28/02/2008

Constellations familiales.

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Conversation.

Son émotion débordait dans les larmes et la colère, cet après-midi-là au téléphone et j’étais bien en peine d’en comprendre les tenants et les aboutissants. Avec prudence, délicatesse j’essayais d’en connaître les raisons sans me faire envoyer dans le décors pour questions inadéquates ou incompétence notoire, marquée par la phrase bien connue « Mais je te l’ai déjà dit ! »
Sans doute mais les choses sont-elles toujours les mêmes ?. N’y a-t-il pas parfois un changement, un nouvel angle de vue, un nouvel éclairage qui s’annonce où même après ce qui a déjà été dit et redit l’ultime expression de ce qui en vain essaye de l’être. Après quelques minutes de conversation, le ton de sa voix s’était apaisé, le calme revenait progressivement et la vague qui la submergeait se retirait lentement, le pire était passé.


Le fond du problème.

A nouveau, son poids. Depuis quelques années et surtout suite à son accouchement, elle avait pris près de 20 kg et cette surcharge pondérale semblait s’accrocher, ne pouvait disparaître. Les régimes, les exercices ne lui enlevaient pas à son grand désespoir le moindre gramme. Apparemment cette rétention venait d’une cause psychosomatique que ses stages de développement personnel ne venaient pas éclairer. Ses nombreuses visites chez des psys et autres personnages n’avaient rien déclenché, mis en mouvement et le statu quo lui pesait particulièrement ce jour là. Ne fallait-il pas laisser du temps au temps, attendre que les effets de la constellation, agissent ? On était loin du petit message qu’elle avait envoyé un mois plus tôt disant, « Je me sens légère ».

Cette sensation était plus émotionnelle que physique et mon espoir qu’elle se confirme dans une baisse de poids venait aujourd’hui de se briser. Etait-il possible de faire un lien avec la colère et la tristesse évoquée quelques jours après cette session ? Son poids contenait ses émotions. Y avait-il un lien caché quelque part ?


L’écho familial.

Depuis cette conversation, les idées cheminaient dans ma tête, s’associaient aux émotions provoquées par ma participation, à une soirée de constellation, et aux évènements étonnants vécus le samedi précédent son appel. Le système familial venait d’être touché par des faits curieux. Des éléments nouveaux venaient d’apparaître. Y avait-il un lien ! Peut-être ? En tout cas les relever était étonnant. Ma fille aînée avait annulé pour raison de santé sa présence à la soirée de constellation où je l’avais invitée. Ma sœur cadette avait oublié de nous rejoindre alors qu’elle s’était inscrite, et contre toute attente, ma sœur aînée s’y était jointe alors qu’elle avait peu d’ouverture à des évènements de ce genre. Ma femme avait refusé de participer à la réception de mariage d’une petite fille de la sœur de sa mère, coté maternel. C’était le premier renoncement d’une réception en l’espace de 10 ans. D’habitude, c’était l ‘enthousiasme fou et absolu de la retrouvaille du clan familial. Un heure après le lever matinal, elle s’était à mon grand étonnement réfugiée dans le lit pour une bonne heure, se rendant malade pour justifier cette étonnante décision, ne pas répondre à l’appel du clan. Cet appel téléphonique, plein d’émotion pouvait être ajouté à ces indices relevés lors de cette soirée du jeudi précédent et de la réception manquée.


La soirée.

Un des thèmes mis en scène traitait de la transmission entre femmes, de la féminité et l’on avait été jusqu'à l’arrière arrière grand-mère pour retrouver la source de celle-ci, pour que la femme qui demandait la constellation puisse retrouve le lien avec la lignée des femmes. Cette mise en exergue de la féminité pouvait être une des racines manquantes dans la génération des femmes, tant du coté de ma fille que du coté de mes sœurs. Cette soirée de constellation se poursuivait par la lecture d’un livre cité par l’animateur. Au cours des pages, j’essayais de parcourir et revivre les évènements familiaux récents. A travers les commentaires de l’auteur, une émotion profonde s’animait en moi, me touchait par les différents thèmes abordés et par la vérité que les faits me semblaient mettre en œuvre.
L’aventure familiale dans toutes ses dimensions apparaissait au fil des récits et me touchait dans ma propre histoire, dans celle de mon couple et de ma progéniture.

La fratrie.

A présent, c’était non plus ma fille qui occupait l’avant du décor mais ma plus jeune sœur. Un aspect frappant des arrangements familiaux, l’ordre des préséances dans ma famille venait de m’apparaître. D’une certaine manière, depuis sa naissance, 12 ans après moi, je l’avais plus considérée que la plus âgée au point de former avec elle une paire. Ne fallait-il pas s’étonner qu’un jour l’incident du paillasson arrive. Dans un moment de colère, au-dessus de l’escalier d’entrée alors qu’elle me poursuivait un tisonnier à la main et que je sautais les marches du perron quatre à quatre pour m’enfouir, elle avait abandonnant l’objet métallique empoigné un lourd paillasson en coco qu’elle agitait comme une arme, envoyé bouler notre plus jeune sœur au pied de la volée d’escalier en l’y précipitant comme une vulgaire poussière. Jalouse de la place que je donnais à la petite sœur, elle avait voulu par cet acte manqué et d’autres sans doute, éliminer la rivale. Le geste soit disant manqué, montrait une jalousie féroce par rapport à la plus jeune. Elle perdait son rang dans la fratrie puisque je me tournais souvent avec tendresse et protection vers ma sœur cadette née douze ans et trois mois après ma naissance. Cette clé de lecture semblait expliquer pas mal de comportements à mon égard, car l’ordre de succession des naissances n’avait pas été respecté. L’absence de ma sœur cadette à cette constellation éclairait cet attachement particulier. Ma plus jeune rendait à sa sœur aînée, sa place en s’effaçant.
 Cette relation avec ma plus jeune sœur marquait comme un point d’inflexion dans ma conscience du temps et dans la manière dont il se déroulait. Un élément perturbateur avait fermé un cycle de douze ans et trois mois. Tout basculait dans la famille par cette nouvelle vie. Que pouvait avoir eu comme influence dans la vie familiale et ma vie cette nouvelle donne. Ce fait de relation avec l’aînée en était certainement un. Le système avait a se réarranger. A cette époque nous étions en internat, les parents recommençaient une nouvelle vie, une nouvelle génération d’enfant après avoir été confronté au nid vide.