05/06/2011

Le sus-épineux.

symbolisme,muscles,psychosomatisation,récit de vie,l'image du père.Depuis quelques mois, une douleur vive apparaissait dans le biceps droit lors de certains mouvements. Après la séance de radiographie prescrite par mon généraliste, muni de la radiographie sous format électronique, je m'étais rendu chez l'ostéopathe pour connaître son point de vue.

Le muscle sus-épineux près de l'omoplate, vers l'épaule, était en cause.

Pendant qu'il essayait de me détendre le dos et l'épaule par des manipulations douces, mes pensées chevauchaient sur le nom cet inconnu : le sus-épineux.

Mot mystérieux, ignoré de mon vocabulaire, il m' apparaissait comme le prolongement de la force active du bras, celle qui croise le fer et porte le coup d'épée, ou simplement comme une épine.

N'était-il pas en rapport avec l'extérieur, par symétrie, la réaction corporelle et conflictuelle, du psychodrame auquel je venais d'être mêlé. Est-ce que je n'y étais pas toujours plongé, d'où les problèmes d'inflammation et de douleurs dans la force active du biceps.

Enfermé dans l'image du "brave", de l'enfant docile qui exécute les souhaits de ceux qui portent l'autorité, qui courbe l'échine je rentrais ma révolte. Gardant la tête basse sans relever celle-ci, j’étais incapable d' affronter l'auteur de la violence en face de moi. Pour ne pas porter le fer, montrer la violence qui me remplissait, je bloquais le mouvement en l'exprimant somatiquement.

Une épine m'avait touché dans ma force vive bloquant l'élan physique armant le bras, rentrant le conflit de l'extérieur à l'intérieur.

Deux conflit s'étaient mis en scène, violemment poussant dans les retranchements, obligeant à prendre position, a affirmer publiquement dans un domaine qui me plaisait mon désaccord. Je faisais face, j'assumais le conflit avec l'image du père symbolique, n'ayant au grand jamais osé affronter les états de colère du père biologique.

Il ne m'était plus possible d'être le béni oui oui. J'avais à faire face, me positionner et mettre en pratique mon désaccord.

 L'ostéopathe me renvoyait à des exercices plus profonds conduits par la kiné.

Je m'y étais rendu, pour une série de soins d'assouplissement pour mon épaule droite. L'ambiance était différente,  je  retrouvais l'espace de soins où quelques fois, j’étais venu faire des exercices d'haptonomie.

 Plutôt que de travailler le dos par pression, et poussée d'assouplissement, elle m'avait fait  prendre la position couchée sur le dos  d'où, elle  étirait les muscles et les articulations concernées, avec beaucoup de douceur.Elle m'expliquait l'origine du mal, la manière de détendre certains muscles.

Elle n'était pas sensible à l'image de l'épine, de l'épée et de l'action pour pourfendre l'ennemi mais me dirigeait  dans un domaine apparemment opposé, le retrait.

La position couchée  aidant à matérialiser une sensation, je retrouvais celle ancienne de ma tendance à remonter les épaules. Plus d'une fois, j'avais ressenti que je mettais les mains en poche, juste aux bords, sans qu'elles n’en touchent par leur poids, le fond. J'avais perçu dans ces moments la contraction permanente de celles-ci.

De ce coté,suite aux incidents de la gestion de la salle, je somatisais une phase de retrait, à la manière de l'escargot pour se protéger et s'abriter dans sa coquille sans trop faire face. Réflexe d'enfance, réflexe de protection contre l'adulte omnipotent. Les colères de l'abbé avait dû me mettre dans cet état de rétraction et favoriser le blocage du muscle sus-épineux. Ma perception me situait plus dans le retrait que dans l'action.

 Conflit soutenant les deux vecteurs et causant le télescopage musculaire. Pour concilier ces deux modes de consultation, je ne pouvais par peur d’une figure tutélaire, passer à l'attaque et freinait mon audace en décrochant, en écrasant et pour ne pas en sortir, en me coinçant. le sus-épineux.