08/03/2011

La goûte.

enfance, jeux, papilles, récit de vieNe cherchez pas, il n'y est pas. Non, le mot n'est pas dans le dictionnaire, il n'y a pas de sens commun, les immortels ne l'ont pas encore trouvé, les spécialistes ne l'ont pas encore découvert.

Ce mot est familial, ce mot nous appartient, il vient de mes enfants, c'est notre vie, notre aventure du samedi matin.

"Hé oui, ce jour-là, nous faisons la goûte. C'est notre expédition, il ne faut que l'envie, celle qui donne des ailes. Elle suffit.Jamais les préparatifs des grands ne sont aussi rapides, c'est la fête des sens, plutôt du premier d'entre eux, celui que savamment on désigne  par "goût".

Papilles gustatives, préparez-vous, le feu va bientôt devenir vert. Maman prépare les mouchoirs, je lâche nos fauves.

A quelques pas, pour garder le vernis des bonnes conventions, nous les suivons. La porte du shopping franchie, nous progressons à grands pas, dans les rayons vers la première exposition.

Quelle chance aujourd'hui, il reste des bouchées de gâteaux. Elles nous avaient tellement manqués la semaine dernière. Découpées, de bonne taille, fourrées au chocolat, tentantes, elles se laissent manger sans défense.

Avec des ruses de sioux, notre deuxième vague repasse pour boucher un nouveau creux, l'étal généreux supporte leur attaque. Stop. N'exagérons pas, il en faut pour les autres.

Nouveau départ vers la tête de gondole suivante où cette fois ce sont des bouts de saucissons qui sont offerts. Hé oui, nous ne sommes pas des fines bouches, nécessité oblige, tant pis pour le gras, ce n'est pas notre affaire, c'est une affaire de creux.

Sobriété, diététique, impossible aujourd'hui! Le pêle-mêle est de mise. Au diable, la gastronomie. Pas de petits plats dans les grands, rien que le jeu, l'envie, nous jouons avec nos papilles. Et puis pourquoi pas, cette fois, un petit coup de vin pour arroser la fête? Voilà, c'est frais, c'est fait. Nous marchons toujours droit.

Passons plus loin. Qu'y a-t-il de nouveau?  Là au bout de leur picot,  des petits dés de fromage. Un deux , trois, envoyé,  ils sont partis, ils ne sont plus là. 

C'est gai, c'est fou. C'est samedi, c'est notre goûte.

Vive la goûte