19/05/2013

Quitter, c'est mourir un peu.

En chemin 47.JPGL'idée me trottait dans la tête depuis des mois et je la reportais de semaine en semaine. J'avais décidé de quitter l'association dans laquelle j'étais actif depuis des années, pour des raisons bien précises que j'avais identifiées. Je ne pouvais plus me dépenser là selon le mode de fonctionnement et les objectifs de celle-ci. Je devais quitter mais je ne pouvais rédiger les quelques mots nécessaires pour y mettre un terme. J'étais englué dans un ensemble que je ne parvenais pas à quitter sereinement en tranchant le lien nettement, rapidement.

La liste de mes récriminations était longue, justifiée et malgré cela, je n'y arrivais pas. Ce qui m'avait séduit au départ, c'était l'esprit d'équipe, efficace, méthodique, joyeux qui en faisait le moteur et cela pour une bonne cause. J'étais doublement gagnant. Mon idéal d'action était rencontré et l'ambiance était bonne.

Pour l'organisation interne, nous étions partis sur un mode de fonctionnement particulier, basé sur le consensus, sur la vue commune des membres et sur leur implication dans les actions nécessaires à lever des fonds pour assurer la survie de l'association.

Le président avait rompu le bon fonctionnement de l'équipe en se retirant régulièrement, sous prétexte d'occupation, des missions qui étaient assumées en équipe. Deux années de suite, il s'était absenté pendant des mois pour passer un séjour à l'étranger.(Yakoutie) Il avait ensuite pris une autre fonction qu'il empêchait régulièrement d'être actif avec nous.

Nous avions vu aussi son implication passer de membre de l'équipe à un chef d'équipe qui donne son avis et le fait exécuter. Subrepticement il en venait à nous mettre à l'oeuvre tout en prétextant que des impératifs extérieurs l'empêchaient d'être un soutien à l'équipe.

Du paradigme de la communion, nous passions petit à petit au paradigme de la domination.

Par rapport à nos étonnements il n'était pas possible de lui faire reconnaître le moindre manquement, acculé à se dire, à s'expliquer, il prenait la tangente et noyait le poisson. Des tensions sous-jacentes s'étaient alors introduites dans l'équipe.

Dans un groupe de personnes des divergences de points de vue apparaissent, des tensions s'expriment en réunion mais le consensus entraîne la remise des compteurs à zéro, le départ sur des bases  neuves, l'obstacle levé.

L'année dernière, un simple mot d'excuse à un membre aurait apaisé la situation, remis chacun sur la ligne de départ. Mais faire amende honorable n'était pas inscrit à son programme. Le président avait bloqué la situation, mis de l'huile sur le feu et provoqué la démission de deux membres les plus actifs et les plus renommés de l'équipe.(Autour d'un café). Quelques mois plus tard, choqué par l'attitude rigide face à ce premier départ et le manque de respect témoigné à ces deux personnes, un autre membre avait démissionné. L'équipe était de nouveau amputée d'une cheville ouvrière qui nous ouvrait les portes d'un soutien paroissial fondamental. Cela au prix d'un manque de souplesse et d'indulgence.

Avoir raison était son choix, s'incliner pour laisser passer l'orage et repartir sur un bon pied était accessoire. Entre-temps, il avait repris des cours de philosophie qui l'occupaient à plein temps, laissant les tâches principales à une équipe affaiblie sommée de relever les manches pour assumer les départs malheureux. La situation n'était plus acceptable. Je n'avais pas eu de conflit avec lui mais était-ce nécessaire. J'avais perdu confiance et le consensus vital pour tenir le coup n'était plus habité, nous étions sous sa domination pour les objectifs qu'il imposait et multipliait pour assurer une notoriété qui convenait à son ambition. Vraiment être membre d'une équipe dont le président n'est plus un membre actif mais un dominateur ne me convenait pas. L'ambiance interne n'était plus, il me fallait changer recourir à une autre association où chacun oeuvrerait dans le respect des autres et dans le consensus.