10/04/2011

Etat bronchitique.

hérédité, tendresse, peau, toux, psychosomatiqueLes émotions traversées avec mon activité temporelle à la paroisse, la détresse de ma fille aînée m’avaient déstabilisé, coupé en deux et mon diaphragme souffrait

Une infection des bronches m’entraînait dans des quintes de toux, non maîtrisables et j’avais été mis hors du lit conjugal deux jours de suite pour aller tousser solitaire dans la chambre à coté. Impossible de me reposer quand à tout moment, ce diaphragme s’agitait, comme une peau de tambour rebelle et désordonnée.

N’était-il pas temps d’associer ma toux et l’état bronchitique dans lequel je venais de plonger, en écho à mon abandon d’enfant. Ne m’étais-je pas trop longtemps réfugié dans ma coquille de solitaire et de désespéré pour crier à chaque infection, par ma toux collante et persistante, comme ma fille. Fallait-il m’appliquer le principe de « Coughs, nobody love me » que je décrivais pour ma fille il y a bien longtemps.

Ce fil conducteur de toux ne m’était pas étranger loin de là, plus d’une fois à l’occasion d’un rhume sérieux, j’avais été entraîné dans des quintes, qui ne pouvaient pas s’arrêter et qui tonnaient dans l’espace comme des roulements de tambour. Appel à dire, ce que je ne pouvais dire, à revivre l’événement passé pour le dissoudre.

« Mais tu m’agresses par ta toux, me disait mon épouse. Je veux dormir tranquille ! »

Comment arrêter cette machine infernale, cette pulsion qui part de ma cote basse à gauche et que je ne peux empêcher de laisser monter.

Pour apaiser ce stress physique, j’avais repris une séance d’haptonomie et sous la conduite de la kiné, je cherchais la détente et la relaxation de mon corps. Mes tensions internes étaient fortes et au fur et à mesure de l’exercice, je percevais dans le haut de mon corps une carapace, une cuirasse qui m’enveloppait les bronches. Comme un filet tressé autour d’un dindonneau, un ensemble de tensions me comprimait et m’empêchait de respirer largement. Il n’y avait pas de lâcher prise, de laisser aller sinon cette pulsion venant du bas qui me faisait tousser. Par étape pourtant, vers la fin de la session, elle était arrivée à me conduire dans la détente et le reflex à la base de la toux, venait d’être touché et dissous. Ma peau devenait plus présente, plus vivante au point de réclamer un frottement vif et appuyé sur toute sa surface. Un massage aurait été le bienvenu mais ce n’était pas l’exercice, je ressentais seulement la demande de ma peau pour un soin enrobant et protecteur, une présence qu’ à un certain moment, elle n’avait pas reçu. Une vieille absence de douceur. Comme la tension de mon corps était forte, et à travailler, nous avions convenu de reprendre un même soin, une semaine plus tard.

Pathologie de la tendresse dans la lignée des femmes dont ma marraine, j’en suis sur, par sa présence de l’autre coté de la rue dans mon enfance, à atténuer la gravité. Chance que n’avait pas eu ma sœur aînée qui presque chaque année, à la rentrée et aux premiers froids attrapait une bronchite aigue. Sinistre mémoire d’un abandon passé de « Castor pacifique » par sa mère, d’une maladie des bronches qui trace dans les générations les manques de soins attendus et non donnés par empêchement innocent.

Curieux destin de mon couple, qui en filigramme coté des mères, fait mémoire derrière le rideau de ces rendez-vous manqués de tendresse physique dans la sensation d’être entouré physiquement et choyés à travers la sensation donnée à la peau.