11/06/2008

C'est une mäle

hérédité,us et costumes,prévalence,culture« C’était une mauvaise » me dit ma cousine à propos me semble-t-il à présent de la femme du grand-père maternel. Elle employait le mot patois plus vivant et plus expressif dans sa formulation.

La lignée coté père

Une sorte d’engeance familiale, côté grand–mère paternel, devait avoir pris sa source, la plus haut dans les générations passées, dans l’agressivité, la rancœur causée par une raison grave entre un homme et une femme. En l’absence de pardon, leur descendance devait faire face à un poison qui parcourait les relations hommes femmes sur plusieurs générations. N’était-ce pas une ce type de comportement, cette sorte de matriarcat qui prévalait dans le clan auquel appartenait ma grand-mère. Pour ma génération, dans le présent, les hommes entraient dans ce schéma en ratant leur vie professionnelle, en accumulant les problèmes de toutes sortes dans les relations familiales proches et larges.

Le présent

Sans doute est-ce plus facile de voir ce qui se passe en face, probablement car cela ne touche pas les émotions, qu’il y a comme une sorte de distance  sécurisante. Mais apparemment ce n’est que le film muet de ce qui se vit globalement dans une génération et dans celle dont je suis le géniteur.

« Elle a tout fait pour séparer son mari de sa famille » résonnait dans ma mémoire comme un scénario dont j’avais aussi été le témoin et la victime.

Les faits refaisaient surface, anecdotes refoulées dans les coins les plus reculés de la mémoire, faits douloureux, à peine soignés et placés tout de suite hors du ressenti et de la vue pour en atténuer la douleur et la blessure qu’il représentait dans ces moments.

Termites d’animosité, de rancœur non dite, qui sapent le moral et qui continuent à ravager l’intérieur.

À plusieurs reprises ce furent les éléments de la culture familiale de ma branche qui subissaient les assauts sournois de ma femme. Les manières campagnardes sous-évaluées par rapport aux manières de la ville et qui étaient scandale. Mais surtout d’abord une subordination de ce champ de l’homme par celui de la femme.

La manière de formaliser et de gérer toutes les relations sociales et familiales au moyen de protocoles compliqués, de préséance et d’exigences de l’étiquette des biens pensants.  Répondre aux vœux vers la fin du mois de janvier car il ne fallait pas répondre spontanément. Ne pas commencer le repas tant que la maîtresse de maison n’est pas assise à sa place. Ne pas manger des oranges avec les mains mais au moyen de la fourchette. Quitter la table dès le repas terminé pour prendre le café dans le salon ou lieu de s’éterniser des heures autour de la table pour le plaisir d’être ensemble.

Envoyer des faire-parts pour toutes sortes de raisons et attendre l’écho dans des formes rigoureuses tant dans le temps que dans la forme.

Rappeler le lendemain, la personne qui a invité pour lui signifier l’importance de son geste et la remercier une nouvelle fois comme si le merci du jour n’avait pas de sens.

Téléphoner pour annoncer son passage et prendre rendez-vous.

Venir les mains pleines d’un cadeau ou d’une fleur.

Ne pas arriver à l’heure dite, mais dans le quart d’heure suivant.

Ne pas mélanger telle couleur avec telle autre sous prétexte de mauvais goût.

Porter des vêtements d’un tel style sous peine de passer pour un moins que rien.

En un mot dévaloriser la culture bon enfant, toute simple et sans arrière-pensée comme on la pratique à la campagne et où c’est la présence qui est la plus importante.

La racine

Petits faits multiples qui dévalorisent en permanence la manière d’être sans doute plus fruste et surtout peu protocolaire de mon clan mais qui affiche en permanence l’idée « Je suis meilleure, issue d’une famille plus importante ».

Dans ce scénario, se retrouvait la même idée, celle de distinguer la famille du mari sous les prétextes de culture inégale et inférieure.

Images de culture qui se retrouvent dans les fréquentations de mes filles et de leur compagnon ou mari. Toutes deux avaient choisi pour compagnon des hommes qu’elles placent sous leur culture et qui reproduisent à vingt ans de distance le fait que la culture de la mère est ressentie comme la meilleure.