22/12/2010

Papa Noël

 tradition, multiculturalisme, judéo-chrétien, histoire de vieL’année dernière, c’était avec beaucoup d’émotion que j’avais assisté au concert donné dans la salle de gymnastique de l’institution catholique chargée de les éduquer. Pour rien au monde, cette année, je n’aurais manqué d’aller à la fête de Noël à l’école pour écouter chanter mes petits-enfants.

Les premières et deuxième années s’étaient alignées rapidement, rang par rang sur toute la largeur de la scène. La première rangée assise au bord de l’estrade, les jambes pendantes et les autres derrière sans que je puisse me souvenir s’ils étaient tous assis ou debout. L’image qui m’en restait était ce mur de visages souriants et vibrant d’une impatience justifiée. La discipline était présente. Tout était fluide. Ils réagissaient rapidement, sans trop de désordre.

Bravo pour les institutrices et instituteurs qui avaient préparés le scénario. C’était réglé comme du papier à musique. On commence à l’heure et l’on ne s’éternise pas, la discipline est à ce prix.

Cette année, c’était le même scénario à la différence qu’ils avaient tous, un bonnet rouge et blanc comme on trouve pour 1 ou 2 EUR dans les magasins actuellement. Cela m’avait déjà fait sourciller car comment reconnaître le petit-fils si le visage pointait à peine en dessous de cet objet sans classe qu’ils tenaient enfoncés, presque sur les yeux. Heureusement qu’il n’avait pas le jean bleu standard, de ceux qui ne veulent pas d’uniformes, mais un jean de couleur virant sur l’orange sombre ce qui m’avait permis de le repérer avant que ma fille ne m’indique sa place.

La musique de Henri Dès, semblait servir de fils conducteur. Elle était rythmée, faite pour les enfants, sans doute facile à assimiler par un groupe. Les enfants accompagnaient le chanteur de leur mieux et de tout leur cœur. Les textes n’avaient pas l’air de poser problème et semblaient bien mémorisés car tous s’égosillaient pour participer.

Comme un vol d’étourneaux, ils s’exécutaient ensemble à cœur joie. La voix du groupe perçait au-dessus d’une sono assez discrète, et cela me. La performance venait du groupe d’enfants, du chœur, pas l’enregistrement et c’était bien.

 

Cette fois, plus distant par l’expérience de l’année dernière, j’avais fait attention au texte des chansons qui se succédaient les unes après les autres. Qu’elle ne fut pas ma surprise de constater que le message transmis, n’avait aucun rapport à la tradition, celle de mon époque. Il n’était guère question de naissance de l’enfant dans la crèche, de Jésus, d’âne et de bœuf, d’ouverture à la nouveauté, à autre chose qu’à soi, de renaissance.

Les chants n’étaient tournés que vers les cadeaux à trouver sous le sapin et apportés par Papa Noël. Un matérialisme flagrant s’exprimait dans les différents textes. Aucune attention à l’autre, à celui qui a moins, qui est seul, à celui qui n’est pas à la fête familiale.

Rien de tout cela. Recevoir des cadeaux, auto centrisme pur et dur.

Mon beau-fils à qui je faisais la remarque, me dit : «  Mais c’est du multiculturalisme. Il en faut pour tous. »

Mais au nom de ce multiculturalisme où était le respect vis à vis de mon patrimoine, de ma culture judéo-chrétienne.

Respecter les autres sans doute mais pas en ne me respectant pas. S’effacer pour la culture des autres, la culture américaine, la tradition protestante, les agnostiques, sans doute peut-être, parfois. Mais au nom de quoi devais-je abandonner ma fête de Noël qui est ouverture au petit, accueil du faible, de l’isolé. Pourquoi ne pas promouvoir le cadeau qu’est la rencontre de cœur à cœur, de l’attention, du sourire au plus faible. L’humanisme laïque n’était même pas respecté, il n’y avait que cadeau.

Bien sûr comme tous j’apprécie les cadeaux, mais tout réduire à ce matérialisme me semble une erreur éducative de la part de cette école dite chrétienne. Faire  passer un message dans ces circonstances était hasardeux. Critiquer vertement l’animateur n’était pas la solution immédiate. C’était un travail de fond. Il fallait  l’entreprendre, par une prise de conscience des valeurs qui font notre trame culturelle locale. Si nous ne nous respectons pas mêmes, peut-on demander à d’autres de nous respecter !

Nous ne serons plus respectés, et il sera trop tard!