où partait à chaque infection, ma toux aboiement. Deux jours plus tard je me présentais au rendez-vous pour m’entendre dire qu’il y avait aussi là un problème d’horaire, que je n’avais pas droit à la séance prévue. Alors que l’heure avait été confirmée par mail. Après un.délai d’attente de 20 minutes, je fus reçu pour un premier échange définissant le cadre de l’exercice.

Avec application la sophrologue m’élabora la théorie de sa pratique, décrivant méthodiquement les phases de mon cheminement depuis quelque temps. Au départ du diaphragme elle décrivait le chemin des tensions et le fonctionnement du stress, puis le passage par des points de détente.

J’avais rencontré au fur et à mesure de mes ressentis, les chemins décrits et la reprise en main devrait plus tard me faire le plus grand bien.

Ma toux s’accrochait, mon rhume ne passait pas par la décroissance habituelle des  symptômes comme les fois précédentes. La situation était neuve.

À deux reprises, j avais en respirant profondément l’impression que l’air atteignait un espace neuf, non fréquenté, juste sous ma  côte douloureuse en surface. Etait-ce l’endroit et la porte de la toux. La résonance de ma voix en fin d’expiration, du toussotement avait pris une ampleur plus grande plus ronde moins sèche. Sans en percevoir le sens, j’imaginais qu’un changement était en train de se passer qu’il convenait de retourner par la détente et la relaxation à cet endroit douloureux qui commençait à s’ouvrir pour le curer de ses effets somatiques.