11/07/2011

De la féminité.

hérédité,transmission,généalogie,féminité,rôle du père,attitudeCurieusement, le thème abordé dans ces derniers posts semblait consteller l'atmosphère de notre petit monde. Un cercle d'amis était influencé au point que l'un de ses membres, suggérait de prendre pour sujet de la sise suivante, le monde féminin. Quelque chose l’avait touché et une réflexion intime lui suggérait de se pencher sur celui-ci. Monde qu'en tant qu'indépendant très actif dans un monde masculin, il venait seulement de percevoir entre autres via le cours de peinture où il s'était trouvé seul homme, entouré d'une douzaine de femmes.

Ce thème n'avait pas encore été abordé lors des rencontres bimensuelles appelées : sise. Là, assis autour d'une table, garnie comme auberge espagnole, nous partagons sereinement, dans le respect et l'écoute, à tour de rôle ce que nous avons découvert, notre perception, notre expérience à propos du thème prédéfini. Ces quelques heures passées ensemble résumaient les interrogations des jours précédents et l'on essayait de répondre honnêtement aux questions posées.

 Le monde féminin nous concernait tous, dans plus d'une de ses composantes, la mère, l'épouse, la fille, la soeur. Chacun, chacune avait à partager sur cet univers à la fois mystérieux et proche, discret ou envahissant comme pouvait être le regard des médias sur celui-ci.

Il était bien difficile d'en cerner le contour, la densité, la nature car il était fait d'un monde expérience surtout, de ressenti d'attente de surprise, de rejet parfois. Il nous fallait sans doute le poids de la maturité pour prendre un peu de distance par rapport à la rapidité du quotidien ses contraintes, ses urgences.

Qu’était ce monde féminin pour chacun maintenant.

Il semblait être sorti lentement de la quantité infinie de stimulations données par la vie, pour se constituer en un ensemble plus ou moins teinté d'éléments proches, solides et fermes. Comment fonctionnait, cet ensemble pour moi ? Ma première perception forte à ce sujet était l’attitude de ma plus jeune fille. Lorsque je l'avais vu, parmi les enfants de son age, vers huit ans, se promener en balançant les épaules comme un malabar, et que j'avais perçu son intérêt pour le football. Surprise, je n'étais pas le seul à voir son comportement. A l'école c’était souvent elle que l'on choisissait pour les « penalty ». Cela m'avait choqué salutairement. Fille, elle n'appartenait pas à cet aspect féminin à celui que j'avais intégré dans ma conception du monde. Ce comportement de garçon m'avait interpellé, je l'avais retrouvé chez ma sœur, pendant mon adolescence. Une transmission familiale présidait à ces valeurs mises en avance. La lignée des mères en portait les atours, les constituants en surimpression, en creux.

Ces valeurs subtiles nous baignaient depuis notre tendre enfance et nous les avions assimilées sans le savoir machinalement. Chez mes amis, je percevais ainsi que les attitudes des mères étaient marquantes. Dans les familles un peu matriarcale ces valeurs féminines étaient écrasées, par le travail surtout, par la futilité attribuée à ces expressions. Pas question de porter des couleurs vives, des vêtements à dentelles plus esthétiques que fonctionnelles. Vêtements qu’une amie définissait par une expression parlante, comme  « des drapeaux sur un navire de guerre ».

L'univers fréquenté par la mère semblait donc déterminant pour asseoir les bases de l'attitude féminine, le soutien des pères à la coquetterie naturelle des filles et ses encouragements pouvaient soutenir l'évolution de celles-ci.

 Ma mémoire garde le souvenir d'un achat de vêtements fait avec mon aîné et sa joie d'être reconnue dans son choix, ses goûts par son père. Les réflexions du mien sur la futilité de cette atmosphère pesaient toujours sur mon comportement.

Le monde féminin n'avait pas les mêmes repères . Elles étaient dans l'échange d'expérience, emportée par la mode, l'apparence subtile des liens entre les pièces de vêtements. Elles savaient se parler de longs moments sur leurs émotions, leurs sentiments et en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, elles entraient dans une intimité chaleureuse, dans un échange humain profond, loin de la performance, des exploits tant admirés par leurs opposés masculins.

Ce monde féminin m’était devenu plus proche, plus accessible par les conversations autour d'une tasse de café à la pose, lors de mes dernières années de travail dans ce milieu si féminin du département des ressources humaines.

Comme pour renforcer encore l’intérêt de notre sujet, une amie artiste centrée sur le modelage de déesses féminines me fit connaître un manifeste d’hommage à la féminité, d'excuses de machos pour leur comportement dévastateur sur celles-ci. Puis ce fut un autre clin d’œil d’une correspondante qui échangea sur ce propos.

Un esprit mystérieux soufflait ; effet papillon sans doute.

18/06/2011

Obsédée de la perfection.

féminité,transmission,anorexie,boulimie,rôle du père,esprit de familleLe titre du livre de Marion Woodman, "Obsédée de la perfection"(* )que je découvrais ce jour sur l'internet, venait de résonner avec la phrase clé exprimée par ma fille après sa dépression. 
" Je ne suis plus dans l'esprit de la perfection mais dans l'excellence. Ce n'est pas une question de vocabulaire. C'est une réalité pour moi. J'ai quitté cette exigence vis à vis de moi." Cette phrase était me semblait-il, une des clés de l'expérience récente de ma fille et elle avait été suivie quelques semaines plus tard par la phrase clé du post précédent. "Papa , je me sens femme." Mon ainée avait mis son manque dans son comportement mental et je n'y avais rien vu, cela me dépassait.
L'inespéré était accompli pour elle alors que selon ma perception, c'était la plus jeune qui devait faire le pas de la féminité. Comme garçon manqué, c'était visible, simple à déduire, plus facile à suivre. Ses progrès se marquaient, par petites touches. Son parcours semblait simple à suivre et je n'avais pas manqué d'en exprimer dans quelques textes, les enjeux que j'étais à ce moment à même de percevoir.Et c'est d'un autre coté qu'apparaissait l'émergence de la féminité profonde et non celle de l'apparence.
Pour les filles de mes deux soeurs, la transmission de la féminité, que j'avais observée chez elles, s'était marquée d'une part dans l'anorexie de l'une chez l'aînée et de l'obésité d'une autre chez la plus jeune. Intellectuellement s'éclatait la réussite de celles qui n'étaient pas marquées dans le corps. 
Il en était de même chez mes deux filles, la plus jeune avait pris le choix du comportement et cela avait fait l'objet de mon observation, et pour l'autre que je croyais tirée d'affaire, il avait fallu sa dépression pour m'ouvrir les yeux sur son attitude car je n'y avait vu que du feu.
Chacune avait vécu cette entrée dans la féminité apparente à un niveau moindre de pathologie que les cousines mais elles étaient touchées l'une comme l'autre.
A quinze années de distance, alors que la tempête s'apaise, l'information me passe sous le nez, comme conclusion de cette hérédité, qui marque ma famille. A la même période de l'année, je me remettais à l'ouvrage et commandais le livre cité ci-dessus de cette auteure canadienne, actuellement traduit en français. Cette fois non plus pour comprendre mes nièces et par réflexion changer l'attitude masculine de ma plus jeune mais pour conforter le pas fait par mon ainée, la sensation d'être femme. 
La transmission de nos forces, sans doute mais aussi de nos faiblesses, de nos blessures mérite l'analyse pour conduire à une vie plus épanouie, plus heureuse mais le chemin est long et rude.
(*) Obsédée de la perfection.
Marion Woodman
978-2-89024-105-3
Les éditions de la Pleine Lune
www.pleinelune.qc.ca