13/10/2012

Exercice d'haptonomie de Septembre.

Haptonomie, Méière, image du corps, sensations

Le début de la séance d'haptonomie m'avait mis en colère. Son commentaire à propos de mon absence dans le ventre m'avait déplu. Tout autant que sa réflexion sur le fait que je l'avais rencontrée à hauteur des bras par mon prolongement mais que je l'avais quittée. J'étais apparemment rentré dans ma tête développant plus les pensées que les sensations. En effet toutes action  ou réaction faisait chez moi l'objet d'un développement mental. Sorte  de refuge pour ne pas être dans la sensation. J'avais l'air d'être un mauvais élève alors que je m'appliquais.

L'obstacle devant était de taille, avoir si peur d'occuper mon ventre.

Elle ne me percevait pas entre ses deux mains, l’une soutenant mon sacrum, l’autre s’appuyant sur l’os saillant de la hanche ? Dans cet espace, j’étais absent. Mon affectivité était en panne, je ne pouvais me prolonger.Se rejouait à nouveau la ensation douloureuse au niveau de la fente sacro-iliaque, point faible d'où partait régulièrement mes lumbagos.

Après avoir retrouvé mes apaisements et être retourné dans la sensation, les vertèbres sacrées se matérialisaient entourées par une sensation de fourreau. Cette fois elle insistait pour que cette sensation descende dans les jambes vers le sol. En effet après quelques instants d'attention, une matérialisation de mon corps se mettait en route, c’était comme unY inversé me traversant dans le bassin avec 2 branches vers le bas dans les jamtes cherchant la force de la terre, les racines dans le sol pour faire de moi, par le prolongement de la 3e branche, vers le haut un être debout.

Rester dans cette sensation présentait un difficulté particulière,ne pas laisser le mental reprendre sa place. Je respirais profondément dans le bassin rendant cette présence dans cette zone bien plus constante. Le temps du rendez-vous se terminait déjà. La nuit, les sensations lors d’une période de veille, avaient repris et je m'appliquais à les faire durer avec un certain succès. Elles semblaient reproductibles Il me faudrait tester le fait d'autres fois encore ?

Puis la réflexion à propos de mon retrait vers ma tête revint à l'esprit. La faculté de toucher, de me prolonger semblait sujette à caution, hors éducation.

Le développement de l'affectivité qui permet un proximité corporelle semblait en jeu. J'étais à ce niveau un piètre acteur.  Elle avait senti mon retrait involontaire d'ailleurs.

Est-ce que je ne devais pas tenir compte de cette perception, lui donner un sens, une histoire ?

Lors de vacances en Normandie, après une méditation, j'avais été ouvert à ce type de contact, chaleureux. Là vraiment, j’étais dans la prolongation de l'affectivité, j'avais comme rompu un barrage, dépassé une limite. Je n'étais pas à côté de ma femme. Je pouvais la toucher, me prolonger, l'a prendre par la taille, les épaules. Elle aussi avait découvert un sensation nouvelle. Deux mois plus tard j'étais retombé dans l'univers habituel, dans ma cage affective, derrière ma cuirasse sans que j'en connaisse la raison. J'étais dans l'impossibilité, de revenir à cs sensations bienfaisantes et appaisantes. L’enveloppe mystérieuse était revenue. Mon image du corps s'était réduite, ne savait plus rencontrer l'image du corps de l'autre.

Un seul fait dans cette catégorie de contact s'était marqué quand je faisais la bise à l’occasion, je prenais maintenant l'habitude de poser ma main sur le coude, puis longtemps après, ces derniers mois, je posais ma main sur l’épaule légèrement.

 Comme si j'essayais de mobiliser l'affectivité de cette manière dans les limites de la courtoisie. Seule dans mon entourage, la plus agée de mes belle-sœurs, avait cette capacité d'empathie que je ressentais quand elle posait sa main sur mon épaule. Aucune autre personne n’avait cette capacité d'entrer de cette manière en contact, preuve sans doute que cette capacité d'entrée dans un symbiose avec l'autre était causée par la peur, peur aussi commune avec la mienne celle de ma femme. Elle connaissait la valeur de ces moments. Elle s'attendait toujours après un méditation que je revienne dans cet état.

Avec ma fille aînée dans dans sa période de déprime, j'avais sans problème réussi à vivre cette affectivité avec elle sous le couvert des soins. Avec la kiné, il ne m'était pas possible d'y entrer car l'éducation n'acceptait pas cette manière de faire ou c’était une expérience qui avait été chargée de douleurs et de sinistres mémoires. C’était aisé de le faire avec des personnes qui sont dans un moment de demande, d'aide, de soutien, d'humanité.

Récemment, j’étais touché de cette manière par une voisine. Elle était présente d’une manière étrangère. Etait-ce pour cela que j’étais mal à l’aise.

Mon univers n’était accueillant qu’à ce type de relation distante, froide. Sécurisante car ainsi, ni l’un, ni l’autre n’irait voir chez dans ce domaine insécurisant.

Réflexions à poursuivre, sensations à affiner.

 

18/03/2010

Colère

Une fois de plus, la nuit était agitée, entrecoupée de périodes où je ne pouvais trouver le sommeil, malgré les recettes soit disant efficaces, pour tempérer l’agitation intérieure. Je respirais profondément, lentement sans pouvoir maintenir le cap, sans rester dans le rythme, sans durer dans le mouvement. Le réveil pénible me laissait une impression corporelle désagréable de fatigue, de manque. Avant d’ouvrir la porte de la salle de bain, une piste me fut suggérée. -Tu vois chez JM ce qui se passe mais n’est ce pas un peu la même chose chez toi ?- 
Là, tu vois apparaître l’autorité du père, mais qu’en est-il de l’autorité du tien ? Etait-ce nécessaire de lui dire ? « Que tu te prénommes maintenant comme ton père, sur ton adresse mail, me semble pour moi catastrophique ». Qui était l’objet de la crainte, son père, mon père par ricochet ?

N’aurais-je pas du rester distant, indifférent à son choix.
Fallait-t-il me servir de lui comme miroir ?
Un aspect autoritaire flagrant, était apparu à la dernière réunion où il jouait le président. En martelant la table de son poing, il disait « On ne peut admettre que ce point de service disparaisse ». Alors que nous n’étions pas du tout concerné par ce fait qui ne nous appartenait pas. Ce comportement faisait suite à des manœuvres subtiles pour quitter l’atmosphère de consensus qui était le moteur de notre groupe. Je ressentais qu’il cherchait à  prendre le leadership, par petites touches, en mandatant les uns et les autres, en n’occupant plus que le rôle de la tête pensante.

 Une autre anecdote me revient. Le mois dernier, il m’avait alors que je quittais une pièce pour la voisine, dans le processus de l’action, dit « Ne pars pas les mains vides ? » alors qu’il ne faisait que tourner en rond dans une inefficacité totale à l’image de la mouche dans la fable de la Fontaine « Le coche et la mouche ».
Il réveillait par un autoritarisme sous-jacent, de plus en plus présent, ma relation à l’autorité et probablement mes efforts pour enfouir en moi, mes colères d’enfances, contre les injustices et pourquoi pas les comportements colériques de mon père.


 La colère du père. 


 Au début du mois, j’avais interrogé de manière neutre mon frère aîné, sur ses souvenirs, par rapport aux colères de notre père. Il m’avait confirmé un jour, avoir reçu des coups de pied alors qu’il était tombé par terre suite à un mouvement violent de celui-ci. Il avait transgressé l’interdit d’informer le grand père maternel qui vivait chez nous de la profession de son locataire. Dès qu’il en avait eu l’occasion, il lui avait dit et cela avait déclenché l’orage. Cette violence m’était connue par un autre incident concernant ma sœur qui ayant défié le père pour je ne sais plus qu’elle raison, en passant outre un veto clair et net, avait été frappée sur le dos avec ses poings alors qu’elle faisait le gros dos pour se protéger de la raclée. Ma mère, était intervenue pour protéger son enfant.


 Etait-il si violent, en d’autres moments ?
Mes mauvais souvenirs avaient sans doute été enfouis au plus profond car je n’en gardais à part l’incident de ma sœur aucun souvenir, aucune trace. Restaient plutôt présent, leur jeux de main, où paume contre paume, ils se poussaient pour mesurer leur force. Mon attitude était totalement différente, j’abondais dans son sens, travaillais bien à l’école et à la maison pour obtenir, sans doute, son approbation, ses bonnes grâces, pour éviter l’affrontement qu’auraient pu laisser des bleus. La colère sous jacente me posait question, ramenait d’autres souvenirs. Je repense à un voisin rempli aussi de colère contre son père, violent avec ses enfants, sa femme. Je pouvais l’apaiser, lui faire des remarques sans le mettre hors de lui, comme si j’avais appris dans ma famille la technique nécessaire pour apaiser les violences latentes et que je savais me protéger plutôt que de l’affronter comme le faisaient mon frère et ma soeur.


 Ma colère. 


 Enfouie en moi, l’été dernier, un ancien affect était remonté violemment et m’avait mis hors piste. Dans la cour, suite à un rapport d’autorité qui s’était transformé par une mise en doute de la gestion d’une activité, j’avais ressenti une vague de fond venir de mon plexus, m’emballer le cœur dans une chamade violente, suivie d’une respiration saccadée. J’avais alors devant l’énergie présente coupé la conversation, en refusant l’escalade verbale, pour apaiser et gérer l’ancienne émotion qui m’envahissait et montait de mes entrailles. Colère d’impuissance, de violence, sans doute à l’image de celle de mon père qui me montait à la gorge. Evènement unique, dans ma mémoire, violence anachronique qui s’exprimait enfin sortant de sa tanière passée. L’effet ne m’avait pas pris dans son tourbillon mais j’en avais mesuré la capacité énergétique et la force de destruction. Emotion comme celle du père que je n’avais pas vu venir et qui m’avait pris aux tripes sans la mettre en acte, dans une agression verbale, un jet d’un jeu de clé, le bris d’un objet. Elle était apparue comme un ballon qui enfoncé dans l’eau resurgissait à la surface. Energie pure qui se manifestait en moi, déconnectée de tout lien musculaire.
Colère de mon fils qui face à une circonstance oubliée envoya un coup de poing dans la cloison en Gyproc et y fit un trou comme une balle de tennis. Différence.
Colère familiale enfouie, transmise, colère d’injustice réprimée qui vit et qui s’exprime différemment dans les générations.