13/03/2014

J'ai passé une nuit d'enfer.

urticaire,i,ceste,place de l'homme,crise d'adolescenceLa réflexion de mon aînée, faite à sa mère au téléphone m'avait surpris. Que pouvait-il bien se passer pour que sa nuit fut d'une telle qualité.

A deux heures du matin, mon petit fils avait pleuré  pendant plus d'une heure tellement l'aine lui chatouillait.

Cela n'arrangeait guère le stress et les fatigues accumulées les jours précédents. Que se passait-il ? Était-ce une allergie à son nouveau matelas, une intolérance à la teinture d'un pyjama bon marché ?

Le désordre de cette nuit pouvait aussi avoir été causé par la rupture familiale qui prenait ses effets cette semaine là. Cette crise n'était peut-être qu'un prétexte pour oser dire la douleur profonde que cela lui causait. De franches larmes impossibles à verser se transformaient en urticaire et en démangeaisons ? L'endroit pourtant ne semblait pas quelconque. L'entrejambe endroit particulièrement chaud avec les plis de l'aine, était propice aux mycoses. Dans le désordre du déménagement, quelques acariens s'étaient sans doute glissés subrepticement dans les draps ou s'étaient accrochés au matelas du petit-fils.

Logement des bourses, des bijoux de famille ?

Mais l'endroit souffrant n'avait pas été bien précisé. A distance cela me semblait obscur et enveloppé d'un halo brumeux.

Intimité !

L'incident semblait secondaire par rapport aux événements de la semaine qui étaient rapportés et échangés entre mère et fille.

Était-ce une affaire de femmes, cette séparation ? Les confidences de l'aînée à sa mère étaient plus variées et plus descriptives que les conversations que je menais avec notre fille. Mes échanges étaient surtout concernés par les aspects du bricolage, les objets à fixer, les petites réparations, les caisses à évacuer.

L'incident nocturne s'était dilué dans les nombreuses activités à régler et ne semblait pas avoir fait l'objet d'une visite médicale et d'une prescription de pommade ou de baume. Puis la fête de famille avait couvert l'incident par son agitation, ses démarches et contrariétés diverses.

L'alternance de garde était définie, le transfert du logis paternel de base se passait le samedi matin, à l'aise après une nuit censée couvrir et réparer la fatigue de la semaine de travail. Le nouveau cycle commençait au repas du samedi pour que chacun puisse à loisir régler les problèmes d'intendance. La page hebdomadaire se tournait le samedi mais que de turbulences à régler, à gérer.

Pour le 2eme cycle de la nouvelle alternance, l'incident nocturne s'était à nouveau présenté perturbant 1a nuit de présence chez ma fille.

L'urticaire était de retour  ainsi que les pleurs. Atmosphère nocturne propice à l'épanchement, à la survenance des angoisses, des frustrations, des douleurs.

Les bijoux de famille semblaient concernés de manière plus précise, cette fois? Des conversations dans la lignée des mères avaient de nouveau abordé le sujet. Je ne pouvais y participer directement car l'échange se passait entre mère et fille, plus préoccupées par les soins de santé et l'échange d'informations sur les remèdes à appliquer en provenance de la panoplie de secours de celles-ci. J'essayais de faire le point sur le sens de cet événement qui curieusement n'avait pas l'air de se passer chez le père mais uniquement chez la mère. Comme mes hypothèses au sujet de la zone médicalisée  n'étaient guère écoutées, je m'étais résolu d'aborder le sujet avec mon petit-fils à la prochaine rencontre programmée au début du mois pour son anniversaire de ses 13 ans.

N'entrait-il pas dans la préadolescence? N'allait-il pas être confronté à sa place de mâle dans la société, au sein de la famille ?  De plus sur ces nouveaux territoires où la fonction du père et de l'homme n'étaient plus mêlées, qui allait assumer la présence de l'homme ?

N'y avait-il pas une place à prendre, une responsabilité, à assumer ?

Que se passe-t-il dans sa tête d'adolescent plongé de manière précoce dans la séparation de ses parents, ressent-il instinctivement un rôle à prendre ? De quel rôle se chargeait-t-il inconsciemment ? (1)

Une parole à mettre sur les événements me semblait nécessaire et en l'absence du père sur ce nouveau territoire n'était ce pas mon rôle de père antérieur qui se devait de dire les choses de préciser le rôle pour que chacun garde sa place.

Mon petit-fils me semblait par ce type curieux d'urticaire confronté à une situation angoissante. Dans les circonstances difficiles, n'avait-il pas besoin du réconfort de sa mère, d'être cajolé sur la joue, sur le front d'une main douce et apaisante ? De sentir la chaleur réconfortante de sa mère tout en n'étant plus protégé par la présence du père qui occupait la place ?

Après la fête de famille, j'avais pris quelques minutes pour lui expliquer clairement son droit à la tendresse et à la présence de sa mère mais que sexuellement, il se trouvait devant l'interdit de l'inceste et qu'à ce niveau les choses devaient être claires, il n'avait pas de droit sur ce domaine, réservé aux mâles, m'appartenant pas à la famille.

Surpris, il avait réagi vertement en intellectuel en me disant

"Mais qu'est-ce que c'est comme conversation ? Je le sais !".

Oui, mais ton inconscient n'a pas l'air de le savoir car tu es chatouillé à cet endroit.! Dans ce domaine, tu as le champ libre pour aller du côté des filles bien sympas de ta classe, du monde.

Il avait réagi vivement et semblait être réticent mais il me semblait nécessaire de définir les limites, les tabous sur le domaine de ma fille. 

Quant à la qualité de mon intervention, elle serait mesurée par l'absence d'urticaire au prochain cycle d'alternance et par ses réflexions à l'avenir.

De toute manière en tant que père antérieur, je me sentais à ma place sur les principes et seule la forme de mes expressions pouvait être mise en cause.

 

Confidence inattendue 

20/03/2008

Mystère et Boule de gomme.

thyroïde,place de l'homme,peur de la mort.La secrétaire de la chef, venait de m’apporter un compliment de celle-ci à propos d’un travail remis et d’abord apparemment peu apprécié. Un petit intermède s’était engagé à propos de sa manière d’être et de son apparente insensibilité.
Elle m’apparaissait comme la dame de fer, la nôtre et il n’était pas bon de s’y opposer. « C’est une vraie amazone !» dis-je sans entrer trop vite dans le détail du symbole et sa description. La conversation se termina par la phrase d’envol de ma collègue lancée pour évoquer l’incertitude de nos propos. « Mystère et boule de gomme ? » et dans un jeu de mots discret, comme en écho, boules d’homme. 
Etait-ce elle, était-ce moi, un éclat de rire causé par l’apparent lapsus, nous avait projeté en l’air de surprise, d’étonnement, et entraîné dans un plaisir évident, chez elle, chez moi. Un lien, une connivence existait à présent avec cette nouvelle secrétaire tant l’émotion et la surprise avaient cristallisé le moment. L’archétype de l’homme se réveillait au bureau aussi. 
Surprise ! Pour la première fois depuis un an, la chef s’approchait de mon bureau, directement avec douceur pour m’apporter elle même le compliment à propos du tableau de bord tout en se rattrapant par un mot attribut le qualifiant de travail d’apothicaire.
 La vulnérabilité n’avait pas duré longtemps mais elle avait osé être femme à croire qu ‘elle avait entendu ma réflexion précédente ou qu’elle lui avait été rapportée.


En famille.

Parallèlement, dans le même registre de mots, dans les évènements familiaux des attitudes se réveillaient. Le soir mon fils, passé en coup de vent, rapportait sa visite, une heure plus tôt, chez le kiné qui l’avait soigné voici deux ans.

« Que s’était-il passé quand tu m’attendais et quand j’avais 15 mois ? » demandait-il a sa mère. « Il y a des évènements qui ont causé le blocage de ma thyroïde ».
 Les évènements douloureux de sa portée me revenaient en mémoire. Ma femme était débordée par cette grossesse arrivée trop vite après la première, grossesse peu acceptée et qui l’épuisait.
 Qu’elle avait été sa place, sa place d’homme dans l’inconscient de sa mère, dans mon inconscient ? Qu’avait-il gardé de ce temps d’attente, de cette fondation humaine ? Par ses questions venant d’un monde parallèle au monde médical, il nous entraînait dans un dilemme a propos de sa santé ! Fallait-il intervenir, enlever la thyroïde qui chez lui s’était emballée. Fallait-il l’attaquer dans son corps à ce niveau ? Ne fallait-il pas attendre faire circuler la parole, tranquillement prendre ses marques ? Etait-ce une maladie psychosomatique qui s’exprimait en rapport avec sa place d’homme ?


La place de l’homme.

L’attitude de l’homme face à la vie, en face de la femme me semblait en question. Au téléphone, une demi-heure plus tard, ma fille m’appelait pour donner des nouvelles et s’étonna de ma voix voilée.
L’émotion profonde qui m’envahissait depuis la rencontre avec le fils m’avait mis sens dessus dessous et cassé la voix. L’émotion était à son comble, un événement se préparait allait sourdre.
Après une excellente nuit, le jour commença dans la routine du lever matinal, des ablutions. Les images du rêve se baladaient dans la tête quand tout à coup Magritte s’imposa.
 L’opération à la gorge, pour le fils, mes verrues sur la pomme d’Adam, la pomme d’une peinture de Magritte sur la tête de l’homme dans son tableau appelé « La grande guerre » et sur un qui lui ressemble, nommé « Le fils de l’homme ». La peinture de la femme à la tête de fleur, appelée « La grande guerre ». La guerre du Yin, la guerre du Yang, l’opposition entre les natures, la dominance de l’un par l’une. Tableau semblable à la bataille de l’Argonne non pas dans la symbiose mais dans le questionnement.
 Qu’est dans ta bouche ta pomme d’Adam, qu’est dans ta bouche, ta fleur, ta féminité. Y a –t il des mots sur ceux-ci ? ? ?