27/04/2012

Planètes en vue.

enfance,planètes,transmission familiale,souvenirs de vacancesEn sortant de chez ma fille, un soir de novembre, à hauteur de mes yeux brillait un planète juste au-dessus de la serre du voisin d'en face. Mon beau-fils m'accompagnait, je lui dis « C'est un planète, peut-être Vénus mais je n'en suis pas sûr ? ». Il n'avait pas l'air convaincu, pour lui c'était une étoile.

Un différend s'établissait entre nous. Nous étions restés sur nos positions. Quelque temps plus tard, par Internet, il me confirmait qu'en effet, c'était bien un planète et que son nom était Jupiter. Pour avoir raison sans doute, il s'était méthodiquement lancé, dans un recherche susceptible de lever cette
incertitude entre nous.

Sous le sapin, comme cadeau, je recevais les éphémérides astronomiques de 2012. Un peu malgré moi, j'étais renvoyé à mes connaissances astronomiques en friche, depuis que les enfants avaient grandis. 


J'étais aussi renvoyé à mon enfance où Papa nous conduisait, au fond du pré dans le noir pour voir les étoiles et les planètes. Nous étions dans l'obscurité du village où seule tous les 100 m, un ampoule éclairait la rue. Au fond, chez mon beau-fils j’avais retrouvé l’ambiance nocturne d'un petit village. Situé au bout de la rue avant les campagnes, il bénéficiait d'une obscurité propre à valoriser l'éclat des planètes et des étoiles.

 Un mois plus tard, en montagne à la tombée de la nuit avant la descente aux flambeaux, j'avais été frappé par la présence de planètes l'une au-dessus de l'autre à l'ouest. Admiratif j'en partageais le choc visuel avec des amis. L’un n'y voyait qu'un ballon et refusait de m'entendre au sujet de la planète. J'avais surpris coupé court à la conversation. L'autre n'avait pas ses lunettes et il voyait mal à distance.  J'étais doublement seul, face à la beauté de l'univers, et face à  mes amis pour entrer dans la beauté du spectacle. L'émerveillement partagé vécu avec mon père était sans doute présent, il était le moteur de mes émotions. Je me devais par fidélité à sa transmission de donner ses valeurs à mes petits-enfants mieux qu'avec mes enfants car englué dans le quotidien, j'avais manqué de les introduire dans ce monde. Perdu dans la luminosité des villes, dans l'agitation du quotidien, j'avais écorné la transmission. 

Enfin cette année, fin Janvier, l'hiver était là. Pendant quelques jours seulement les températures basses rendaient l'air transparent, les jours commençaient à s'allonger plaçant le coucher du soleil avant les heures de soirée.  A 7h00 du soir, la planète était à nouveau visible, brillante presque au zénith. Par ces soirées froides et claires, elle brillait magistralement, une autre l'avait rejoint à 45° : Vénus.

Cette paire de luminaires rendait la vue magique côté ouest, où de ma terrasse à l'arrière, à l'abri de l'éclairage public. J'admirais le ciel magnifique, un des plus émouvants dont je me souvienne. Pour partager cette sensation, à mes petits-fils, je les avais appelés au téléphone, mais de chez eux rien n'était en vue. J'étais déçu. Cela me semblait un beau cadeau et ils ne pouvaient l'apprécier. Y avait-il un couverture nuageuse de leur côté ? Intrigué un semaine plus tard chez eux, je demandai à l’aîné où il avait regardé le ciel. « De la fenêtre de ma chambre »dit-il. Accompagné de son père, ils avaient seulement recherché l'objet à travers celle-ci. J'étais abasourdi ! Explorer de cette manière c'était courir à l'échec, C'était manquer d'office le spectacle ! Où était l'enthousiasme, le feu sacré, le pas d'audace pour faire autre chose.

Quelques jours plus tard, le spectacle était toujours présent. Ma petite fille et  son frère étaient à la maison. Sortant peu couvert après le coucher du soleil, vite fait bien fait, nous les avons observés. Flash de connaissances, de beauté au cours de leur présence de vacances, moments trop brefs.

Il aurait fallu se vêtir partir sur le plateau, dans la campagne. J'avais manqué ce pas, cette initiative. Ce regard rapide était-il enregistré ? Il me restait à prévoir plus tard une expédition. C’était un projet pour les vacances prochaines en espérant que le spectacle soit encore visible. 

Ah, les ouvrir à la beauté, à l’infini comme mon père l’avait fait.