13/12/2006

Mariages et célibats.

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« Pourquoi cela va-t-il bien chez les autres et pas chez nous ? Pourquoi les neveux et les nièces se marient-ils et pourquoi pas mes enfants ? » me disait en confidence une amie. Questions douloureuses demandant une réponse, un brin d’écoute pour marquer le pas.

« Si tu veux, on peut en parler plus à l’aise mais pas dans la rue. » « C’est compliqué, c’est difficile et puis ce que je dis n’est quand même que le résultat d’une expérience personnelle. C’est ce que je pense. Mais est-ce une réponse, la bonne réponse ?
Y-a-t-il d’ailleurs une réponse !
Est-ce qu’un mariage avec une belle cérémonie religieuse et civile est un mariage qui conduit à la réussite ? Est ce que le signe d’un mariage est une garantie? N’est ce qu’une façade ! un événement social ? »



Au cours des générations, il en avait toujours été ainsi. Les enfants d’une même fratrie n’avaient pas la même destinée. En ce qui concerne les porteurs du « Nom »,cela était assez évident puisqu’ils étaient l’objet de la recherche. Du coté des hommes, tous ne se mariaient pas, les célibataires étaient parfois deux ou trois dans une famille et ce n’était pas le manque de conjoints qui en était la cause. De nombreux mariages ne donnaient qu’ un enfant ou deux. D’autrefois, le nom n’était plus transmis dans ce rameau de l’arbre. La mortalité était plus grande dans le passé mais était-ce la peur de donner la vie qui dominait, les circonstances économiques. le domaine familial qui n’offrait que des ressources pour une famille?



Dans la tranche d’âge qui était la nôtre, dans la famille, dans le voisinage, cela apparaissait. La cousine préférée de mon père, voyait ses quatre enfants ne donner vie qu’à deux filles dont une avait déjà quitté l’existence à vingt ans suite à un accident de voiture. Un frère de ma grand-mère avait eu quatre enfants célibataires. Par une des filles, deux petits fils, par un fils trois petit-fils qu’il n’avait pas connus. Du coté du grand-père maternel, ils étaient quatre, lui seul s’était marié et seule sa fille cadette avait eu des enfants.


A travers plusieurs enfants, la vie cherche son chemin, l’un dit oui, l ’autre dit non. C’est un fait a observer. Un fait a accepter au nom de la liberté de chacun.

Comprendre, analyser les causes de cette évolution était une tâche insurmontable. Il n’y avait pas que le hasard du sexe qui était acteur de l’histoire. N’était-ce pas un question de confiance, dans la vie et dans ses ressources. Une question de vision, de projection dans le futur simplement, une question de foi dans la vie et ses ressources. Une question de vision, de confiance dans le futur simplement. On nous a tant appris sur ce qu’est être père et mère. Mais que nous a-t-on  enseigné avant notre mariage sur ce qu’était un homme, une femme. Et qui nous le disait ? 

Des êtres complets,  sûrs d’eux-mêmes, parfaits. Loin de là, des êtres qui avaient reçus des valeurs, qui avaient faits ce qu’ils pouvaient malgré leurs blessures. Quelle était la valeur des notions transmises par leurs parents, leurs grands-parents?

Et puis qu’avions nous assimilés de ce qui nous avait été transmis ? Quelles étaient nos propres limites, nos moyens ? Nous avions repris cahin-caha le chemin plus en l’expérimentant qu’en le planifiant. Au jour le jour, nous avions été les tuteurs de nouvelles vies.

Nos valeurs, nos manques, les difficultés de la société, nous avaient servis d’écrans, de trame pour la formation de nos enfants.

Avait-on été homme, femme avant de choisir le conjoint ?

N’était-ce pas plus deux unijambistes qui s’étaient associés pour avancer dans l’inconnu de la vie!