28/07/2010

Boendèle! Boendèle ???

 

DSCF4030.JPG

Mais oui le Delhaize de « Boendèle. »

 Sa prononciation du lieu dit où, nous faisions il y a quelques années nos achats ménagers me revenait en mémoire. Oui question de prononciation des langues étrangères, elle n’était pas douée. C'était valable autant en néerlandais, qu'en anglais. Oui, il y avait eu un problème de gestion des langues et à ce jour malgré de nombreux cours, il n'était pas solutionné.

 Nous étions à nouveau nous deux, en marche pour prendre le bus au bas de la rue. C'était un moment d'intimité joyeuse et d'échange. Un moment privilégié pour aller au-delà de notre conversation de Lundi soir à propos du rôle du père, où j'avais tenté, essayé tant bien que mal de lui préciser, de faire part de la découverte récente et combien importante que je venais de faire sur le rôle de la parole du père après la naissance de ses enfants et son importance pour mettre au monde ses enfants, de les faire entrer dans la dimension, dans le champ de l'esprit. L'aspect langue étrangère était un des éléments les plus fin pour mettre en évidence cette ouverture, où la non ouverture au-delà de la langue maternelle et cela par l'action du père.

 J'associais le texte que je lui avais fait lire à propos de l'énurésie *"-L'ange et le fantôme"- Didier Dumas -Les éditions de Minuit -Collection Arguments -page 110

 « Pour l'enfant, le pipi au lit est une façon tout à fait inconsciente de continuer à être symbiotiquement relié au corps de la mère. Ce genre de symptôme disparaît spectaculairement du jour au lendemain sitôt que la mère prend conscience de son propre besoin de symbiose, c’est-à-dire de son implication pulsionnelle dans l'énurésie de l'enfant. »

C'était le fait de sa position de dernière qui avait renforcé le lien avec sa mère et qui d'une certaine manière l'avait empêchée de grandir. Elle était souhaitée par sa mère en bébé, en petit enfant qu'il faut encore langer. Comme père, je n'avais pas non plus là joué mon rôle de séparateur pour l'introduire, elle, dans le monde de la création de l'esprit. Je n'avais pas joué mon rôle contrairement à mon père qui l'avait fait avec nous par ses histoire de mythologie et nous avait ouvert les portes de l'esprit.

 Les portes de la spiritualité m'avaient aussi été ouvertes par mon entourage et je n'avais pas avec ma dernière ouvert les portes de cette dimension où, le père et Dieu le Père, sont accompagnateurs de notre humanité, une présence dans nos épreuves et non la cause de celles-ci. Elle ne l'avait pas entendu de moi, elle en était restée à " Le salaud, il m'a pris mon papy et mes chats".

Naveteur

 Sur le quai après l'interruption de la conversation, je me trouvais dans le flot des voyageurs en train de patienter pour le direct de 7,45h. Un in-sight profond, large se mis en place à propos de Céline et de ses difficultés linguistiques d'enfant quand elle suivait laborieusement la logopède pour essayer d'arriver a parler correctement, à s'exprimer, à exprimer ses pensées tranquillement et non pas sur un mode agressif.

 Le travail qui se passait alors avec elle était d'aller au-delà de ses blocages, d'aller dans la magie de la langue, dans sa souplesse, dans sa fermeté. Le travail lui était personnel, elle avait des difficultés mais en même temps, elle avait à lutter courageusement contre le système familial où c'était la langue du père qui était prisonnière, où la langue de celui-ci était piégée d'une manière ou d'une autre dans son expression. Ce père que j'étais n'avait pas pu être complètement avait manqué d'entraîner ses enfants à distance de la mère en les introduisant dans l'univers de la parole.

 En plus de l'idée que la parole est fécondation de l'espace dans laquelle elle se lance, il y avait aussi à vaincre l'attachement de ma part la peur de quitter le corps et l'univers de la mère, de ma mère . J'avais des difficultés à vivre un sevrage complet. Et ces difficultés, je les avait transmise à mes filles et à mon fils.

 C'était sans doute la que résidait l'émotion et le tremblement qui m'avait envahi lorsque ma parole le samedi 16 septembre avait pour la première fois traversé l'espace de la communauté symbolisée par toutes ces femmes écoutant que ce j'allais dire. J'allais me détachant maintenant et dans un passé lointain, malgré la peur, j'osais à la fois hier et aujourd'hui.

 Je quittais enfin l'appui de la mère que je recherchais inconsciemment pour me lancer en tant qu'être de parole, en tant qu'homme. Je n’avais plus la peur de la castration, je quittais le rivage pour me lancer dans les ondes non pas maternelles mais sonores.